Page:Boissy-Oeuvres de Théâtre de M. Boissy. Vol.2-1773.djvu/210

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Et les Vers que je fais sont tous estropiés ;
L’un est court d’une jambe, & l’autre a quinze pieds.
Telle est la cruauté de ma barbare Étoile,
Aux yeux de tous encore il faut que je la voile.
Je ne puis dans ma peine avoir un confident,
Et je suis obligé de m’enterrer vivant,
Dans la peur que quelqu’un ne pénetre ma honte.
Un mal si ridicule, & qu’aucun frein ne dompte,
Me peint tous les objets des plus noires couleurs.
Il me plonge aujourd’hui dans de telles fureurs,
Que je suis sur le point de me battre moi-même,
Et malheur mille fois, dans mon dépit extrême,
Malheur aux importuns qui se présenteront !

(Il se lève en fureur.)

CHAMPAGNE.

Ce ne sera pas moi : des sots s’y frotteront.


MONTVAL, l’arrêtant.

Demeures. Ce n’est-là qu’un transport poétique.


CHAMPAGNE.

On ne badine pas avec un frénétique.


MONTVAL.

Le voilà qui se calme.

(Le baron se remet sur son siège et rêve de nouveau.)

CHAMPAGNE.

Le voilà qui se calme.Ah ! je tremble toujours ;
Lisette heureusement vient à notre secours.