Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/364

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l’on plaça à tort, sur le dos, cette inscription latine.

Le premier volume (feuillets 1 à 290) contient une chronique de Louvain, depuis les temps les plus reculés jusqu’en 1594. Cette chronique offre des détails très-intéressants pour l’histoire de l’ancienne capitale de Brabant pendant la seconde moitié du XVIe siècle. Elle est ornée des armoiries, en toutes couleurs, de nos princes. Le volume porte, à la fin, la date du 16 septembre 1594. Le second volume (feuillets 291 à 670), traite de l’origine de la ville, des monuments civils, des églises et chapelles, des corporations civiles et religieuses, des places et des rues, de la fertilité du sol, de l’autorité ecclésiastique, de l’administration communale, de l’industrie des draps et des toiles, des événements mémorables, de l’Omgang ou du cortége historique, des sept familles patriciennes et des hommes de Saint-Pierre ou Sinte-Peeters-Mannen. Ce volume renferme une représentation de l’Omgang, tel que ce cortége était constitué en 1594; il offre une suite de croquis à l’eucre ordinaire, légèrement coloriés. Nous avons fait reproduire ces dessins dans notre publication intitulée : L’Omgang de Louvain; Louvain, 1863, in-4°. Le même volume contient également les armoiries en toutes couleurs de nos familles lignagères. Les archives de Louvain possèdent encore de Boonen le manuscrit suivant : Commoengemeijeren, Schepenen en Raeden die men bevindt der stadt van Loven gedient te hebben, zedert den jaere 1187 tot den jaere van 1388, vol. in-folio de 106 feuillets.

Juste Lipse puisa, en 1604, dans les travaux de Boonen pour la rédaction de son Lovanium. Gramaye l’appelle un « investigateur diligent des antiquités de Louvain. »

Guillaume Boonen mourut à Louvain le 16 juillet 1618, et fut enterré, le lendemain, à la ci-devant église de Saint-Michel, dans la chapelle du Saint-Sacrement. Sa femme l’avait précédé au tombeau.

Ed. van Even.

Comptes de la ville de Louvain. — Registres des Chambres échevinales.

BOONEN (Jacques), évêque de Gand et archevêque de Malines, né à Anvers, le 11 octobre 1573, mort à Bruxelles, le 30 juin 1655. Son père, Corneille Boonen, se trouvait à Anvers au moment de la naissance de son fils, chargé, depuis environ un an, par le duc d’Albe, gouverneur des Pays-Bas, de la mission délicate et difficile de ramener les rebelles à la foi et à l’obéissance du roi. Le zèle qu’il déploya dans ces circonstances lui attira la haine de ses adversaires, et il mourut empoisonné, victime d’une ignoble vengeance. Privé de cet appui dès l’âge de six ans, Jacques Boonen fut élevé par sa mère, Gertrude Vanden Eetvelde, issue d’une famille noble de Louvain. Celle-ci prit la résolution de quitter la Belgique, tourmentée par les troubles religieux, pour aller se fixer à Cologne. Plus tard, le jeune Jacques vint demeurer à Maestricht, chez son oncle, Engelbert Boonen, prévôt du chapitre de Saint-Servais, qui, après avoir enseigné à son neveu les premiers éléments des langues anciennes, l’envoya à Pont-à-Mousson, afin de terminer ses humanités et d’acquérir l’usage de la langue française. De là, Boonen vint à Louvain, pour suivre, à la pédagogie du Porc, les leçons de la Faculté des Arts. Il s’adonna ensuite à l’étude de la jurisprudence, prit le grade de licencié dans l’un et l’autre droit, et alla s’établir à Malines pour se livrer à la pratique du droit. Mais, éprouvant bientôt une forte répugnance pour le barreau, il accompagna, comme conseiller d’ambassade, le prince d’Aremberg dans une mission diplomatique auprès des états généraux de Hollande. Revenu en Belgique, le jeune Boonen devint principal intendant de la maison d’Aremberg, et il se fit admettre, vers la même époque, parmi les familles patriciennes à Louvain dont il descendait par sa mère; il occupa, de 1603 à 1604, un banc échevinal dans la même ville.

Ayant résolu d’embrasser l’état ecclésiastique, il fut, dès le 17 novembre, élu chanoine gradué par le chapitre métropolitain de Malines, mais ne prit cependant possession de sa prébende qu’en 1607, après avoir reçu les ordres sacrés.