Page:Blanqui - Cours d’économie industrielle 1837-1838.djvu/107

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unis un instant que par la force et dont l’un autrefois soumis à l’autre lui est aujourd’hui de beaucoup supérieur malgré l’exiguïté de son territoire, je comparerai la Belgique à l’Espagne, l’ancienne province à sa métropole. S’il était un pays en Europe où les machines n’aient point pénétré, l’Espagne pourrait certes revendiquer l’honneur de s’être conservée pure de tout contact avec ces inventions diaboliques, nulle part plus de précautions n’ont été prises pour s’opposer à leur adoption, nulle part l’industrie n’a été resserrée et étouffée dans des langes plus étroits, dans des règlements plus prohibitifs rien en quelque sorte ne pouvait entrer dans le pays ; rien non plus ne pouvait en sortir. La Belgique nous offre un spectacle tout-à-fait différent ; là, l’industrie a établi ses machines, elle les a perfectionnées, elle a donné du travail à tons ceux qui en manquaient ; là, au lieu de repousser les inventeurs, on les a protégés, on les a encouragés ; quand un homme de talent sans fortune a conçu une idée, il a pu trouver les moyens de la mettre à exécution car là, deux compagnies au capital de plus de 200 millions de francs ont réuni les petites épargnes pour les faire servir à entreprendre et à exécuter de grandes choses. Avec deux organisations si opposées, l’une qui proscrit l’industrie et les machines, l’autre qui n’existe que par les machines et l’industrie quel a été le sort des deux pays, dans quel état est la fortune publique, quelle est la position des hommes qui vivent du travail de leurs bras ? En Belgique : l’aisance, le bien-être, la tranquil-