Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/43

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périences faites dans des écoles américaines. Or, les observations que nous avons faites personnellement sur des enfants dans les écoles nous ont prouvé qu’il suffit de leur adresser la parole et de tâter leur pouls pour produire une petite émotion qui accélère leur cœur ; cette accélération du cœur dure un temps très variable d’un sujet à l’autre ; il est à peu près impossible pour un expérimentateur étranger à l’école de recueillir le pouls normal des enfants.

La vitesse du cœur varie de plusieurs façons : il peut y avoir variation soit dans le rythme du cœur, soit dans le nombre de pulsations.

Le nombre des pulsations du cœur est susceptible de varier dans les deux sens de l’augmentation et de la diminution. Pour bien comprendre quel est l’effet du travail intellectuel sur la vitesse du cœur, il faut comparer cet effet à celui d’un autre facteur, par exemple le travail physique.

Le travail physique, quand il consiste dans un exercice de tout le corps, comme la marche, la course, la bicyclette, produit une accélération du cœur et aussi de la respiration. Tout le monde a pu observer sur soi-même qu’après une course rapide, on sent dans la poitrine le choc du cœur, qui précipite ses battements. Récemment, pour des expériences spéciales qui seront relatées ailleurs, nous faisions courir des enfants de douze ans sur une longueur de six cents mètres ; l’allure n’était pas bien vive, car cette distance était franchie en moyenne en cinq minutes. Cependant l’accélération du cœur était considérable, le cœur battait après la course 140 à 150 fois tandis, qu’avant la course il n’y avait que 80 à 100 pulsations par minute. Du reste, il faut bien remarquer que l’excitabilité du cœur n’est pas la même chez tous ; si deux personnes ou un plus grand nombre font ensemble une marche à pied, et ont soin de prendre leur pouls à intervalles réguliers, par exemple chaque demi-heure, on constate une accélération chez tous les marcheurs, mais elle est d’importance inégale. Dans une