Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/327

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troubles. Le duc n’avait pas les pouvoirs nécessaires à cette fin, mais le service semblait réclamer ces nominations, le conseil ne comptant plus que quatre membres, Viglius, d’Assonleville, Micault et Fonck. Aussi le prince jugea nécessaire de soumettre la nomination au roi, qui ne l’approuva jamais officiellement, malgré l’appui que De Boisschot avait trouvé dans le corps même et malgré les recommandations pressantes du commandeur Requesens. De Boisschot continua cependant à se faire remarquer au conseil privé et au conseil d’État par son assiduité et par son travail, jusqu’à la fin de sa carrière politique. Pendant les années 1574 et 1575, il remplit plusieurs missions commerciales et politiques en Angleterre, et réussit à conclure des traités de commerce. Les rapports qu’il a rédigés dans ces circonstances sont intéressants; ils furent mis sous les yeux de Philippe II et sont pour la plupart parvenus jusqu’à nous[1]. Dans un de ces rapports du mois de novembre 1575, il croit à la possibilité de ramener la reine d’Angleterre à la religion catholique. De Champagny, qui lui succéda en Angleterre au mois de janvier 1576, avoue que De Boisschot convenait mieux que lui pour cette mission et rapporte que le ministère anglais ne veut pas donner suite aux propositions faites par son prédécesseur.

En 1575 le grand commandeur le députa vers l’archevêque de Trèves pour applanir des difficultés qu’avaient fait naître des actes de violence commis par des soldats de la garnison de Thionville.

Lorsque, à la mort de Requesens, arrivée le 5 mars 1576, le conseil d’État prit les rênes du gouvernement, De Boisschot fut presque toujours associé à ses travaux et rédigea avec d’Assonleville la plupart des rapports. Aussi, lors du coup d’état fait le 4 septembre 1576, par le prince d’Orange et le parti national, fut-il emprisonné comme suspect d’espagnolisme et relâché seulement au mois de mars de l’année suivante par ordre des états généraux. Depuis lors il ne prit plus aucune part aux affaires politiques. Pendant la domination des états généraux et les négociations avec Don Juan, les membres qui partageaient les opinions de Boisschot avaient fui à Namur et à Louvain. Moins bien avisé ou moins prudent, il fut emprisonné à Bruxelles, puis conduit dans les cachots d’Anvers, où il mourut à la suite des mauvais traitements qu’il avait essuyés.

De sa femme Catherine Vandentronck il délaissa illustre postérité.

Britz.

Tombeaux des hommes illustres, p. 56. — Buthens, Jurisprud. heroica, p. 135 et 303 — Trophées, t. II, 29; le même, suppl., t. I, 108, 174, 177, 201, 226. — Hoynck van Papendrecht, Anal., t. II, p. 538 et 748. — Loijens, Trait de conseil. Brab., p. 368. — Mss. Foppens, n° 17611; Mémoires de Fr. Perrenot. édités par de Robaulx. — Correspond. de Philippe II, par M. Gachard, les 4 vol., passim; Mss. 17611 et 9937, p. 212 et 12383 (Foppens).

BOL (Jean), peintre de paysages, de vues de ville, d’animaux, à la gouache, à la détrempe, à l’huile et en miniature, né à Malines,le 16 décembre 1534. Bol appartenait à une famille très-honorable et l’art était chez lui une vocation innée, car dès l’âge de quatorze ans, il décida qu’il s’y consacrerait. Malheureusement il n’y avait plus alors à Malines aucun artiste de mérite. Marguerite d’Autriche était morte depuis quelques années, et avec elle avaient disparu ces astres brillants qu’attirait l’esprit d’élite de la princesse. Un goût nouveau avait succédé à celui des tableaux précieux, tout comme deux siècles après, et l’on vit se répandre la mode de grandes toiles peintes, converties plus tard en tapisseries. Bien qu’il fallut un certain talent pour brosser ces vastes compositions, on comprend aisément qu’il y avait loin de là aux chefs-d’œuvre des vieux maîtres. Malines comptait au moins cent cinquante de ces boutiques de peintres, nous dit Van Mander, et c’est chez un de ces décorateurs que le jeune Jean ou Hans Bol, comme on le nomme souvent, dut apprendre son art. Il vit bientôt, sans doute, que ces leçons ne lui profiteraient

  1. V. Lettres de Boisschot dans le tome V des Négociations d’Angleterre. La liasse n° 2579 (Archives de Simancas secret. prov. de Flandre) renferme ces traités de commerce avec des lettres de Boisschot — Corresp. de Philippe II, éd. par M. Gachard, t. III, p. 275.