Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/80

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


inscrit la courbe volumétrique. Les auteurs ont publié des courbes d’aspect bien différent, et, il faut le dire, de valeur bien inégale ; un œil exercé distingue facilement les causes d’erreur qui sont marquées sur quelques tracés. La première qualité dune courbe volumétrique doit être d’indiquer le tracé du pouls capillaire. Si la courbe est composée d’une ligne droite à peu près uniforme, et sans pouls capillaire, la raison de cette absence du pouls capillaire peut être double : ou bien le sujet qui a fourni cette courbe était en état de constriction, par suite de la froideur de ses mains ou de l’état d’émotion qu’il éprouvait, et cette constriction réflexe a supprimé son pouls ; ou bien — et cette seconde raison est plus souvent vraie que la première — le pléthysmographe qu’on a employé est défectueux, il est composé de parties nombreuses dont l’inertie s’oppose à l’inscription d’un mouvement aussi léger que celui du pouls.

On peut se demander pourquoi nous exigeons d’une courbe volumétrique qu’elle marque le pouls capillaire ; c’est parce que c’est le meilleur moyen d’éviter les causes d’erreur provenant d’un mouvement en totalité de la main ou des doigts dans l’appareil. Le moindre de ces mouvements altère la forme du pouls, et cette altération suffit à nous avertir qu’un mouvement s’est produit. En outre, dans les pléthysmographes en caoutchouc, où la transmission par air est parfaite, les mouvements artificiels de la main produisent des traits brusques. Si le pouls n’est pas inscrit par la courbe, des mouvements de la main ne peuvent pas l’altérer, et c’est une raison pour qu’on ne puisse pas les reconnaître sûrement ; ajoutons que dans le cas où on a employé un pléthysmographe à eau, les mouvements de déplacement de la main ne s’écrivent pas en traits brusques, ce sont des ondes arrondies, suivies souvent d’ondes secondaires et montrant que le liquide de l’appareil a opposé une inertie aux mouvements de la main. On peut se convaincre de la réalité de cette explication en interposant