Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/246

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logie et provincial de son ordre. Les talents dont il était doué, et les brillantes qualités qui le distinguaient, attirèrent sur lui les regards de Philippe II. Par lettres patentes du roi, en date du 11 mai 1596, il fut nommé évêque de Namur. Cette nomination ayant été confirmée par le souverain pontife Clément VIII, au commencement de l’année suivante, Blaseus fut sacré à Bruxelles, le 23 novembre, par le nonce du Pape, assisté des évêques d’Ypres et de Gand, et alla, peu de temps après, prendre possession de son siége. Il ne gouverna le diocèse de Namur que pendant trois ans et demi environ ; car, vers la fin de l’année 1600, il fut, sur la proposition des archiducs Albert et Isabelle, transféré à l’évêché de Saint-Omer. Ayant pris possession de son nouveau siége par procuration le 19 avril 1601, il fit son entrée solennelle à Saint-Omer le 7 mai suivant. Après avoir, pendant dix-sept ans, dirigé, avec une grande habileté, le troupeau confié à ses soins paternels au milieu des circonstances les plus difficiles, il légua, en mourant, à son église, la riche bibliothèque qu’il avait rassemblée ; il voulut, en outre, que tous les biens qu’il possédait au moment de sa mort fussent employés en œuvres pies. Il fut enterré à la cathédrale, dans la chapelle de Saint-Jean l’Évangéliste. Au-dessus de son tombeau on lisait, sur une lame de cuivre, l’épitaphe suivante :

HIC JACET FRATER JACOBUS BLASÆUS

QUARTUS EPISCOPUS HUJUS ECCLESIÆ AUDOMARENSIS
QUI OBIIT ANNO DOMINI M.DC.XVIII.
MENSIS MARTII DIE XXI.

REQUIESCAT IN PACE.

Le célèbre théologien François Luc de Bruges prononça l’oraison funèbre du prélat défunt aux obsèques solennelles qui furent célébrées à Saint-Omer.

Blaseus avait un talent oratoire des plus remarquables, et possédait une connaissance approfondie des langues flamande et française. Aussi fut-il chargé de faire l’éloge funèbre de Philippe II aux funérailles qui furent célébrées pour le roi défunt, à l’église de Sainte-Gudule, à Bruxelles, le 31 décembre 1598. Ce discours a été publié sous le titre de : Sermon fvnèbre faict par le révérme évesqve de Namvr, messire Jacqves Blasevs, aux fvnérailles dv trèscatholiqve, trèshault et trèspuissant Prince et Monarqve Philippe 2, Roy des Espaignes, etc., célébrez en Brvsselles, en l’Église de Ste Goedele. Bruxelles, Rutger Velpius, 1599 ; vol. in-4° de 38 pages. — L’index librorum bibliothecæ Barberinæ (I, p. 158), attribue à Blaseus l’ouvrage suivant : Methodus comprendiaria ad confessionem generalem latine ex anglico reddita Jacobo Blasaeo. Antv., 1617 ; vol. in-8°.

E.-H.-J. Reusens.

Foppens, Belgica christiana, Ms. conservé aux archives de l’archevêché de Malines.

BLATON (Thomas), peintre d’histoire, de portrait et de paysage, né en 1787, au village de Marcke, près d’Audenarde, mort le 3 juin 1817. Dès son enfance, il se sentit une vocation décidée pour le dessin ; avant d’avoir reçu la moindre instruction plastique, il se mit à copier des images et de petites estampes. Il vendit ces essais primitfs aux enfants, afin de se procurer les moyens d’aller chercher l’enseignement hors de son village. Il n’avait que seize ans lorsqu’il se rendit à Audenarde, où il fut assez heureux de rencontrer des protecteurs. Après avoir fréquenté quelque temps l’école de dessin, il entra dans l’atelier du peintre anversois Van Larebeke, et y fit de rapides progrès. Bientôt il fut employé à orner de peintures décoratives les appartements des maisons particulières. Ayant ainsi amassé quelque argent, il partit pour la ville de Gand, et dès l’arrivée, même sans en avoir sollicité l’autorisation, il alla s’asseoir sur les bancs académiques. C’était en 1807 ; il avait atteint l’âge de vingt ans. Sa manière d’agir lui attira de la part des directeurs de l’Académie un accueil sévère, car les leçons en étaient à la moitié de leur cours annuel. Cependant, sa remarquable aptitude le fit admettre, et à la fin de l’année scolaire le jeune Blaton remporta le premier prix de sa classe.

Encouragé par ce succès, il se livra avec ardeur à la peinture du portrait, et y réussit au delà de son espoir. Quatre de ses productions : un portrait en pied,