Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/94

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frais de voyage de Bruges à Bruxelles et ses dépenses de séjour en cette ville, cent soixante-neuf livres de gros de Flandre ou deux mille vingt-huit livres parisis, somme très-considérable pour l’époque.

Edm. De Busscher.

Mêmes sources que pour Alexandre Bening.

BENING (Liévine) ou BENINC, miniaturiste à Bruges et à Londres, au xvie siècle. Liévine Bening était la fille aînée de Simon Bening ; elle fut instruite par son père dans l’art où elle excella et surpassa même son maître. Guichardin nous apprend que son talent était si remarquable, que le roi Henri VIII d’Angleterre, amateur passionné de la miniature, l’attira à sa cour, par des présents et des promesses ; déjà y brillait une autre miniaturiste flamande, Suzanne Hoorenbault, la fille du peintre gantois Gérard Hoorenbault. Plusieurs biographes disent que Liévine Bening, comme sa compatriote et son émule, s’allia à une noble famille anglaise ; cette assertion est erronée, elle n’eut point cette similitude avec Suzanne Hoorenbault. Avant son arrivée en Angleterre, elle avait épousé Georges Teerling (ou Teerlinc), originaire de Blankenberghe, village de la côte maritime de la Flandre, entre Ostende et l’Écluse. C’est sous le nom de Maistris Levyn Terling, paintrix, qu’elle fut, paraît-il, connue à la cour d’Angleterre, sous Henri VIII, sous Édouard VI et le protecteur Édouard Seymour, sous les reines Marie et Elisabeth. A la Saint-Jean 1547, elle recevait quarante livres de gages par an. En 1556 elle présenta à la reine Marie, au renouvellement de l’année, un petit tableau de la Sainte-Trinité ; en 1558, elle offrit à la reine Élisabeth le portrait de Sa Majesté, finement peint sur une carte, et en fut gratifiée d’un flacon de vermeil, du poids d’environ trois onces d’argent. Enfin, en 1561, elle remit à la reine, au nouvel an, une boîte ornée des portraits en miniature de la souveraine et de plusieurs illustres personnages de sa cour. Charmée de ce cadeau, qu’elle voulut personnellement conserver, Élisabeth fit don à excellente miniaturiste flamande d’une salière à couvercle en vermeil et pesant cinq onces et demie. Au dire de Guichardin, vers 1570, Liévine Bening (Teerling) était encore fort en faveur auprès de la reine d’Angleterre.

Georges Teerling et son épouse Liévine Bening comparurent, le 4 février 1545, par-devant les échevins de Bruges, pour clore les comptes de la succession de Georges Teerling le Vieux (registre du greffe civil de Bruges, 1544-1545), et c’est la dernière fois qu’il est trouvé trace d’eux dans les documents brugeois. Ils partirent ou repartirent bientôt après pour l’Angleterre. Le biographe Chrét. Kramm rapporte que Simon Bening et sa fille Liévine travaillèrent à Londres en 1530. Ce dut être momentanément, car le séjour habituel de Mre Simon Bening à Bruges est attesté par le payement de sa cotisation annuelle dans la corporation artistique, de 1519 à 1546, sans interruption. D’après Vasari, Guichardin et Sanderus, la miniaturiste Liévine Bening fut aussi connue en Angleterre sous la désignation de Liévine de Bruges, ou de Liévine, fille de Mre Simon de Bruges. Les dates de la naissance et de la mort de cette artiste, ainsi que la ville où elle est née et le lieu où elle est décédée, sont ignorés.

Edm. De Busscher.

Mêmes sources que pour Alexandre et Simon Bening.

BENNING (Charles), déclamateur et écrivain flamand, né à Bruges, mort le 12 avril 1847. Sous sa présidence la société dramatique de Bruges : Yver en Broedermin, acquit une grande renommée pour le jeu scénique et la pureté du langage. Convaincu que la langue nationale seule peut répandre la civilisation dans tous les rangs de la société, il ne négligea aucun moyen d’en favoriser l’étude et la culture. C’est par son intervention que des cantates en langue flamande furent exécutées lors de l’inauguration de la statue de Simon Stevin, langue dont le célèbre stratégiste s’était servi de son temps et dans laquelle il écrivit son traité sur le système décimal et ses autres ouvrages. Benning mourut à l’âge de quarante-deux ans.

Ph. Blommaert.

De Eendracht, 1847, p. 97.