Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/110

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dais, lui confia le gouvenement de cette place : il la défendit valeureusement contre Maurice, qui essaya de la reprendre. Il ne fut pas aussi heureux l’année suivante : il était dans Erckelem avec un petit nombre de ses gens ; le comte Henri de Nassau, s’en étant approché, et ayant fait sauter, au moyen d’un pétard, la porte de la ville, y entra à l’improviste, et de Bergh tomba entre ses mains ; mais cette fois encore, sa captivité ne fut pas de longue durée. En 1614, il servit dans l’armée que Spinola mena au pays de Juliers, après avoir rétabli, à Aix-la-Chapelle, l’autorité de l’empereur et l’exercice de la religion catholique. En 1616, ayant sous ses ordres six mille fantassins et douze cents chevaux, il s’assura de Dortmund, se saisit de Zoest et de Lipstadt, et ne se retira de ce pays qu’après avoir mis de bonnes garnisons dans toutes les places qu’occupaient les forces de l’archiduc.

Les talents militaires du comte Henri de Bergh lui avaient déjà acquis du renom. A la mort de Bucquoy, Ferdinand II le demanda à Philippe IV, pour le placer à la tête de ses troupes. Philippe accueillit favorablement le désir de l’empereur ; mais l’infante Isabelle lui remontra que la présence du comte était plus que nécessaire aux Pays-Bas, et qu’il était impossible de l’envoyer en Allemagne[1]. En effet la trêve de douze ans était expirée (1621) : Henri de Bergh commandait une partie de l’armée avec laquelle Ambroise Spinola était entré en campagne, et il tenait en ce moment assiégée la ville de Juliers, après s’être rendu maître du château de Rheede. Juliers avait une garnison nombreuse et brave. Le 5 octobre, cinq cents hommes de pied et une compagnie de cavalerie sortirent de la place, en intention de détruire quelques-uns des forts occupés par les troupes royales ; ils avaient déjà pénétré dans les retranchements, lorsque Henri de Bergh accourut avec vingt-cinq de ses soldats, les seuls qu’il eût sous la main, et les attaqua avec une telle impétuosité qu’il les força à la retraite[2] : la place capitula le 22 janvier. La campagne de 1622 fournit à Henri de Bergh les occasions de remporter de nouveaux avantages sur les ennemis : le château de Monterberg et la ville de Goch lui ouvrirent leurs portes, et, dans un engagement de cavalerie, il fit prisonnier le duc de Weimar. L’hiver de 1623 à 1624 fut extrêmement rigoureux ; toutes les rivières des Provinces-Unies étaient gelées : on en voulut profiter à Bruxelles, et Henri de Bergh reçut l’ordre de faire une irruption dans ces provinces. Avec cinq à six mille hommes d’infanterie, un corps nombreux de cavalerie et quelques pièces de canon, il passa le Rhin à Wesel, s’achemina vers l’Yssel, qu’il traversa également, alla se loger à la commanderie de Dieren, près de Duisbourg, et s’avança jusqu’aux faubourgs d’Arnhem, brûlant les villages et les châteaux qui se trouvaient sur son passage : le temps ayant changé alors, il craignit que le dégel ne lui rendit la retraite difficile, et il reprit, pour retourner dans ses quartiers, le même chemin par lequel il était venu. C’était à la fin de février. Lorsque la campagne se fut ouverte, il se saisit de Clèves et de Gennep, qui prétendaient être neutres ; mais il ne put les garder, le comte Maurice de Nassau étant venu les attaquer avec des forces trop supérieures aux siennes pour qu’il essayât de lui livrer bataille. En 1625, il contribua notablement à la conquête de Bréda, en conduisant lui-même les convois de vivres qui du Brabant étaient dirigés sur le camp royal. L’année suivante, il assaillit, près de Vinen, un corps de cavalerie commandé par le comte de Stirum, et, malgré les renforts qui arrivèrent à celui-ci, l’emmena prisonnier ; quatre étendards et mille chevaux tombèrent aussi en son pouvoir. Cette action fit beaucoup de bruit ; l’infante Isabelle en rendit compte au roi en des termes on ne peut plus flatteurs pour le comte de Bergh[3].

  1. La persona del conde Henrique es mas que necessaria para lo de aqui, y de toda impossíbilidad el poderle embiar á Alemaña….. (Lettre du 28 octobre 1621.)
  2. Lettre du comte de Bergh à l’infante Isabelle, du 6 octobre 1621.
  3. Lettre du 14 octobre 1626.