Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/48

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Enfin, la paix d’Utrecht ayant donné Tournai à l’empereur, M. de Beauvau résigna son évêché qui passa à Ernest, comte de Lowenstein. Il n’eut du reste à regretter aucun des sacrifices qu’il s’était imposés pour remplir ses devoirs envers son troupeau et envers son maître : Louis XIV lui fit rembourser, sur une simple note de sa main, les grosses sommes qu’il avait levées et dépensées durant le siége. De leur côté, les Tournaisiens rachetèrent, pour la lui rendre, la vaisselle détruite ou engagée à leur profit. L’évêché de Toulouse reçut le prélat dépossédé. En 1719, l’heureux protégé de la cour fut élevé à l’archevêché de Narbonne, ce qui lui donna droit à la présidence des états du Languedoc, qu’il exerça pendant vingt ans. En cette haute qualité, il encouragea les travaux des savants de sa province. Les Bénédictins de Saint-Maur, auteurs de l’Histoire générale de Languedoc (5 vol. in-f°, 1730) se louent, dans leur épitre dédicatoire aux états, de la protection d’un prélat « également respectable par sa naissance et par ses éminentes qualités. » Son appui fut aussi assuré à la Description géographique et à l’Histoire naturelle du Languedoc, par la société de Montpellier. Rien ne manqua donc à la gloire de M. de Beauvau, pas même l’ordre du Saint-Esprit, dont il était commandeur.

F. Hennebert.

Nouvelle Biographie générale, publiée par Didot, d’après Moréri. — Poutrain, Histoire de Tournai, t. II. — Lemaistre d’Anstaing, Cathédrale de Tournai, t. II. — Recueil (MS) de quelques particularités du siége de Tournai de l’année 1709.

BEAUVOIR (le sire DE). Voir Lannoy.

BEBIUS (Philippe), écrivain ascétique, né à Oreppe (province de Liége), en 1568, et mort à Cologne, le 16 février 1637. Il entra au noviciat de la Compagnie de Jésus, à Cologne, en 1589. Lorsqu’il eut prononcé ses vœux, il fut chargé de l’enseignement des mathématiques et des belles-lettres au gymnase de cette ville, et devint, à deux reprises, préfet des études et recteur de cet établissement, qui était incorporé à l’université. C’était, sans doute, à ce titre, qu’il faisait partie du conseil de la faculté des arts de l’université, et qu’il fut nommé doyen de ce corps savant en 1617. Bebius devint plus tard président du grand séminaire de Cologne, et occupa cette position importante pendant environ vingt ans. Malgré ses nombreuses occupations et sa santé délicate, il sut trouver le loisir pour s’occuper de la direction des sodalités de la Sainte Vierge. Il composa, en faveur des congréganistes, plusieurs ouvrages de piété dont on trouve la liste complète dans la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, des PP. Aug. et Al. De Backer, I, p. 54. Il publia en outre : 1° Succincta chronologia ex Bellarmino et Baronio ab initio mundi usque ad annun 1628. Coloniæ, apud Hermannum Mylium ; vol. in-8°. Cet abrégé se trouve en tète de l’Histoire universelle de Tursellinus. — 2° Commentarius in tres partes carminum selectorum latinorum ex diversis scholiastis concinnatus. Coloniæ, apud Hermannum Mylium, 1629 ; vol. in-4°. — 3° Commentarius in Lyrica Horatii expurgata ex veteribus ac recentioribus scholiastis, Actone, Porphyrione, Chabetio, Lambino, Torrentio et Ceruto excerptus. Coloniæ, apud Hermannum Mylium, 1633 ; vol. in-fol. — 4° Vindiciæ Ursulanæ, seu tomus prior, quo primigenia historia SS. Ursulæ et undecim millium virginum cum traditione Coloniensi contra adversarios asseritur. Opera Ph. Bebii et Hermanni Crombach, S. J. sacerdotum. Coloniæ Agrippinæ, sumptibus Hermanni Mylii, 1647 ; volume in-fol. C’est là, sans contredit, l’ouvrage le plus important de Bebius, et le principal titre à la gloire littéraire dont il jouit. Dès l’année 1616, Bebius avait conçu le dessin de publier une Défense de l’histoire de sainte Ursule et de ses compagnes, destinée à combattre l’opinion de Baronius (Notæ ad martyrologium) et de quelques autres auteurs qui révoquaient en doute la vérité de l’histoire de sainte Ursule. Le mauvais état de sa santé et un surcroît de besogne occasionné par le départ d’un de ses collègues, l’obligèrent, en 1618, d’abandonner momentanément ses recherches. Il reprit néanmoins ses travaux après une courte interruption, et les poussait avec