Page:Bishop - En canot de papier de Québec au golfe du Mexique, traduction Hephell, Plon, 1879.djvu/123

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contenait déjà la moitié de sa population d’aujourd’hui, avant que Philadelphie fût fondée, je traversai le fleuve pour rallier la rive du New-Jersey, et j’arrivai par des passages marécageux à la petite île de Pea-Peach, sur laquelle s’élève le mélancolique profil de port Delaware, ou le canal de la Chesapeake à la Delaware (quatorze milles) a une de ses extrémités, l’autre étant sur une rivière qui se jette dans la baie de la Chesapeake. Une ligne de bateaux à vapeur utilise le canal en faisant le service entre Philadelphie et Baltimore.

Après avoir traversé Salem-Cove et dépassé sa pointe sud, Elsinhorough, à cinq milles et demi au-dessous du fort Delaware, les marais inhospitaliers, devenant très-grands et tout à fait déserts, m’avertirent de chercher un gîte pour la nuit. À environ deux milles au-dessous d’Elsinborough, je trouvai de hauts roseaux, divisés par de petits ruisseaux, où je remisai mon canot, car, sur ces plages vaseuses, j’avais découvert une cabane de pêcheur abandonnée et sans porte, dans laquelle je transportai mes provisions et mes couvertures, après avoir abattu avec mon couteau de poche une ample quantité de roseaux secs pour en faire mon lit. Du bois flotté, qu’une marée secourable avait apporté près de là, me fournit le combustible pour faire le feu qui éclaira gaiement ce pauvre petit réduit. Ainsi, je fus logé confortablement jusqu’au matin, étant très-satisfait de l’étape que j’avais faite, en côtoyant les rives de trois États. Les décharges de fusils de chasseurs à la recherche d’oiseaux d’eau me réveillèrent avant l’aube, et j’eus tout le temps nécessaire pour préparer mon déjeuner, avant le lever