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aus der Geschichte der Chemie herausgegeben von G. Kahlbaum, III).

L’examen de la date des lettres révèle que la plupart. c’est à dire sept de Berzelius et neuf de Davy, proviennent des années 1808 à 1813, ce lustre brillant dans les Fastes de la Chimie qui se jalonne par : la décomposition des alcalis, opérée par Davy ; les premières déterminations des poids atoniques de Berzelius ; la publication de la théorie atomique de Dalton ; la découverte de la loi des volumes par Gay-Lussac, tous événements de la plus haute importance pour le développement futur de la chimie.

Les sept lettres restantes datent des années 1821-1825 ; elles sont donc séparées des autres par un intervalle de huit ans, pendant lequel les rapports épistolaires avaient été interrompue.

Berzelius lui-même nous renseigne sur les raisons de cette interruption dans ses notices autobiographiques. C’est sa critique des Elements of chemical Philosophy de Davy qui amena la suspension de l’échange amical de leurs idées scientifiques sous forme de lettres entre ces deux savants d’un esprit et d’un naturel si différents.

Un auteur éminent de nos jours, qui a consacré beaucoup d’attention à la psychologie et à la biologie des naturalistes célèbres, divise, on se le rappelle, les hommes de science en deux catégories principales, les romantiques et les classiques[1]. Davy et Berzelius sont des représentants incomparables de ces deux groupes.

Davy, c’est le type du romantique avec une grande vitesse de réaction mentale, si nous pouvons nous exprimer ainsi, une imagination vive, et un certain mépris prompt et alerte des détails. Berzelius, de son côté, était un classique aussi prononcé, un esprit critique inné, profond, répugnant à toute conclusion précipitée, exigeant de lui-même et d’autrui une exactitude minutieuse jusque dans les détails. Considérées de ce point de vue, ces Observations de

  1. Voir Wilhelm Ostwald, Grosse Männer, Leipzig 1909.