Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/109

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ses parois font varier la valeur de la contre-pression nécessaire pour supprimer le pouls artériel. Ajoutons que le sphygmographe est un appareil très délicat, et on n’est jamais sûr de l’appliquer d’une façon identique chez deux sujets différents. C’est ce que prouvent bien les graphiques qu’on obtient. Aussi, nous pensons qu’employer le sphygmographe, appareil déjà difficile à manier, pour la mesure de la pression, opération qui est très délicate, c’est entasser difficulté sur difficulté.

Un autre procédé auquel se rattachent les noms de Marey, V. Basch, Potain et Bloch, consiste à exercer une compression sur l’artère radiale jusqu’à ce qu’on cesse de sentir les battements de l’artère ; on mesure alors cette compression, et on la considère comme égale à la pression sanguine, à laquelle elle fait équilibre. V. Basch a employé le dispositif suivant : il comprime l’artère avec une pelote remplie de liquide et en relation avec un manomètre à mercure. Tout en pressant avec cette pelote sur l’artère radiale, il interroge le pouls en aval, et il augmente graduellement, à la main, la compression, jusqu’à ce que le pouls cesse de se faire sentir ; on lit alors la pression indiquée par le manomètre. V. Basch a trouvé que la pression radiale est, chez l’adulte, égale à 155-165 millimètres de mercure. L’appareil de Potain est une légère modification du précédent. Celui de Bloch est un peu plus simple, mais il est fondé sur le même principe ; au lieu de comprimer l’artère avec une pelote, on la comprime avec un ressort à boudin, et, de plus, le doigt explorateur est placé, non en aval, mais directement sous le ressort ; le doigt comprime donc l’artère et en même temps il en perçoit les battements. Il y a là probablement une cause d’erreur, car l’état de sensibilité dans la pulpe du doigt doit être modifié quand le doigt est comprimé. Outre cette objection de détail, on doit faire à ces divers appareils, à celui de Bach comme à celui de Bloch, un reproche plus grave : c’est qu’ils confient à l’appréciation subjective de l’expérimentateur des phénomènes