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traités depuis Charlemagne, 1726 et ann. suiv., ouvrage capital, qui a été continué par J. Rousset.

DUMONT (Étienne), publiciste, né à Genève en 1759, mort en 1829, fut d'abord pasteur de l'église française réformée à Genève, vint en France en 1789, se mit en relation avec Mirabeau, rédigea pour lui plusieurs discours et l'aida dans la publication du Courrier de Provence; alla quelques années après s'établir en Angleterre, s'y lia étroitement avec Jérémie Bentham, dont il fut le collaborateur pendant plus de vingt ans et ne revint à Genève qu'en 1814 : il y fut nommé membre du Conseil souverain et fit adopter un code pénal conforme aux principes de Bentham. Les ouvrages qu'il a rédigés pour exposer les doctrines de ce publiciste sont : Traité de législation civile et pénale, 1802 ; Théorie des peines et des récompenses, 1812 ; Tactique des assemblées délibérantes, 1816; Traité des preuves judiciaires, 1823; De l'organisation judiciaire et de la codification, 1828. Il fit en outre paraître une série de Lettres sur Bentham (dans la Bibliothèque britannique, vol. V-VII). On a publié après sa mort ses Souvenirs sur Mirabeau, 1831.

DUMONT, sculpteurs. Ce nom a été porté par une famille honorablement connue depuis le XVIIe s. dans la statuaire. Pierre D., né vers 1650, beau-frère d'Ant. Coypel, remporta en 1709 le 1er prix de sculpture en traitant David pardonnant à Abigaïl. — François D., son fils, 1688-1726, reçu académicien en 1712, a fait pour St-Sulpice 4 statues qu'on y voit encore : S. Pierre, S. Paul, S. Jean et S. Joseph. — Edme D., fils de François, 1720-1775, admis à l'Académie en 1768, est auteur d'un Milon de Crotone, auj. au Musée du Louvre. — Jacques, fils d'Edme, 1761-1844, a exécuté un grand nombre de groupes, de statues et de bas-reliefs pour les monuments publics, entre autres : le général Marceau, au Luxembourg, Pichegru, pour la ville d'Arbois, Malesherbes, au Palais de Justice. — Alex. D., son fils, né en 1801, reçu à l'Institut en 1838, a élevé plus haut encore l'honneur de cette famille.

DUMONT D'URVILLE (César), contre-amiral, né en 1790 à Condé-sur-Noireau, fit partie d'une expédition scientifique envoyée en 1819 dans l'Archipel et la mer Noire, découvrit la belle Vénus de Milo qui décore aujourd'hui le Musée du Louvre; accompagna, de 1822 à 1825, le capitaine Duperrey dans un voyage de circumnavigation, publia à son retour divers mémoires scientifiques et une Flore des Malouines (en latin), fut nommé en 1820 capitaine de frégate, reçut à la même époque le commandement des deux corvettes l’Astrolabe et la Zélée, avec mission d'explorer l'Océanie, reconnut dans l'île de Vanikoro (V. ce nom) le lieu où avait péri l'infortuné Lapérouse, rassembla une foule de matériaux précieux pour la géographie et la botanique, fit paraître, sous le titre de Voyage de l'Astrolabe (13 vol. in-8, 1830 et années suivantes), le résultat de ses recherches; entreprit en 1837 un nouveau voyage, explora les mers australes, poussa fort avant vers le pôle antarctique, en affrontant les plus grands périls, découvrit quelques nouvelles terres, notamment la terre Louis-Philippe et la terre Adélie, fut à son retour créé contre-amiral (déc. 1840) et reçut de la Société de Géographie la grande médaille d'or. Il s'occupait de publier son Voyage au pôle Sud et dans l'Océanie lorsqu'il périt avec toute sa famille dans l'affreuse catastrophe qui eut lieu au chemin de fer de Versailles, le 8 mai 1842. Le Voyage au pôle Sud a paru en 1842-1848.

DUMOULIN (Charles), jurisconsulte, né à Paris en 1500, mort en 1566, descendait d'une famille noble, alliée à Anne de Boulen, mère de la reine Élisabeth. Il fut reçu avocat au parlement de Paris en 1522; mais n'ayant pu vaincre un bégaiement auquel il était sujet, il se retira du barreau, et se consacra aux travaux du cabinet. Les Observations sur l'édit de Henri II relatif aux petites dates, qu'il publia en 1551, et où il soutenait que le roi avait le droit de réprimer les abus et les fraudes qui se commettaient à Rome dans la distribution des bénéfices, lui valut les bonnes grâces de Henri II, mais donna lieu à de vives réclamations de la part du St-Siége. Ch. Dumoulin avait embrassé le Calvinisme, puis l'avait abandonné pour le Luthéranisme. Inquiété pour ses opinions, il se réfugia en Allemagne, où il fut reçu avec la plus grande distinction. Il revint à Paris en 1557, mais ce fut pour y subir de nouvelles tribulations. Ayant publié en 1564 un ouvrage intitulé : Conseil sur le concile de Trente, dans lequel il voulait prouver que ce concile était nul, il fut jeté en prison et ne recouvra sa liberté qu'à la condition de ne plus rien publier sans la permission du roi. Ch. Dumoulin trouva le premier les véritables sources du droit français et en posa les règles fondamentales : il a commenté les principales coutumes de France; sa Révision de la Coutume de Paris passe pour un chef-d'œuvre. La meilleure édition de ses œuvres est celle de Paris, 1681, 5 vol. in-fol.

DUMOULIN (Pierre), théologien protestant, né en 1568 à Buhy (Seine-et-Oise), mort à Sedan en 1658, professa la philosophie à Leyde, devint chapelain de la princesse Catherine de Bourbon (1609), fut appelé en 1615 en Angleterre pour y travailler à une réunion des églises protestantes, et présida le synode d'Alais, 1620. Il a laissé un grand nombre d'écrits polémiques, entre autres : De Monarchia temporali pontificis romani, Leyde, 1614; Nouveauté au papisme, Sedan, 1627. — V. Molin et Moulin.

DUMOURIEZ (Charles Franç.), né en 1739 à Cambray, fils d'un commissaire des guerres, était déjà maréchal de camp quand éclata la Révolution ; il en adopta les principes et écrivit même en leur faveur. Il fut nommé en 1792 ministre des affaires étrangères par l'appui des Girondins et provoqua la déclaration de guerre à l'Autriche, mais il ne tarda pas à encourir la disgrâce de ce parti, se retira du ministère, et reprit du service. Chargé après le 10 août du commandement de l'armée du Nord, il fit la belle campagne de l'Argonne, arrêta les progrès de l'ennemi à Valmy, remporta la victoire de Jemmapes, et conquit toute la Belgique (1792). Pendant le procès de Louis XVI, il vint à Paris dans l'espoir de sauver le roi; n'ayant pu y réussir, il alla se remettre à la tête de ses troupes, prit plusieurs places en Hollande avec une armée de 13 500 hommes qui manquait de tout, repoussa le prince Cobourg, et livra la bataille de Nerwinde (18 mars 1793), où nos troupes, tout en restant maîtresses du champ de bataille, éprouvèrent un véritable échec. A partir de ce revers, il se vit en butte à de nombreuses attaques; il avait d'ailleurs irrité par sa hauteur la Convention et les commissaires qu'elle avait envoyés à son armée; se voyant menacé d'être traduit à la barre de cette Assemblée, il fit des ouvertures au prince de Cobourg, et lui proposa de se joindre à lui pour rétablir la constitution, donnée par l'Assemblée nationale, et dissoudre la Convention. Mais ses projets ayant transpiré, la Convention envoya, le ministre Beurnonville et les députés Camus, Bancal, Lamarque et Quinette, pour le suspendre et lui ordonner de venir rendre compte de sa conduite. Dumouriez fit arrêter les commissaires, et voulut marcher sur Paris; mais il fut abandonné dé ses soldats, et contraint de gagner en fugitif le camp ennemi. A partir de cette époque, il mena une vie errante : il finit par se fixer en Angleterre, dont le gouvernement lui fit une pension. On l'accuse d'avoir fourni des plans aux Anglais dans la guerre d'Espagne et aux Alliés lors de l'invasion de la France en 1814. Dumouriez a beaucoup écrit sur la Révolution ; nous ne citerons que ses Mémoires, publiés par lui-même sous ce titre : Vie et ouvrages du général Dumouriez, Hambourg, 1795.

DUN, Dunum, c.-à-d. colline en celtique. Cherchez par DON ou DIN les mots qui ne seraient pas ici.

DUN-LE-PALLETEAU, ch.-l. de c. (Creuse), à 22 k. O. de Guéret; 1140 h.