Page:Bloy - Histoires désobligeantes.djvu/174

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où tous les hommes sont sur le trottoir, à peu près sans exception, le putanat de ce gentilhomme et ses concomitantes aptitudes financières n’ont rien d’inouï. Les deux choses vont si bien ensemble.

J’ai beaucoup mieux à vous offrir, et c’est une horreur difficilement imaginable que je vous ai promise, n’est-ce pas ? Si votre soif d’une expiation ne s’apaise pas après mon récit, c’est que rien ne serait capable de l’apaiser.

Et d’abord, savez-vous seulement ce qu’il y avait à expier ? Non. Vous pensez, comme le premier venu, à l’existence plus ou moins odieuse d’un vampire exclusivement occupé de ses turpitudes, perdant près d’un siècle au travers duquel il coula tel qu’un ruisseau de putréfaction, et n’ayant jamais regardé le visage de ceux qui peinent et qui souffrent. Point de vue banal comme un prône, mon digne monsieur. Il s’agit de quelque chose de bien autrement superfin.

Vous me faites, sans doute, l’honneur de croire que je me fous du secret professionnel, comme doit faire toute sage-femme, — de première classe, bien entendu. Nous laissons cela aux médecins qui n’ont pas d’autre moyen d’éviter le bagne, la plupart du temps.

Eh ! bien, j’ai eu pour client le bel Hector qui fut marié deux fois et qui tua au moins l’une de ses deux femmes, sans avoir besoin que je l’aidasse dans cette