Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/288

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normale, c’est-à-dire que les réactions de choix deviennent plus longues sous l’influence du travail intellectuel, qui a consisté dans des calculs faits pendant une heure.
Fig. 82. — Influence du travail intellectuel et musculaire sur la durée des réactions verbales. Après un travail intellectuel d’une heure la durée des réactions est augmentée ; elle l’est aussi après une marche de deux heures, mais moins.
Tout au contraire, à la suite d’une marche de deux heures les réactions de choix sont devenues plus courtes ; il semblerait donc qu’une marche améliore les conditions pour les processus psychiques aussi simples que ceux qui entrent dans une réaction de choix. En réalité il n’en est pas ainsi ; en effet l’auteur a observé que le sujet faisait souvent des erreurs à la suite de la marche de deux heures, il faisait le mouvement avec une main trop tôt, ou bien il faisait le mouvement avec la main droite au lieu de le faire avec la main gauche ; en somme le sujet se trouvait dans un état d’énervement musculaire qui amenait une incoordination dans les mouvements.

Pour les réactions verbales on prenait 50 réactions et on calculait la moyenne de ces 50 réactions. Le graphique 82, analogue au précédent, indique les résultats obtenus pour cinq jours de repos, pour quatre jours avec travail intellectuel et pour quatre jours avec marche de deux heures. Ce graphique montre que le premier jour de repos la moyenne des réactions verbales était égale à 288 millièmes de seconde, le deuxième jour de repos elle est de 320, etc. ; le premier jour avec travail intellectuel elle est égale à 358 millièmes de seconde, le deuxième jour avec travail elle est de 425, etc. ; enfin, pour le premier jour avec marche elle est de 357, pour le deuxième jour avec marche de 383, etc.