Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P1 - A-G.djvu/152

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il fut élevé au consulat par Valérien (258) et parvint à l'empire en 270, après la mort de Claude II, qui l'avait désigné. Il défit les Goths, les Sarmates, les Marcomans et les Vandales, vainquit la célèbre Zénobie, reine de Palmyre (273), ainsi que l'usurpateur Tetricus, qui depuis plusieurs années était maître des Gaules (274), et reçut à son retour un triomphe magnifique. Resté tranquille possesseur de l'empire, il embellit Rome, réduisit les impôts, fit d'utiles réformes et de sages lois somptuaires. Il marchait contre les Perses lorsque Mnesthée, l'un de ses affranchis, le fit assassiner en 275, pour échapper à une peine qu'il avait encourue. On a reproché à ce prince trop de sévérité : sur la fin de son règne, il persécuta cruellement les Chrétiens. Vopiscus a écrit sa Vie.

AURELIUS VICTOR (Sextus), historien latin du IVe siècle, né en Afrique, vivait sous Julien et ses successeurs. Il fut gouverneur de la Pannonie, préfet de Rome et consul en 369. On a sous son nom : Origo gentis romanæ, attribué par quelques-uns à Asconius Pedianus; De viris illustribus urbis Romæ, attribué aussi à Pline le Jeune, à Cornélius Népos, à Æmilius Probus; De Cæsaribus (d'Auguste à Julien) : c'est le plus authentique de ses écrits; De vita et moribus imperatorum, abrégé du précédent. Ces ouvrages ont été publiés à Paris, 1681, cum notis variorum; à Amsterdam, 1733, par Arntzenius. Ils ont été trad. par M. Dubois dans la collection Panckoucke; le De viris avait été traduit séparément par Savin dès 1776.

AURENG-ABAD, c.-à-d. Ville du Trône, v. de l'Inde, ch.-l. de la prov. de son nom et jadis de tout le Decan, à 290 kil. E. N. E. de Bombay, par 13° 13' long. E., 19° 54' lat. N.; env. 60 000 h. Grande, mais à moitié ruinée et déserte. Grand bazar de plus de 2 kil. de long. — C'était jadis un simple village, dit Gourkah; la ville fut créée en quelque sorte par Aureng-Zeyb, qui l'orna de plusieurs monuments, lui donna son nom et y mourut (1707) — La province d'Aureng-Abad, est bornée par les prov. de Kandeych, Goudjerate, Berar, Bedjapour, Beyder, Haïder-Abad : et compte env. 6 000 000 d'hab., presque tous Mahrattes. Elle est traversée par la chaîne des Ghattes et par la riv. Godavéry. Longtemps partagée entre les États du Nizam et la présidence de Bombay, cette prov. appartient tout entière auj. aux Anglais.

AURENG-ZEYB, un des plus grands empereurs du Mogol, né en 1619, mort en 1707, descendait d'Akbar. Il usurpa le trône en emprisonnant son père et faisant périr ses deux frères, et se fit couronner à Delhy en 1659. Il gouverna avec une grande sagesse, et agrandit beaucoup ses États par les conquêtes qu'il fit du Thibet, du Decan et des riches roy. de Golconde et de Visapour. Il eut de longues guerres avec les Mahrattes, dont il triompha. Ce prince unissait à de grands talents politiques et militaires une profonde hypocrisie et un caractère sanguinaire : il mit à mort plusieurs de ses enfants qui s'étaient révoltés contre lui. Néanmoins, il établit dans son vaste empire une sage administration, assura à ses sujets une exacte justice, sévit contre la corruption, et fit fleurir le commerce et l'agriculture. Il fonda la ville d'Aureng-Abad.

AUREOLUS (Manius Acilius), général romain, né en Dacie, servit d'abord sous les empereurs Valérien et Gallien, prit la pourpre en 267, fut battu par Gallien, ensuite par Claude II, et périt dans une bataille sous les murs de Milan (268).

AURÈS (mont), Aurasius mons, chaîne de mont. de l'Algérie (Constantine), se détache du grand Atlas à 150 kil. S. de Constantine dans le pays de Zab, et se prolonge à l'E. dans l'État de Tunis.

AURICH, v. du Hanovre, ch.-l. de la prov. de son nom (l'anc. Ostfrise), à 200 kil. N. O. de Hanovre; 4510 hab. Siège de l'assemblée des États. Cour d'appel, gymnase. — La prov. qui s'étend sur la mer du Nord, compte 168 000 hab.

AURIGERA, riv. de la Gaule, auj. l’Ariége.

AURIGNAC, ch.-l. de cant. (H.-Garonne), à 20 kil. N. E. de St-Gaudens; 1197 hab. Cuirs, laines.

AURIGNY, Riduna en latin, l’Alderne des Anglais, îlot de la Manche, vis-à-vis du cap de la Hogue, à 10 kil. O. des côtes de la France (Manche), a 16 kil de tour; il appartient aux Anglais, et relève de Jersey; 3000 hab. Ch.-l. Ste-Anne-d'Aurigny, petite place de guerre très-fortifiée qui a 200 maisons.

AURILLAC, Aureliacum, ch.-l. du dép. du Cantal, sur la Jordanne, à 555 kil. S. S. E. de Paris, 574 par chemin de fer; 8667 hab. Trib. de 1re instance et de commerce. Rues mal percées, mais propres; et nettoyées par des eaux courantes. Chaudronnerie, orfévrerie, tanneries, dentelles. Patrie du pape Sylvestre II (Gerbert) à qui une statue a été élevée en 1851; de Piganiol de La Force, de Carrier. —— La ville se forma aux VIIIe et IXe siècles autour d'un monastère fondé par S. Géraud.

AURIOL, Auriolum, bourg des Bouch.-du-Rhône, à 27 kil. E. N. E. de Marseille, cant. de Roquevaire; 2700 hab. Exploit. de houille et d'albâtre; fabriq. de carreaux à paver. Ruines d'un château du XIe siècle.

AURON, nom de 2 petites riv. du dép, du Cher, qui se jettent toutes deux dans le Cher, l'une par la r. g., l'autre par la r. dr., à Bourges.

AURORE, divinité chargée d'ouvrir au char du Soleil les portes du ciel, était fille du Titan Hypérion et de la Terre. Éprise d'un jeune mortel, le beau Tithon, elle l'enleva au ciel et l'épousa. Elle aima aussi Céphale et Orion. On la représente couverte d'un voile et assise dans un char de vermeil que traînent quatre chevaux blancs. Les poëtes lui donnent des doigts de rose; ses larmes forment la rosée.

AUROS, ch.-l. de cant. (Gironde), à 8 kil. N. E. de Bazas; 233 hab. Ancien château seigneurial qui appartenait à la maison de Foix.

AURUNCI, peuple d'Italie, le même que les Ausones.

AUSCI, peuple de l'Aquitaine (Novempopulanie), habitait au S. des Élusates (dans le dép. du Gers), et avait pour ch.-l. Ausci ou Elimberis, auj. Auch.

AUSETANI, peuple de la Tarraconaise, à l'E. des Ilergètes, avait pour capit. Ausa, auj. Vic d'Osona.

AUSONE, Decimus Magnus Ausonius, poëte latin, né en 309 à Burdigala (Bordeaux), mort vers 394, était fils d'un sénateur. Il professa la rhétorique dans sa ville natale, fut chargé de l'éducation du jeune Gratien, depuis empereur, et fut élevé aux plus hautes dignités : après avec été questeur, gouverneur de l'Italie, de l'Afrique et des Gaules, consul (379), et enfin proconsul d'Asie, il se retira dans une terre près de sa ville natale : c'est là qu'il composa la plupart de ses ouvrages. On a de lui des épigrammes, des idylles, des églogues et des épîtres. Ses morceaux les plus estimés sont les Parentales, les Roses, la Moselle et le Crucifiement de l'Amour. On trouve dans ses poésies assez d'élégance, et d'esprit, mais de l'affectation, de la monotonie et bien des puérilités. Ses œuvres ont été publiées à Bordeaux, 1580, avec les notes de Vinet; à Paris, cum notis variorum, 1730, par l'abbé Souchay; et dans les Poetæ latini minores de Wernsdorff. Elles ont été traduites en français par Jaubert, 1769, et par Corpet, 1843 (dans la collection Panckoucke). On doit à M. Demogeot des Études sur Ausone, 1837.

AUSONES, peuple d'Italie, de la famille opique ou osque, habitait le long de la mer Tyrrhénienne, de la côte à l'Apennin, entre le Liris et le Vulturne, depuis le pays des Volsques jusqu'à Nole. Leur pays se nommait Ausonie; souvent cette dénomination est étendue à toute l'Italie. Leur principale place était Suessa, auj. Sezza.

AUSONIE, pays des Ausones. V. ci-dessus.

AUSPICE, présage tiré de l'observation des oiseaux. Les auspices se prenaient, à Rome, par un membre du collége augural (V. AUGURES), à l'armée, par le général, assisté d'un simple serviteur ou d'un soldat. Les oiseaux consultés étaient l'aigle, le vautour, la buse,