Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/189

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Celui-ci contracta mariage en 1753 ; il ne laissa point d’enfants, mais il enseigna son art à trois de ses frères. Beschey, s’il subissait le mauvais goût de son époque, se distinguait, cependant, par un grand amour de l’art et une passion véritable pour les chefs-d’œuvre des maîtres. Sa fortune lui avait permis d’en acquérir un grand nombre, et son cabinet était renommé à Anvers. S’il dut à cette prédilection les vives jouissances qu’elle procure, il lui dut malheureusement aussi la cause de sa mort. Une vente d’objets d’art l’avait attiré à Bruxelles ; il fut pris d’une fluxion et succomba, à peine de retour dans sa ville natale, au mois d’avril 1776. Beschey habitait la rue de l’Empereur et fut enterré à l’abbaye de Saint-Michel. Il avait d’abord essayé du paysage en prenant pour modèle Breughel de Velours et Henri van Balen, pour les figurines ; mais plus tard, il s’adonna davantage à l’histoire, au portrait et surtout aux copies des anciens maîtres. Celles dans lesquelles il fut aidé par son frère Jacques étaient fort recherchées. Ses copies d’après Rubens ont beaucoup de mérite ; elles sont faites avec un grand fini ; leur principal défaut consiste dans leur froideur qui contraste singulièrement avec la fougue de l’œuvre originale. Le musée d’Anvers possède plusieurs toiles de Balthasar : deux épisodes de l’histoire de Joseph, le portrait du peintre et celui de son confrère, Martin-Jos. Geeraerts, exécuté au pastel. Le Louvre, à Paris, renferme de Beschey un tableau de genre, Une famille flamande, portraits ou peut-être copie d’après un ancien maître. M. Villot, rédacteur du catalogue du Louvre, donne une courte biographie de notre artiste, dans laquelle il reproduit l’erreur d’Immerzeel, qui donne à Beschey un fils nommé Jacques-François. Tout en consignant à peu près exactement les dates de naissance et de mort du peintre flamand (1709-1776 au lieu de 1708-1776), M. Villot se trompe encore quand il donne comme suit la signature du tableau du Louvre : Beschey, 1721. En ce cas, Beschey, né en 1708, aurait exécuté cette œuvre à l’âge de treize ans. Il y a là évidemment une signature fausse ou mal copiée.

On voit encore de Beschey, à l’église de Saint-Jacques, à Anvers, le portrait de Mgr Joseph-François-Anselme Werbrouck, quatorzième évêque d’Anvers. Cette peinture ne dépasse pas la médiocrité. Quatre frères de Balthasar, avons-nous dit, ont cultivé la peinture. Charles, né en 1706, fut élève de H. Goovaerts. Jacques-André, naquit en 1710, fut élève de son frère Balthasar et collabora souvent avec lui ; il obtint le décanat de Saint-Luc, en 1767, et vivait encore en 1773. Joseph-Henri vit le jour en 1714 et fut, comme le précédent, élève de Balthasar. Tous les trois eurent Anvers pour patrie. Jean-François mérite une mention particulière. Ajoutons encore, à l’honneur de Balthasar Beschey, qu’il fut le maître d’André Lens, dont le talent laissa entrevoir la renaissance actuelle et dont les nombreux et excellents élèves furent les pèrts et les initiateurs de notre brillante phalange artistique moderne.

Ad. Siret.

BESCHEY (Jean-François), peintre de paysages, d’intérieurs, de portraits, etc., frère cadet de Balthasar et son élève, naquit à Anvers en 1717, et y décéda vers 1799. A l’instar de son maître, il s’adonna beaucoup à l’étude et à la copie des anciens maîtres ; ce furent les Hollandais qui obtinrent sa prédilection. Il reproduisit tour à tour, et avec talent, les toiles de Pynacker, Moucheron, Wynants, Teniers et même de Rembrandt. M. Th. van Lerius, dans son catalogue du musée d’Anvers, dit que c’est Jean-François Beschey qui fut doyen de Saint-Luc, en 1767. Cependant le Gildeboek de feu M. Vander Straelen, dans sa liste des doyens de Saint-Luc, nomme positivement, en 1767, Jacques Beschey. Il y a donc eu évidemment confusion entre les deux frères. Jean-François, outre ses travaux de peinture, s’adonna également au commerce des tableaux et fut un habile restaurateur.

Ad. Siret.

BESSEMERS (Marie VAN) ou MAYKE VERHULST, peintre du xvie siècle, née à Malines. Elle épousa le célèbre Pierre Coucke, d’Alost, archi-