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III

DANS LE VALLON DE LAMBÈSE

Le jour même où ces événements mémorables s’étaient déroulés dans les mines de Sigus, les chrétiens du chantier d’Hermotime et ceux qui travaillaient dans les tranchées voisines, accusés de rébellion et de chants séditieux, se virent extraits du sous-sol et aussitôt acheminés à pied sur Lambèse, afin d’y être jugés par le préfet des camps.

Décidé à faire un exemple, le légat avait ordonné des condamnations et des exécutions en masse. Il fallait en finir une bonne fois, frapper de terreur ce pays de fanatiques et de pillards, cette région mystérieuse et si peu sûre de l’Aurès, où des révoltes couvaient toujours. C’est pourquoi les mineurs de Sigus, au nombre de cent cinquante environ, s’entendirent condamner tous ensemble à la peine de la décollation. Comme les plus coupables, Cécilius et ses compagnons devaient être exécutés les premiers. Avec la rapidité foudroyante qui présidait à ce genre de répressions sommaires, on les avertit, au sortir du prétoire, qu’ils allaient être conduits immédiatement au lieu de leur supplice.

C’était le matin, de très bonne heure. On avait parqué le troupeau des confesseurs dans l’arrière-cour pavée de larges dalles, qui s’étendait devant les chapelles des enseignes et l’hôpital militaire. L’économe de la prison,