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revint en 1763 à Louvain, pour y donner le cours de cette science, qui devint dès lors l’objet principal de ses études. Ses vastes connaissances lui avaient valu la haute estime de ses supérieurs et ceux-ci, voulant lui en donner un témoignage, le nommèrent historiographe de l’ordre et président du chapitre provincial qui fut tenu à Enghien. Instruit de son grand mérite, Gudwal Seiger, abbé de Saint-Pierre, à Gand, de l’ordre de Saint-Benoit, fit des instances pour qu’il vînt dans son abbaye, donner des leçons de théologie; on acquiesça à ce désir si flatteur pour l’ordre de Saint-Angustin et Bruyninck resta à Gand jusqu’à la fin de ses jours. Il y mourut frappé d’apoplexie, âgé seulement de quarante-six ans. Il avait composé plusieurs poëmes; on lui doit aussi un commentaire sur la Somme de saint Thomas, non moins volumineux que celui de Jourdain Preingué, son prédécesseur.

Aug Vander Meersch.

Goethals, Histoire des lettres t. I, p 407. — Piron, Levensbeschryvingen, byvoegsel.

BRUYNINCK (Laurent), docteur en médecine, l’un des chirurgiens le plus renommés du XVe siècle, mort à Bruxelles, le 2 mars 1498. Il était en haute considération auprès de Louis de Bourbon, prince évêque de Liége, et le fut également auprès de Charles le Téméraire qui, atteint d’une maladie mortelle, fut promptement guéri par lui, et lui accorda, comme témoignage de gratitude, le titre de conseiller. En 1491, Bruyninck obtint un canonicat à l’église de Sainte-Gudule à Bruxelles, plus tard à Saint-Servais à Maestricht et en dernier lieu à Saint-Pierre, à Louvain. Il décéda à Bruxelles et fut enterré dans l’église collégiale où l’on inscrivit l’épitaphe suivante sur sa tombe :

HIC JACET VENERABILIS MAGISTER

LAURENTIUS BRUYNINCK,
CANONICUS QUONDAM HUJUS VENERABlLIS
ECCLESIÆ ET FUNDATOR HUJUS ALTARIS

QUI OBIIT
1498, 2 MARTII.
Aug. Vander Meersch.

BRUYNS (Anne-Françoise DE), peintre de portrait, née en 1605. Elle était la nièce de Jacques Francquart, de Bruxelles, peintre, ingénieur, architecte, attaché au service de l’archiduc Albert. Élevée probablement auprès de son oncle, elle devint son élève. On ne sait en quel lieu elle naquit. Le Blanc la cite comme peintre et graveur, née en Flandre en 1605, femme d’Isaac Bullart, et comme ayant probablement gravé des portraits de l’Académie des sciences et des arts. M. Chr. Kramm infirme cette supposition, mais son argumentation ne repose que sur une base erronée. Nous allons tâcher d’apporter un peu de jour dans cette question fort intéressante en ce qu’elle se rattache à un ouvrage des plus rares et des plus curieux.

Anna de Bruyns naquit donc en Flandre, en 1605; elle dut être initiée fort jeune à l’art de la peinture, puisqu’elle fit le portrait de son oncle et maître, en 1622, c’est-à-dire, lorsqu’elle n’était âgée que de dix-sept ans. Elle était établie à Bruxelles, où, entre les années 1622 et 1629, elle épousa le chevalier Isaac Bullart, de Rotterdam, que Fiorillo, par erreur, désigne comme son fils. Ce chevalier était un homme considérable, savant, lettré. En 1629, il alla, avec sa femme, s’établir à Arras. Une inscription placée sous un portrait gravé d’Anna et que nous donnerons plus loin, énumère ses titres et ses qualités. Bullart écrivit le texte d’un ouvrage publié chez Foppens et intitulé : L’Académie des sciences et des arts, contenant les vies et les éloges historiques des hommes illustres depuis environ quatre siècles. Paris, 1682 : en deux tomes avec figures. Ce précieux ouvrage, devenu très-rare, contient deux cent quarante-cinq portraits d’hommes célèbres, portraits très-bien gravés; c’est de lui que parle Le Blanc lorsqu’il dit « qu’Anna de Bruyns a probablement gravé des portraits de l’académie des sciences et des arts. » Nous soulignons des parce que M. Kramm a traduit ce mot par les! ce qui est bien autre chose. Le biographe hollandais dit qu’il n’a vu nulle part qu’Anna de Bruyns ait gravé; que Le Blanc, après avoir dit qu’elle était née en 1605, rend un peu trop difficile à admettre qu’elle ait fait les gravures d’un ouvrage paru en 1682. A notre tour, reprenons les traces d’Anna de