Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/50

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Cologne, 1696, imprimée chez F. Metternich. Il a paru un abrégé de cet ouvrage : Compendium Manualis Controversiarum hujus temporis, qui fut également réimprimé un nombre considérable de fois. Outre la théologie dogmatique et morale, Becanus s’occupa aussi d’études scripturistiques, et il nous a laissé l’Analogia veteris et novi Testamenti. La réputation de cet opuscule se soutient depuis trois siècles, et il est encore aujourd’hui classique dans un grand nombre de séminaires de France et de Belgique. L’édition la plus correcte et la plus complète est celle de Malines, 1831. Tous ces ouvrages reçurent l’approbation des docteurs catholiques, il n’y eut que son traité De Controversia Anglicana de potestate regis et pontificis, Mayence, 1612, qui fut condamné, à Rome, sous Paul V ; mais l’auteur se soumit et corrigea son travail dans l’édition de 1613.

Les biographes de Becanus nous le montrent simple, pieux, affable, éloquent, tout dévoué à ses élèves, préférant la science et le bien de l’Église à la gloire et au pouvoir de son ordre ; aussi mourut-il regretté de tous, même de beaucoup de protestants, en laissant un beau nom parmi ceux des théologiens les plus célèbres du xviie siècle.

Eugène Coemans.

Moréri, Dict. hist., t. II, p. 165. — De Feller, Biogr. univ., Paris, 1844, t. II, p. 171. (La date de sa naissance y est fausse). — Alegambe, Bibl. script. Soc. J., p. 325. — Paquot, Mémoires, t. VIII, pp. 343-369. — Aug. et Al. De Backer, Biblioth. des écrivains de la Comp. de Jésus, sér. I, pp. 56-60 ; sér. VII, pp. 74-78.

BECANUS (Guillaume), poëte, né à Ypres, au xviie siècle. Voir Vander Beke (Guillaume).

BECANUS (Jean), médecin, historien, linguiste, né à Hilvarenbeek (ancien Brabant) en 1518, mort en 1572. Voir Gorp (Jean Van).

BECANUS (Michel-Othon), né en Belgique vers 1550. Il entra dans l’ordre des Jésuites en Allemagne, exerça le saint ministère en Pologne et en Courlande et mourut à Varsovie en 1622. Il est l’auteur d’un ouvrage de polémique religieuse peu connu : Ein gesprach von Religion, zur Mittau, zwisschen M. O. Becano S. J. und Paula Odesbornio Superintendente in Curland, gehalten 1599, in Augusto. Wilda, 1605, in-4°. C’est une réfutation des principaux points de la doctrine de Luther.

Eugène Coemans.

De Backer, Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, t. III, p. 128.


BECK (Jean) baron de Beaufort et seigneur de Wydimb, homme de guerre, né en 1588 à Luxembourg, mort à Arras, le 30 août 1648. Son père, Paul Beck, était courrier du conseil de Luxembourg et se flattait d’avoir en lui un successeur. Son espérance fut trompée. La guerre avait dans ce temps-là dévoré tant d’hommes qu’on en était venu à enrôler des enfants. Son fils, séduit par de brillantes promesses, s’en alla à l’âge de treize ans combattre au siége d’Ostende. À son retour de l’armée, en 1610, il fit bien, pendant quelque temps, le métier de porteur de dépêches, mais il n’y prit point goût. Il accepta avec reconnaissance un emploi de quartier-maître dans le régiment de Sébastien Bauer de Hitzingen, et, déjà, en 1617, il passait avec le grade de capitaine au régiment Berlaymont. La vie de garnison ne lui allant pas, il demanda et obtint de faire la campagne du Palatinat sous les ordres du marquis de Spinola. L’Allemagne le retint. Nous le voyons figurer, sur une liste de 1627, comme lieutenant-colonel de l’armée impériale. Lors de la fameuse conspiration de Wallenstein, ce généralissime fit tout au monde pour le gagner à sa cause, et lui donna, malgré son refus, des témoignages de son estime. Les services rendus par Beck devant Ratisbonne et ailleurs lui valurent la propriété du régiment Aldringen, une seigneurie en Bohême et le grade de maréchal de camp avec le titre de baron du Saint-Empire. Après une rude campagne contre les Suédois, il fut envoyé, en 1637, au Luxembourg, qui était demeuré un fief impérial, avec la mission de mettre en état de défense les places du pays. Le 7 juin 1639, de concert avec le feld-maréchal Piccolomini, il sauva Thionville. Il battit à cette occasion l’armée française, et fit prisonnier le maréchal de Feuquière. La charge de sergent-ma-