Page:Bloy - Les Dernières Colonnes de l’Église, Mercure de France, 1903.djvu/80

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« Le dynamomètre de son esprit, c’est la locution adverbiale. Le simple adverbe serait encore trop précis, trop mâle, trop dogmatique et trop tranchant pour un appareil cérébral incapable de fonctionner autrement que dans un mode subjonctif et satellitaire. La pensée de cet homme a l’évolution triste et lointaine de la planète des calamités.

« L’adverbe, selon la grammaire, est un mot invariable qui modifie le verbe, l’adjectif ou un autre adverbe par une idée de lieu, de temps, de circonstance, etc. Ce dangereux subalterne est le chien du troupeau des phrases. Quand il commande, c’est pour dévorer.

« Le même adverbe, selon la littérature saturnienne, est un vocable de crépuscule qui se charge d’inféconder l’Affirmation, d’estomper à la plombagine les contours de la Parole et de favoriser d’un brouillard les monstrueux accouplements de l’Antinomie. C’est le bienfaiteur du Néant.

« C’est pourquoi Huysmans idolâtre si jalousement jusqu’au simulacre de l’Adverbe qu’il