Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/353

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diciaires; il combattit le projet relatif à la vente des biens nationaux de la Belgique et à la liquidation de ses dettes, et enfin il présenta un rapport, qui fut remarqué, sur l’époque à laquelle les lois envoyées dans les départements réunis et non publiées étaient devenues obligatoires. En 1800, le premier Consul le nomma juge au tribunal d’appel de la Dyle et président du tribunal criminel du même département; en 1806, l’empereur le fit membre du conseil de discipline et d’enseignement de l’école de droit à Bruxelles. Tout en reconnaissant que, dans la présidence du tribunal criminel, Bonaventure montra des connaissances étendues comme criminaliste et une extrême sagacité, on lui a reproché d’avoir eu la principale part aux arrestations arbitraires qui, en 1804, 1805 et 1806, remplirent les prisons de Bruxelles de plusieurs centaines de citoyens sous l’odieuse et vague inculpation de garrottage; il en a même été accusé hautement dans un factum que, trois années après le renversement du gouvernement impérial, l’avocat Devos livra à la publicité[1] : nous ne connaissons pas assez les faits de cette époque pour nous prononcer sur le mérite d’une aussi grave accusation. Le 20 mai 1811 fut installée la Cour impériale de Bruxelles, et ce jour-là, conformément à la loi du 20 avril de l’année précédente, la Cour de justice criminelle cessa ses fonctions : Bonaventure rentra alors dans la vie privée. Il avait été fait chevalier de la légion d’honneur en 1804; il obtint, après sa retraite, le titre de baron de l’Empire, par application du décret du 1er mars 1808. En 1813, il fut nommé maire de la commune de Jette, où il possédait de grandes propriétés; il était encore bourgmestre de cette commune au moment de sa mort.

Gachard.

Archives de la ville de Tournai. — Archives du royaume. — Moniteur universel. — Almanach du département de la Dyle. — Simon, Armorial général de l’empire français, 1812. — F. Devos, Histoire et justification de quatre cent quatre-vingts personnes arrêtées et emprisonnées arbitrairement à Bruxelles pendant l’espace de seize mois, en 1804, 1805 et 1806. Bruxelles, 1816. — Galerie historique des contemporains, t. II. Bruxelles, 1818. — Documents politiques et diplomatiques sur la révolution belge de 1790. — Biographie universelle, par une société de gens de lettres. Bruxelles, 1843. — Henne et Wauters, Histoire de Bruxelles, t. II. — Wauters, Histoire des environs de Bruxelles, t. II.

BONDROIT (Jean-Ph.), médecin, né à Everberg, près de Renaix, mort en 1711. Licencié en médecine de l’Université de Louvain, il s’établit à Audenarde et y acquit une grande réputation dans l’art de guérir. Il composa un petit traité intitulé : Tractatus de morbis acutis in genere et morbis epidemicis cum constitutione epidemica aliquot annorum et pestilentiæ Londinensis. Bruxellis, in-12. L’ouvrage fut publié, en 1712, par son frère Adrien Bondroit, médecin à Grammont et dédié à Gaspard Vander Gote, conseiller d’État de Sa Majesté, qui avait été leur Mécène. Ce traité, écrit à la suite d’une cruelle épidémie qui régna à Grammont, en 1709 et 1710, offre un intérêt particulier, parce que l’auteur y décrit le choléra morbus et la manière de traiter cette terrible maladie. Déjà en 1643, un médecin gantois, Herman Vander Heyden, publiait à Gand, chez Manilius, in-4° : Discours et advis sur le trousse-galant, dict choléra morbus.

Bon de Saint-Genois.

BONERUS (Jean), écrivain ecclésiastique, né à Ruremonde (Limbourg), à la fin du XVIe siècle, mort vers 1640. Voir Boener (Jean).

BONFRÈRE (Jacques), en latin Jacobus Bonfrerius, savant commentateur de l’Écriture sainte, naquit à Dinant, en 1573, et mourut à Tournai, le 9 mai 1643. Après avoir fait de bonnes humanités et un cours de philosophie, il entra au noviciat des jésuites à dix-huit ans, en 1592. Au sortir du noviciat, la Compagnie l’employa, selon l’usage, à la régence des basses classes. Bientôt après, on lui confia le cours de philosophie qu’il enseigna quelques années à Douai au collége fondé par l’abbaye d’Anchin et confié par les religieux de ce monastère à la Société de Jésus. Il expliqua ensuite la théologie seholastique dans la même maison durant deux ans, au bout des-

  1. L’épithète de vieux. tigre et d’autres, non moins flétrissantes, lui sont données dans ce factum.