Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/427

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ville, le 3 mars 1750, mort le 30 août 1833. Ayant fait ses études au collége des Jésuites à Dinant, il entra à l’abbaye de Valdieu, près de Charleville, de l’ordre des Prémontrés, où il fit profession en 1779. Il se rendit ensuite à Paris, y reçut la prêtrise et fut chargé par ses supérieurs d’enseigner la théologie dans diverses maisons de leur ordre. Lors de la révolution française, il crut pouvoir prêter le serment à la constitution civile du clergé, et Gobel, évêque constitutionnel de Paris, le nomma l’un de ses vicaires généraux et secrétaire de l’évêché. Il se trouva aussi au nombre des grands vicaires qui accompagnèrent le nouveau prélat, quand celui-ci vint déclarer à la Convention nationale qu’il renonçait aux fonctions ecclésiastiques. L’abbé Boulliot trouva dans la culture des lettres des consolations lors de la perte de son état; il s’occupa surtout des recherches relatives à l’histoire de son pays natal. Après la mise en vigueur du concordat, l’évêque de Versailles le pourvoit de la cure des Muraux, village près de Meulan. Aumonier, en 1822, de la maison des orphelins de la Légion-d’Honneur située aux Loges, dans la forêt de Saint-Germain, il obtint, peu de temps après, la cure de Mesnil, qu’il desservit tout en continuant à demeurer à Saint-Germain. — On lui doit un ouvrage, fruit de longues et minutieuses recherches : la Biographie Ardennoise. Paris, 1830, 2 vol. in-8°. Cette œuvre peut être regardée comme une des meilleures biographies locales, qui aient été publiées dans ces derniers temps, elle se termine par des notices sur les contemporains. Barbier lui fut redevable de renseignements nombreux pour son Dictionnaire des anonymes. Boulliot avait commencé une Histoire de l’Académie protestante de Sedan jusqu’à sa suppression en 1661, mais ce livre n’a pas vu le jour; il n’en a publié que des fragments.

Aug. Vander Meersch.

Piron, Levensbeschryvingen. — Michaud, Biographie universelle, t. LIX. — Henrion, Annales biographiques, t. I. — Quérard, La France littéraire, supplément.

BOULOGNE (Adrien DE), poëte latin, né à Tournai vers 1590, mort dans cette ville le 10 octobre 1655, entra dans la Compagnie de Jésus en 1609, à peine âgé de dix-huit ans. Recteur du collége de Bethune, il y professa longtemps les humanités. Le père De Boulogne s’est fait connaître par un recueil d’épigrammes, qu’il dédia à Philippe comte de Mansfeld, général des armées impériales, dont il était le confesseur et qu’il appelle son Mécène. Cet ouvrage est publié sous le titre de Épigrammatum libri tres. Tornaci, 1612, in-12, pp. 169. La plupart de ces épigrammes roulent sur la vie de Jésus-Christ, sur la Vierge Marie, sur les Saints, sur le fondateur de l’ordre des Jésuites. Au dire de Foppens ces pièces se recommandent par leur finesse et leur brièveté. Paquot est plus sévère; d’après lui, elles n’ont rien de remarquable ni pour le style ni pour le sens; il y en a même quantité de frivoles. Il est permis de dire que la vérité se trouve entre ces deux jugements opposés. Le style est généralement pur, correct, clair, dégagé de toute prétention; rarement l’auteur tombe dans la trivialité.

Aug. Vander Meersch.

De Backer, Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, t. I. — Hofman-Peerlkamp, De Vita Belgarum qui poemata latina scripserunt, p. 350. — Catullii, Tornacum Nerviorum, p. 104. — Lecouvel, Poëtes latins du Hainaut, p. 7. — Foppens, Bibliotheca Belgica, t. I, p. 11. — Paquot, Mémoires littérares, t. I, p. 318.

BOULOGNE (Hue DE), peintre et gouverneur du château de Hesdin, sous Philippe le Bon, en même temps que valet de chambre de ce prince. Il paraît que Hue de Boulogne n’eut point une grande réputation comme artiste. Il se borna, croit-on, à peindre des bannières et des pennons, des écussons avec des armoiries, etc. La charge qu’il occupait à Hesdin témoigne cependant d’une assez grande faveur auprès du duc. On sait que celui-ci affectionnait beaucoup sa résidence d’été, remplie de mécaniques, d’automates, de surprises en tout genre inventées par Colard le Voleur. C’étaient les grandes distractions de l’époque : elles étaient destinées à reposer les princes des soucis de la politique et des fatigues de la guerre. Hue fut chargé d’entretenir, avec le titre de gouverneur,