Page:Bishop - En canot de papier de Québec au golfe du Mexique, traduction Hephell, Plon, 1879.djvu/110

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exprimant des sentiments d’admiration. Mon pauvre petit canot pouvait être fier d’être pareillement apprécié par une aussi aimable compagnie. Le propriétaire de l’embarcation fut très-touché des bontés de son hôte, et le bien-être du moment lui fit très-vite oublier les épreuves que le canotier avait subies en traversant la baie de New-York.

Le 27 octobre, à neuf heures du matin, je pris congé de M. Campbell. J’eus le courant pour moi jusqu’à la baie de Newark, puis contre moi, lorsqu’il commença à baisser en se retirant par la baie de Raritan. Les rives marécageuses des Kills sont submergées en diverses places par la marée haute, et la monotonie générale est seulement égayée par la vue de quelques fermes sur les hauteurs voisines. À une heure, mon canot doubla les collines sur lesquelles Berth-Amboy est percbé, avec ses agréables cottages, résidences de pêcheurs d’huîtres, dont les bateaux étaient mouillés devant la ville. Au-dessus de l’eau, on voyait de curieux abris construits avec des perches, destinés au refuge des bateaux en cas de mauvais temps.

L’entrée du Raritan est très-large, et son embouchure est traversée par un pont de chemin de fer. Suivre en canot le cours tortueux d’une rivière et faire seize milles contre une forte marée descendante, en traversant des marais remplis de roseaux, était dénué d’intérêt. J’arrivai à l’entrée du canal qui relie le Raritan et la Delaware. Comme à six heures du soir il fait déjà nuit dans cette saison de l’année, je remisai mon canot pour aller voir ensuite un vieil ami, M. George Gook, professeur