Page:Bibaud - Histoire du Canada et des Canadiens sous la domination anglaise, Vol 3, 1878.djvu/129

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est maintenant avancée distinctement pour la première fois sous la forme d’un acte législatif précis, et il n’est guère possible de nier qu’elle embrasse des conséquences de la plus haute importance. Sa Majesté avait au moins le droit de s’attendre qu’on essaierait d’introduire cette innovation sous une toute autre forme que celle d’une mesure distincte et formelle. Il est également contraire aux usages parlementaires et au respect dû à sa Majesté, d’incorporer ainsi des demandes d’une nature financière dans un acte dont toute la fin et tout l’objet sont entièrement étrangers à toute question de finance. C’est une maxime depuis longtems établie dans le parlement impérial, que les communes n’ont pas le droit d’attacher (to tack) à un bill qui renferme un octroi d’argent, une disposition étrangère à sa fin et son objet avoué… Il ne convient pas que le roi soit réduit au dilemme ou de rejeter une loi embrassant un objet qu’on aura recommandé, et auquel le public attache avec raison la plus grande importance, ou de l’accepter à des conditions qui n’ont aucune liaison avec son but général, et auxquelles on pourrait faire les objections les plus raisonnables.

« J’avais, non sans grande raison apparente, conçu l’espoir que les communications que j’ai eu l’honneur de transmettre à la législature provinciale, auraient été reçues par elle comme une preuve satisfaisante du vif désir de sa Majesté de gratifier, autant que possible, les vœux de ses sujets canadiens, et que des propositions faites dans cet esprit de conciliation sans réserve, auraient été reçues dans la même disposition. C’est avec regret que je les vois accueillies par de nouvelles prétentions, avancées dans une forme que