Page:Boissy-Oeuvres de Théâtre de M. Boissy. Vol.2-1773.djvu/173

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CHAMPAGNE.

Dans la Forêt voisine. Avant que de paroître,
Il détache les siens en chef judicieux.
Je suis venu pour lui reconnoître les lieux.
Pour tromper les regards, j’ai pris cet équipage.


LISETTE.

Tu t’acquittes fort bien d’un pareil personnage.


CHAMPAGNE.

Mais je n’y suis pas neuf, & j’ai servi deux ans
Un Libraire, chez qui j’ai poli mes talens.
Ils ont avec succès paru même au spectacle,
Où j’ai crié souvent Zaïre, Inés, l’Oracle.
Mon Capitaine après a broché sur le tout ;
Il fait des vers lui-même, & m’a formé le goût.
De son bonheur présent je cours vîte l’instruire.


LISETTE.

Attends : mon embarras est comment l’introduire.
J’y voudrois réussir sans que l’on en sût rien.
Tout bien examiné, je n’y vois qu’un moyen.
Il a beaucoup d’esprit, & je suis informée
Qu’il sait infiniment pour un homme d’Armée.


CHAMPAGNE.

Il est riche en mérite, en science, en talent ;
Bref, nous avons de tout, excepté de l’argent.


LISETTE.

Je vais dire à Madame, elle y sera trompée,
Qu’il est un Médecin de Paris.


CHAMPAGNE.

Qu’il est un Médecin de Paris.Et d’épée.


LISETTE.

Ils peuvent la porter en Campagne.


CHAMPAGNE.

Ils peuvent la porter en campagne.À la Cour,
À la Ville, plus d’un l’arbore chaque jour.
Il est même par là digne qu’on le préfère.
On meurt avec honneur des mains d’un Militaire.