Page:Binet - Les altérations de la personnalité.djvu/183

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


simple mouvement réflexe. Pour arrêter l’expérimentateur au moment voulu, il faut qu’il y ait dans le sujet une intelligence qui laisse fléchir le doigt, compte le nombre des flexions, puis quand ce nombre est égal au nombre pensé, raidit le doigt dans l’intention évidente d’arrêter l’expérimentateur dans sa numération.

M. Onanoff a cherché à mesurer le temps de réaction de ces mouvements inconscients produits par des idées conscientes. Voici comment il a disposé l’expérience. On propose au sujet de penser à un nombre. Supposons qu’il ait pensé au nombre 2. On touche le membre une première fois ; le moment du contact est marqué sur le cylindre enregistreur ; le doigt du sujet ne bouge pas ; on touche une seconde fois, le doigt du sujet se déplace ; le contact de l’expérimentateur et le mouvement du sujet s’inscrivent sur le même cylindre et la distance entre les deux marques donne la mesure du temps de la réaction subconsciente. La lecture des tracés a montré que le temps de la réaction subconsciente est moindre que le temps de réaction d’un même sujet accomplissant un mouvement volontaire, avec son membre non anesthésié. En effet, le temps est de 0”,07 à 0”,11, chez des sujets présentant dans les mouvements volontaires un temps de réaction de 0”,127 à 0”,196. Cette expérience fournit un bon signe objectif contre la simulation ; elle s’accorde du reste avec celle que nous avons rapportée plus haut relativement à la réaction subconsciente qui accompagne un mouvement volontaire d’un membre anesthésique.

En appendice à la série d’expériences précédentes, nous devons noter un fait un peu différent, qui prouve avec quelle complexité de formes parfois se réalise la collaboration des deux consciences. Dans l’écriture automatique que nous avons décrite, une des consciences représente l’idée et l’autre l’exprime. Il est possible que la conscience principale, au lieu de provoquer le processus d’un acte dans le domaine de l’autre conscience, provoque seulement une tendance, une orientation particulière des idées ; voici