Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P1 - A-G.djvu/117

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


sept., sur le golfe d’Ambracie, fut fondée par Amphiloque, fils d’Amphiaraüs.

ARGOS HIPPIUM, v. d’Apulie. V. ARPI.

ARGOSTOLI, ch.-l. de l’île Céphalonie, avec un port ; 5000 h. Évêché. Bon vin muscat.

ARGOVIE, Aargau, un des cantons de la Suisse, entre ceux de Zurich, Zug, Lucerne, Soleure, Berne et Bâle ; 53 k. sur 35 ; 199 850 h., tous Allemands, dont 107 000 Protestants et 1600 Juifs ; ch.-l. Aarau. Des chaînons du Jura en occupent la partie N. O. II est arrosé par l’Aar, la Reuss, la Limmat. Vins, céréales ; soieries et étoffes de coton. — L’Argovie n’a le titre de canton que depuis 1798 : jusque-là, ce pays était en partie sujet de Berne, en partie des 8 anc. cantons. La Basse-Argovie, avec le comté de Baden, le Kellerampt et le Frickthal, a formé le canton actuel. La constitution qui le régit date de 1831.

ARGUEIL, ch.-l. de cant. (Seine-Inf.), à 25 kil. S. de Neuchatel, près de la r. g. de l’Andelle ; 408 h.

ARGUELLES (Augustin), orateur espagnol, né en 1776 à Ribadesella (Asturies), d’une famille noble, mais pauvre, mort en 1844, avait rempli avec succès diverses missions en Portugal et en Angleterre lorsque commença le soulèvement de l’Espagne contre les Français. Réfugié à Cadix avec les autorités supérieures, il contribua à y organiser une représentation nationale, fut élu député des Asturies et membre du comité chargé de rédiger une constitution, fit, à ce sujet, en 1810, le rapport d’où sortit la célèbre constitution de 1812 ; fut proscrit comme libéral en 1814 et condamné par le roi Ferdinand à 10 ans de galères au préside de Ceuta ; ne recouvra la liberté qu’à la révolution de 1820, et fut alors nommé ministre de l’intérieur, puis président des Cortès. Il déploya au pouvoir autant de modération que de désintéressement, mais n’en fut pas moins forcé de s’exiler lors de la réaction de 1823, et ne put revoir sa patrie qu’en 1834. Nommé en 1840 tuteur de la reine, il conserva ces hautes fonctions jusqu’à la majorité de la princesse : il se montra constamment l’adversaire de la reine mère Christine. Tout le monde rendait hommage à sa probité et à sa capacité. Son éloquence l’avait fait surnommer, avec quelque exagération, le divin.

ARGUIN (île d’), dans l’Océan Atlantique, par 18° 67’ long. O., 20° 37’ lat. N., au S. E. du cap Blanc ; 6 k. de tour. Abord dangereux : récifs sur lesquels périt la Méduse en 1816. L’île est habitée par des Musulmans. — On y a placé l’anc. Cerné. Elle fut découverte par les Portugais en 1452.

ARGUS, descendant d’Inachus et 4e roi d’Argos, 1866-1846 av. J.-C., succéda au roi Apis, massacré par les Telchines de Sicyone, et vengea sa mort. Il eut pour femme Évadné, et fut père de Criasus et de Phorbas qui régnèrent après lui.

ARGUS, surnommé Panoptès (c.-à-d. qui voit tout), prince argien, petit-fils du préc., avait, suivant la Fable, cent yeux, dont cinquante étaient ouverts, pendant que le sommeil fermait les cinquante autres. Junon lui confia la garde d’Io, qu’elle venait de changer en vache ; mais Mercure endormit le gardien au son de sa flûte, et lui coupa la tête. Junon transporta les yeux d’Argus sur la queue du paon, ou le métamorphosa en cet oiseau. La fable d’Argus peut être un symbole de la vigilance.

ARGYLE, comté d’Écosse, entre ceux d’Inverness, Perth, Dumbarton, la baie de la Clyde, la mer d’Irlande et l’Atlantique ; 101 400 h. ; ch.-l. Inverary. Ce comté est en grande partie composé d’îles (Islay, Mull, Coll, Jura, Colonsay, Icolmkill, etc.) Plomb, cuivre, fer, beau marbre, houille, ardoises.

ARGYLE (Archibald, comte d’), seigneur écossais de la famille des Campbell, était ami de Cromwell et, comme lui, de la secte des Indépendants. Il prit part à la condamnation de Charles I, et fut décapité après la Restauration, en 1661. — Son fils, Archibald II, conspira, avec les Covenantaires, contre Jacques II, dans la 1re année de son règne, se réfugia dans la Frise, d’où il tenta sans succès une invasion en Écosse, fut pris à Dumbarton et exécuté en 1685. — Le fils de celui-ci fut fait duc après la révolution de 1688, combattit les Jacobites, se distingua en Flandre sous Marlborough, et fut gouverneur de Minorque et de Gibraltar.

ARGYRASPIDES, c.-à-d. boucliers d’argent, corps de fantassins d’élite, chargés de la garde d’Alexandre le Grand. Après la mort du conquérant, il s’attachèrent à sa famille et à Eumène qui la défendait ; cependant ils abandonnèrent ce général en 315 av. J.-C. et le livrèrent à Antigone. Celui-ci les dispersa dans la Haute-Asie.

ARGYRIPPE, v. d’Apulie. V. ARPI.

ARGYROPULO (Jean), savant grec, né à Constantinople, vint dès 1434 à Padoue, et y professa la philosophie, fut appelé en 1456 à Florence par Côme de Médicis, enseigna le grec au fils et au neveu de ce seigneur, ainsi qu’au célèbre Politien, se rendit à Rome en 1480, et y professa la philosophie d’Aristote. Il a laissé des traductions latines de la Physique, de la Morale et de plusieurs autres ouvrages de ce philosophe, publ. à Rome, 1652, in-fol.

ARIANE, Ariadne, fille de Minos et de Pasiphaé, conçut de l’amour pour Thésée qui était venu en Crète pour combattre le Minotaure, et le tira du labyrinthe, en lui donnant un peloton de fil qui lui permit de retrouver son chemin. Thésée, en sortant de Crète, l’emmena avec lui ; mais il l’abandonna bientôt dans l’île de Naxos. Bacchus eut pitié d’elle, l’épousa, et lui fit don d’une couronne de diamants qui, à sa mort, fut changée en constellation. L’aventure d’Ariane a été chantée par Ovide et par Catulle (Noces de Thétis et Pélée) et mise sur la scène par Th. Corneille.

ARIANE, princesse grecque, fille de Léon I, épousa Zénon, qui monta sur le trône en 474. Dégoûtée des excès et des cruautés de son époux, elle le fit, dit-on, enterrer pendant qu’il était ivre, et épousa Anastase qu’elle plaça sur le trône. Elle mourut en 515.

ARIANE, contrée de l’Asie. V. ASIE.

ARIANISME, hérésie d’Arius. V. ARIUS.

ARIANO, Equotuticus? v. du roy. de Naples (Principauté ultérieure), ch.-l. de district, à 32 k. N. E. d’Avellino ; 12 000 h. Évêché.

ARIARATHE. Ce nom fut porté par 10 princes qui régnèrent en Cappadoce de l’an 370 à l’an 92 av. J.-C., et dont les règnes n’offrent guère qu’une suite de crimes et d’assassinats. Les derniers s’allièrent avec les Romains, qui finirent par réduire leurs États en province romaine. V. CAPPADOCE.

ARIAS (le P.), écrivain ascétique, né à Séville en 1533, mort en 1605, enseigna la théologie, puis se consacra au service des prisonniers. On a de lui des OEuvres spirituelles, estimées de S. François de Sales et trad. par le P. Belon, Lyon, 1740.

ARIAS MONTANUS, né en 1527 près de Séville, mort en 1598, possédait les langues grecque, latine et orientales. Il parut avec distinction au concile de Trente, puis alla s’enfermer dans le cloître d’Aracena en Andalousie. Philippe II l’en tira, et le chargea d’une édition de la Bible polyglotte, qui fut imprimée à Anvers, 1569-72, 8 vol. in-fol., augmentée de Paraphrases chaldaïques, et de 9 livres d’Antiquités juives. Il refusa un évêché, et se contenta du titre de chapelain du roi.

ARIBERT ou CARIBERT II, fils de Clotaire II, et frère de Dagobert I, eut le roy. d’Aquitaine, et se fit couronner à Toulouse en 628, mais mourut en 630, ne laissant qu’un fils, qui le suivit bientôt.

ARIBERT I, roi des Lombards, succéda en 653 à Rodoald, abolit l’Arianisme, 660, et mourut en 661, après avoir partagé son roy. entre ses deux fils Pertharite et Gondebert. — ARIBERT II, roi des Lombards en 701, était fils de Ragimbert, duc de Turin, qui avait usurpé la couronne. Il mit à mort Luitpert, que son père avait dépouillé, et Rotharis, son allié, et fut détrôné par Ansprand en 712.