Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/236

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de son fils, afin de pouvoir revêtir les archers anversois du pittoresque costume suisse et de choisir, en même temps, un épisode qui rappelât le but des réunions des membres de la confrérie. Il remplaça seulement l’arbalète du héros suisse par l’arc de la gilde anversoise. Ce tableau, acquis de M. Nieuhenhuys, en 1862, ornait autrefois la salle des réunions de la confrérie de Saint-Sébastien, à Anvers. L’architecture en est peinte par Guillaume van Ehrenberg et le paysage par Hemelraet. Van Ehrenberg n’ayant été reçu dans la corporation de Saint-Luc qu’en 1662, et Hemelraet étant mort en 1668, c’est entre ces deux époques que le tableau de Guillaume Tell a dû être peint, c’est-à-dire alors que Biset était dans toute la force de l’âge et du talent.

Ad. Siret.

BISET (Jean-Baptiste), peintre de portraits, d’histoire, de genre, etc., fils de Charles-Emmanuel, naquit à Anvers, on ne sait en quelle année. Il fut élève de son père, et, comme lui, quitta Anvers pour résider à Breda. Il s’y fit d’abord connaître par plusieurs portraits exécutés d’après des personnages importants, parmi lesquels on cite ceux d’un général, du gouverneur de la ville et de sa fille qu’il représenta morte, étendue sur son lit ; ce dernier portrait et celui d’une autre jeune femme, renommée par son esprit, sa beauté et ses talents, passaient pour ses chefs-d’œuvre. On en vantait le dessin, la touche et la ressemblance. Il peignit aussi une assez grande quantité d’officiers anglais alors en garnison à Breda, ainsi que leurs femmes. Quand l’ouvrage vint à manquer, Jean Biset se rendit à Bois-le-Duc ; après quelques travaux exécutes dans cette ville, il habita tour à tour la Haye, Delft, une seconde fois Breda et enfin s’établit en Frise où il travaillait encore en 1727. On cite de lui des tableaux de genre, des effets de lumière, un Jugement de Pâris, Jupiter et Danaé. Cette dernière toile, dit Ch. Kramm, dans son ouvrage sur les peintres et graveurs, a été exécutée en collaboration avec Pierre Gysels, Verendael, Spierings et Van Ehrenberg. Nous ferons remarquer que si cette collaboration existe, il y a lieu de croire que le tableau est du père Biset, qui a souvent travaillé avec Van Ehrenberg ; ce dernier est mort d’ailleurs au plus tard en 1677, alors que le jeune Biset ne pouvait encore être qu’un commençant, sinon un élève. Notre supposition est d’autant plus vraisemblable, que ce tableau fut vendu à la vente Lormier, à la Haye, en 1763, pour la somme de trois cent cinq florins, somme importante pour l’époque et au-dessus de ce que pouvaient valoir les œuvres de Biset, le fils. M. Chrétien Kramm indique encore un tableau de famille de Jean-Baptiste, sur lequel deux fils de Vander Does prennent une leçon de danse et de raquette, tableau sur cuivre, bien peint et qui se trouve parmi les portraits de famille du comte J.-J. Nahuys, à Utrecht. L’époque de la mort de Jean-Baptiste Biset n’est pas plus connue que celle de sa naissance.

Ad. Siret.

BISSCHOP (Jean), écrivain ascétique, né à Ypres, le 12 juin 1586, mort à Courtrai, le 14 mars 1636. L’évêque d’Ypres, Pierre Simon, le prit en amitié, le reçut chez lui à peine âgé de treize ans et soigna son éducation. Le jeune homme fit de rapides progrès et, ses classes latines terminées, il fut admis à l’étude de la théologie, lorsque tout à coup l’influence de quelques sectaires, alors encore assez nombreux dans ce diocèse, le détourna de l’état ecclésastique. Mais revenu bientôt à sa première vocation, il entra dans le sacerdoce et obtint un bénéfice à la cathédrale de sa ville natale. Après la mort de son bienfaiteur, il résolut d’entrer dans la Compagnie de Jésus. Mais la jouissance de sa prébende et la position précaire de sa mère, restée veuve, s’opposaient à ce qu’il entrât immédiatement dans cet ordre. La mort de celle-ci lui permit d’abandonner son bénéfice, et il fut admis au noviciat d’Anvers, en 1610. Il prononça ses vœux définitifs dans le couvent de Courtrai, en 1621. Envoyé peu de temps après en Hollande, il y exerça pendant sept ans les difficiles fonctions de curé-missionnaire. Il revint ensuite dans sa patrie et passa les dernières années de sa vie à