Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 5.djvu/139

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de ligne, c’est-à-dire à la caserne Finkmatt, située à l’extrémité d’une ligne de remparts le long de laquelle se trouvaient l’hôtel-de-ville, la préfecture, la division militaire, la subdivision, postes dont on devait s’emparer chemin faisant. Ainsi, l’on faisait tout dépendre d’une démarche hasardée avec des forces insuffisantes auprès d’un régiment dont on n’était pas sûr, et l’on renonçait à ce qu’il y aurait eu de décisif dans l’aspect des rues se remplissant de cavaliers et des places hérissées de canons !

Mais Louis Bonaparte avait confié son secret à des citoyens aimés du peuple, il comptait sur leur appui, il aurait voulu donner au mouvement une couleur démocratique, et il lui répugnait de prendre au début même de l’entreprise, une attitude de nature à porter ombrage à la liberté. Inspiration plus honorable que réfléchie ! car le mouvement devait commencer de grand matin, à une heure où il n’y avait pas lieu de compter sur l’affluence du peuple et son concours.

Le conseil s’étant séparé, la nuit fut employée à rassembler dans une maison voisine du quartier d’Austerlitz le reste des conjurés, à rédiger des proclamations, à régler les détails du plan convenu, à distribuer les rôles. Cependant, le 30 octobre, à cinq heures du matin, un signal redoutable a retenti. Au quartier d’Austerlitz, le colonel Vaudrey fait sonner l’assemblée. Le temps est triste. Les toits se couvrent de neige. Réveillés par les éclats de la trompette, les soldats se lèvent précipitamment, saisissent leurs armes, et,