Page:Bibaud - Histoire du Canada et des Canadiens sous la domination anglaise, Vol 2, 1844.djvu/113

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Le lieutenant-gouverneur ouvrit la première session du premier parlement du Bas-Canada, (le 20 décembre), par un discours où il dit, entre autres choses : « Dans un jour comme celui-ci, remarquable par le commencement dans ce pays d’une forme de gouvernement qui a porté le royaume auquel il est subordonné au plus haut degré d’élévation, il est impossible de ne pas éprouver des émotions qu’il serait difficile d’exprimer. C’est une tâche qui ne peut être nécessaire, en la présente occasion, quelque agréable qu’elle fût, que celle d’exposer combien ce systême est propre à avancer la félicité que tous les gouvernemens proclament comme étant leur but, mais qui n’est assuré par aucun aussi bien que par celui de la Grande-Bretagne, qui après avoir été célébré, pendant des siècles, par les premiers écrivains de l’Europe,

    nière, Durocher, Guerout, Lacroix, Lavaltrie, Legras-Pierreville, de Lotbinière, Malhiot, Marcoux, Olivier, B. Panet, Papineau, de Rocheblave, de Rouville, Saint-Georges Dupré, Saint-Martin, Taschereau, de Tonnancour.

    Contre : MM. Dambourges, P. L. Panet, de Salaberry, Barnes, Coffin, Frobisher, Grant, Jordan, Lees, Lestor, Lynd, M’Gill, Macnider, O’Hara, Richardson, Todd, Walker, Young.

    La principale raison de M. M’Gill pour préférer M. Grant à M. Panet, était que l’orateur devait connaître parfaitement la langue française et la langue anglaise, mais particulièrement la dernière. M. Bedard ayant dit que M. J. A. Panet entendait assez la langue anglaise pour conduire les affaires publiques, M. Richardson donna à entendre que les Canadiens étaient tenus, par tous les principes de la reconnaissance et de l’intérêt, d’adopter la langue anglaise. M. P. L. Panet, parlant dans le même sens, demanda si le Canada n’était pas une colonie anglaise ; si la langue anglaise n’était pas celle du souverain et de la législature dont les Canadiens tenaient leur constitution ? et, de la réponse qu’il se faisait à lui-même, il concluait qu’il y avait nécessité absolue pour les Canadiens d’adopter la langue anglaise, &c. M. J. A. Panet observa que le roi d’Angleterre parlait toutes les langues, et faisait des traités avec toutes les nations dans leurs propres langues, aussi bien que dans celle de l’Angleterre ; que le français était la langue des habitans de Jersey et de Guernesey, bien qu’ils fussent sujets de l’Angleterre, &c. M. J. Papineau observa que quoique le Canada fît partie de l’empire britannique, il ne s’en suivait pas qu’un Canadien qui n’entendait pas la langue anglaise, dût être privé de ses droits, &c.