Page:Block - Dictionnaire général de la politique, tome 2.djvu/108

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pape le désirait, ni la recevoir la butte, étant nulle, tomba d’elle-même, de sorte que sans avoir fait ombre de satisfaction ni reçu l’absotntion,

!e Sénat fut reconnn néanmoins pour 

catholique et compté au nombre des enfants de l’Église ; cet accord eut lieu aux applaudissements de l’Église universelle. (P~. du e<e~ p. 1, Mv.-tV, chap. xjt.)

L’article t" de la Convention du 28 messidor an !X, en défendant qu’aucune bulle, bref, etc, puisse être reçu ou publié en France sans l’autorisation du gouvernement, ne permet plus au saint-siége de prononcer l’interdit d’autre part, et en ce qui concerne les évêques, il ressort de la jurisprudence du conseil d’État que tout refus de sacrement à une personne qui n’a pas notoirement renoncé au culte ou qui n’en est pas exclue, est considéré comme abus. B. CHAUVY.

INTERETS. Te ?. Crédit, Uanre.

mTERÊTS MORAUX ET MATERIELS.

L’homme ne saurait se passer de pain, et l’expression de ce besoin quotidien fait partie de la courte oraison que le Christ a lui-même enseignée à ses adeptes mais il est éga)ement incontestable que l’homme ne vit pas seulement de pain. Composé de deux éléments, âme et corps, intelligence et matière, la duaiité de sa nature entralne une dnaiité de désirs, d’appétits, les uns se rapportant à l’âme, les autres au corps de !à aussi cette dualité d’intérêts que l’on a qualifiés, tes uns de moraux, les antres de moMrte~ les premiers tendant à la satisfaction de plus en plus complet" de certains besoins spirituels, les seconds à l’obtention de la plus grande somme possible de bienêtre physique.

Cn comprend aujourd’hui sous le nom d’intérêts moraux les avantages pratiques qui résultent du progrès d’une saine éducation publique et de l’avancement des sciences philosophiques et morales’ ; et sous le nom d’intérêts matériels, les développements que reçoit l’industrie humaine, les conquêtes que lui fait TéaUser nécessairement le progrès des sciences naturelles et physiques. Ces deux sortes d’intérêts sont donc, en dernière analyse, les deux termes de la grande synthèse que désigne le mot de civilisation. Aussi a-t-on dit en ce même sens que les deux grands moyens d’avancer la civilisation, sont de propager la morale et l’industrie, afin de rendre tes mœurs plus bienveillantes et l’aisance plus générale ; et l’on a dénnita civilisation morale, l’ensemble des croyances, des lois, des mœurs, des vertus d’un peuple, c’est-à-dire le but même de la durée des nations, et la civilisation matérielle, le développement progressif des métiers et des arts purement manuels, ou de l’industrié. »

Bossnet, parlant des Égyptiens, ces premiers-nés de la civilisation, nous dit qu’ils 1. Les questions de dignité personnelle, d’honneur Battent ! doivent évidemment être nm~te* an nombre des intMta moraux.

ont connu d’abord la vraie fin de la politique i qui est de rendre la vie commode et ~MpeMp~et teMfCM.t ;. ·

On n’ose pins dire aujourd’hui avec J. -J. Rousseau que tout est bien, sortant des mains du Créateur, que tout dégénère entre les mains de l’homme on n’ose plus soutenir avec lui que l’homme recule nécessairement, au point de vue moral, chaque fois qu’il fait un pas en avant ~ans les voies de la civilisation matérieHe. On ne nuus renvoie plus à la vie sauvage, comme à un idéal de bonheur dont nous nous serions de plus en plus écartés, et cet âge d’or que les poëtes nous montraient dans le passé, au début de l’existence de l’humanité, on !e voit désormais dans l’avenir, comme but et récompense de ses efforts séculaires. C’est qu’en effet les intérêts moraux et les intérêts matériels ne sout ni contraires entre eux, ni même essentiellement distincts. H n’est pas vrai que la vie commode, comme parle Bossuet, ou ie bonheur, et la moralité des peuples s’excluent l’un l’autre, que ie bienêtre matériel ne se développe qu’aux dépens de la moralité publique. U n’est pas vrai de dire que tes hommes se corrompent moralement à mesure que leur condition s’améliore matériellement, et que leur civilisation, si brillante à la surface, ne soit au fond qu’une pourriture. C’est ce qu’un économiste très-distingué, M. de Molinari, a déjà démontré d’une manière péremptoire.

En premier lieu, dit-il, l’histoire de la civilisation atteste que les branches des connaissances humaines qui concourent à la moralisation de l’espèce, ne se développent pas d’un jet moins rapide que celles qui tendent à augmenter son bien-être matériel. La religion, par exemple, n’a cessé, dans ie cours des siècles, de se perfectionner, de s’épurer et d’exercer, par là même, une action plus efficace sur le moral de 1 homme. Combien, sous ce rapport, le christianisme n’est-il pas supérieur au paganisme 1 Et dans le christianisme même ne peuton pas aisément apercevoir un progrès ? La religion chrétienne n’est-elle par aujourd’hui un instrument de moralisation plus parfait qu’elle ne t’était au temps des saint Dominique et des Torqnemada ?

a Les sciences philosophiques, et spécialement l’économie politique, n’agissent-elles pas aussi plus efEcacement chaque jour, pour moraliser les hommes, en leur démontrant avec une ctarté de pius en plus vive que l’observation des lois morales est une condition essentielle de leur bien-être ?

En second lieu, le progrès matérieh en luimême, loin de faire obstacle au développement moral de l’espèce humaine, ne doit-il pas contribuer au contraire à le hâter ? En rendant le travail de l’homme plus fécond, son existence plus facile, ne doit-il pas diminuer l’intensité et la fréquence des tentations qui )e poussent à violer les lois morales pour satisfaire ses appétits matériels ? L’expérience connrme d’ailleurs ces inductions, tirées de l’observation de notre nature. Les tables de la crimin&Ut6 at-