Page:Bloy - Histoires désobligeantes.djvu/308

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quelque tison mal éteint sur lequel soufflerait la bise.

— Où sont mes Borborygmes ? hurla-t-il.

Tante Plectrude, informée du micmac, essaya de détourner le cyclone sur Justinien. Mais celui-ci ayant juré, par sa croix et par ses bottes, qu’on le soupçonnait injustement, la véracité de ce gendarme ne put être mise en doute.

Orthodoxie, à son tour, comblée d’effroi, chargea si obstinément ses frères Athanase, Héliodore et Démétrius, qui ne savaient même pas de quoi il retournait, que le discernant patriarche démêla sans peine leur innocence.

Le cas était grave, et le châtiment fut proportionné au délit. Il fallut restituer les précieux bouquins, qui prirent incontinent la même route que leurs devanciers, et ce fut l’oncle trois fois odieux qui en profita presque seul, cette littérature agissant sur lui avec tant de force qu’il n’émergeait plus de son antre qu’aux heures des repas.

Orthodoxie, dont la douleur fut déchirante, parvint cependant à se consoler. Elle a même fini par comprendre que tel est le jugement dernier de tous les papiers humains, que les lectures se font généralement ainsi dans les familles où la raison prédomine, et que de tangibles félicités sont plus estimables que les décevantes élucubrations de quelques rêveurs…

Mais, que dis-je ? n’avait-elle pas surtout découvert, en cette occasion, la profonde vérité de l’axiome