Page:Bloy - La femme pauvre.djvu/287

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à lui, n’exprimait pas bien sa catastrophe. Il avait été pris à la gorge par Quelqu’un de plus fort que lui, emporté dans une maison de feu. On lui avait arraché l’âme et broyé les os ; on l’avait écorché, trépané, brûlé on avait fait de lui un mastic, une espèce de chose argileuse qu’un Ouvrier, doux comme la lumière, avait repétrie. Ensuite on l’avait jeté, la tête en avant, dans un vieux confessionnal dont les planches avaient craqué sous son poids. Et tout cela s’était accompli dans un même instant.

« … Des Splendeurs inconnues, la lumière des Yeux de Jésus, des Voix prodigieuse, des Harmonies qui n’ont pas de nom !… » a dit Rusbrock l’Admirable.

La littérature et l’art n’avaient été pour rien dans cette escalade. Ah ! non, par exemple. Léopold n’était pas de l’école des Rares qui découvrent tout à coup le catholicisme dans un vitrail ou dans un neume du plain-chant, et qui vont, comme Folantin, se « documenter » à la Trappe sur l’esthétique de la prière et le galbe du renoncement. Il ne disait pas, à l’instar de cet imbécile, qu’un service funèbre a plus de grandeur qu’une messe nuptiale, persuadé, jusqu’au plus intime de sa raison, que toutes les formes de la Liturgie sont également saintes et redoutables. Il ne pensait pas non plus qu’une architecture spéciale fût indispensable aux élans de la dévotion et ne songeait pas, une minute, à se demander s’il était sous un plein cintre ou sous un tiers-point, quand il s’agenouillait devant un autel.

Il croyait même, avec Marchenoir, que l’Art n’avait pas