Page:Bilhaud - Solo de flûte, 1904.djvu/13

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et mon professeur me reconduisait jusqu’à la porte, en me disant : « Au revoir, mon cher élève, et à demain ; apportez votre flûte, je vous donnerai une bonne leçon. » Le lendemain, je revenais, et, en me reconduisant, vers les onze heures et demie, mon professeur me recommandait de ne pas oublier ma flûte le lendemain… quelquefois même je la laissais chez lui… pour ne pas avoir à la rapporter. Ces leçons-là ont duré environ… (Il consulte sa mémoire.) Hé ! Hé ! trois ans et demi !… Et comme j’avais de grandes dispositions, vous devinez que… il faut dire aussi que je travaillais chez moi, en dehors des leçons. Ah ! sans cela !

(Changeant de ton et confidentiellement.) Je vous demande pardon, j’abuse de vous, mais je peux bien vous l’avouer franchement, si je vous ai conté tout cela, c’était pour me donner un peu d’aplomb… tout simplement… maintenant je suis prêt à commencer. (Il avance vers le pupitre, comme pour arranger sa musique, et revenant au public.) Seulement, n’est-ce pas, soyez indulgents, car, je vous le répète, c’est un début. (Portant la main à son cœur.) Et je sens mon cœur qui bat dans ma poitrine… mais je le laisse battre, parce que, tout à l’heure, ça me servira pour la mesure.

À propos de mesure, figurez-vous que j’avais pris l’habitude de compter tout haut : Un, deux, un, deux, en jouant du triangle… oui, je joue aussi du… mais non… je suis plus fort sur la… d’ailleurs, vous allez voir. Alors, quand j’ai appris la flûte, ça m’a