Page:Bloy - Le Sang du pauvre, Stock, 1932.djvu/35

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


mières, jusqu’à ce que la Manche soit réunie à la Méditerranée. » De toute la France orientale il ne restera plus que des lambeaux alpestres ou jurassiques. Le Rhône aura son embouchure dans le département de l’Ain et c’est à Cologne ou Mayence que le Rhin se précipitera dans… l’Atlantique, Plus de Seine, plus de Loire, plus de Garonne. Un gouffre de mer séparera des Pyrénées quelques débris de la France occidentale. Notre Bretagne, toujours indomptée, sera une île et, de l’orgueilleux royaume britannique, submergé comme une Atlantide, subsistera seulement l’Écosse et de misérables rochers d’Irlande.

L’Italie privée de la Lombardie, de la Sicile et des deux tiers de son littoral, ressemblera à la grande arête de quelque horrible poisson dévoré. En haut, l’Islande intacte et saturnienne dans son désert de glaces démesurément agrandi ; la Baltique multipliée par trente Baltiques, désormais navigable au-dessus des plaines de la colossale Russie ; enfin la presqu’île Scandinave, irrévocablement détachée du continent asiatique, et soudée au continent