Page:Bloy - Le Salut par les juifs, 1906.djvu/60

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prière insensée de Jésus, ivre de tourments sur sa Croix folle, n’intervenait pas.

Ils ont détesté le Pauvre, d’une détestation infinie. Ils l’ont tellement détesté, que pour l’outrager et le torturer à leur convenance, il a fallu qu’ils rassemblassent de partout et qu’ils appelassent à leur secours l’énergie de feu souterrain des ressentiments héréditaires contre un Sabaoth qui châtiait si terriblement, autrefois, leurs transgressions.

Il a fallu qu’avec la patience de plusieurs millions de fourmis qui s’acharneraient à construire une montagne, ils accumulassent, à l’avance, pendant des générations, contre l’Homme Unique et volontairement désarmé, les plus féroces témoignages du Livre implacable où l’Esprit du Dieu d’Israël avait écrit sa colère.

Retournant contre lui l’excessive menace de leurs vieux textes, ils semblaient lui dire : « Ton Père nous a battus de verges, mais-nous allons te flageller avec des scorpions[1] ». « Nous froisserons ta chair avec les épines et les chardons du désert[2] », etc.

  1. Rois, Livre III, chap. 12.
  2. Juges, chap. 8.