Page:Bloy - Histoires désobligeantes.djvu/96

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.




Une chose grave, pourtant, les divisait, Cléopâtre voulait qu’on se mariât, n’importe à quel autel.

— Tant qu’on ne vit pas de la « double vie » disait-elle, on ne vit pas en réalité. Physiquement, une femme sans mari ne respire que par en haut

Avec une grande patience et une hauteur de vues difficilement égalable, elle développait à ses insulaires ce considérable axiome.

Pénélope déclarait, au contraire, que le mariage est un état d’ignominie et que la prétendue nécessité de coucher avec un homme est une insoutenable abomination.

Ces deux vierges indécrottables se querellèrent donc fréquemment à ce sujet. Mais la victoire demeurait toujours à la dévorante Cléopâtre qui broyait, en se jouant, les objections de son adversaire.

Elle ne lui concédait qu’un seul point : l’évidente infériorité des hommes, et cela faisait tant de plaisir à Miss Magpie que la discussion finissait.

Tant bien que mal il demeurait acquis à jamais que l’union des sexes est une loi physiologique et que la trop légitime horreur des femmes distinguées pour ce hideux accouplement n’est insurmontable qu’en apparence.

— La littérature manque de femmes, concluait