Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P1 - A-G.djvu/606

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Lapoukin. dans le but de rétablir Iwan. En 1756, dans la Guerre de Sept ans, elle se déclara pour l'Autriche contre le grand Frédéric : après quelques combats, peu décisifs, ses troupes, sous la conduite de Soltikov, remportèrent sur Frédéric une mémorable victoire à Kunersdorf, en 1759. Élisabeth mourut en 1762, laissant la couronne à Pierre III, son neveu. On reproche à cette impératrice une vie des plus licencieuses : afin de se livrer plus librement à ses passions, elle ne voulut jamais faire choix d'un époux; elle eut pour favori et pour principal ministre Bestuchef, qu'elle finit par disgracier. Du reste, elle protégea les lettres : elle fonda l'Académie des beaux-arts de St-Pétersbourg et l'université de Moscou.

ÉLISABETH-CHARLOTTE de Bavière, femme de Monsieur, frère de Louis XIV. V. CHARLOTTE-ÉLISABETH.

ÉLISÉE, prophète juif, quitta la charrue pour suivre Élie, et reçut de lui, avec son manteau sacré, l'esprit prophétique et le don des miracles. Il rendit saines les eaux de la fontaine de Jéricho, qui étaient malfaisantes, maudit des enfants de Béthel qui l'insultaient, et qui furent aussitôt dévorés par des ourses, prédit à Joram et à Josaphat, qui se voyaient sur le point de périr de soif avec leur armée au milieu des déserts, qu'ils allaient trouver de l'eau en abondance et qu'ils battraient les Moabites ; fit cesser la stérilité d'une femme de Sunam, ressuscita quelques années après le fils que cette femme avait perdu, guérit Nahaman de la lèpre, frappa d'aveuglement les soldats de Ben-Adad, et prédit au roi Joas, assiégé dans Samarie, qu'il triompherait des Syriens. Il mourut à Samarie vers l'an 835 av. J.-C.

ÉLISÉE ou EGHICHÉ, écrivain arménien du Ve siècle, mort en 480, était aumônier et secrétaire, du général Vartan, prince des Mamigoniens. On lui doit une Histoire des Vartaniens, ou il raconte les luttes soutenues de son temps par les Arméniens et les Géorgiens contre les Perses pour la défense de la religion chrétienne (de 439 à 463). Cet ouvrage, publié à Constantinople en 1764, a été traduit en français par Garabed Kabaragy, mékhitariste, Paris, 1844.

ÉLISÉE (J. Franç. COPEL, dit le P.), prédicateur célèbre, né à Besançon en 1726, mort en 1783, prit l'habit des Carmes en 1745, et fut chargé pendant plusieurs années de l'instruction des novices. Envoyé à Paris en 1751, ce prêtre, inconnu jusque-là, eut le bonheur d'être entendu par Diderot, qui, frappé de son mérite, le préconisa avec chaleur; bientôt il se vit appelé devant les assemblées les plus brillantes, et fut chargé de prêcher devant la cour. Ses sermons et ses panégyriques ont été publiés avec une notice sur sa vie par le P. Césaire, son cousin, Paris, 1784-1786, 4 vol. in-12. Ses morceaux les plus estimés sont les sermons Sur la fausseté de la probité sans la religion; Sur la vie religieuse; Sur les afflictions; Sur la mort; et les Oraisons funèbres du grand Condé, de Stanislas I, roi de Pologne, et du Dauphin, père de Louis XVI. On y loue la méthode et la pureté du style, mais on y trouve peu d'élévation et de mouvement.

ELIZONDO, bourg d'Espagne (Navarre), sur la r. g. de la Bidassoa, à 32 k. N. de Pampelune, est le ch.-l. de la vallée de Bastan. Les Carlistes y furent battus par les Christinos le 27 sept. 1834.

ELLENBOGEN. V. ELNBOGEN,

ELLESMERE, v. d'Angleterre (Shrop), à 24 k. N. O. de Shrewsbury; 7000 hab. Canal navigable. Titre de baronnie : lord Egerton, avant d'être créé comte de Bridgewater, était baron d'Ellesmere.

ELLEVIOU, chanteur, né à Rennes en 1772, mort en 1842, était fils d'un chirurgien. Il débuta à la salle Favart en 1790, entra en 1801 au théâtre Feydeau comme sociétaire, joua les ténor, créa plusieurs rôles importants et obtint, par son excellent jeu et par les avantages de sa personne, autant que par son chant, une suite non interrompue de succès. Il réussissait surtout dans Richard Cœur de lion, le Prisonnier, le Calife de Bagdad, Adolphe et Clara, Joseph, etc. Il se retira dès 1813 et se livra depuis à l'agriculture.

ELLIOTT (G. Aug.), général anglais, d'une anc. famille de l’Écosse, né vers 1718, mort en 1790, s'est illustré par sa belle défense de Gibraltar contre les Français et les Espagnols alliés (1782) : elle lui valut les titres de lord Heatfield et de baron de Gibraltar.

ELLIOT (Ebenezer), dit le Forgeur de Sheffield, poëte anglais, né en 1781 à Marsbro près de Sheffield, mort en 1849, était fils d'un ouvrier fondeur et fut lui-même forgeur et marchand de fer. Il fit son éducation tout seul et attira d'abord l'attention par ses vers contre les lois des céréales (Corn-law rhymes), qui purent contribuer à faire rapporter ces lois impopulaires. Ses Poésies ont été publ. à Édimbourg, en 1840, et à Londres, en 1850, avec sa Vie par J. Watkins, son gendre.

ELLIS (John), naturaliste-anglais, membre de la Société royale de Londres, agent du gouvt. anglais dans la Floride occid., mort en 1776, entretint correspondance avec Linné, Solander et Fothergill. Ses principaux ouvrages sont : Histoire naturelle des coralines, trad. en français, La Haye, 1756; Hist. des zoophytes, publ. par Banks et Solander, Londres, 1786. Ce savant a établi que les coraux ne sont pas des végétaux, mais qu'ils sont la demeure de polypes. Il fit aussi connaître les moyens de conserver longtemps aux plantes leurs facultés germinatives.

ELLORE, v. du Décan. V. ELORA.

ELLWANGEN, v. du roy. de Wurtemberg, ch.-l. du cercle de l'Iaxt, sur l'Iaxt, à 64 kil. N. d'Ulm; 3500 hab. Il y avait été créé en 1812 une université qui fut réunie en 1817 à celle de Tubingue. Ellwangen doit son origine à une abbaye fondée au VIIIe s., et qui fut érigée en 1559 en un prieuré, dont le titulaire était prince de l'empire. Elle fut réunie au Wurtemberg en 1802.

ELMACIN, historien arabe, connu en Orient sous le nom d'Ibn-Amid, né en 1223, mort en 1273, était chrétien et remplissait la charge d'écrivain à la cour des sultans d’Égypte. Où a de lui une histoire qui commence à la création du monde et finit à l'an 1118, et qui a été publiée, avec trad. latine, par Erpenius, sous le titre de Historia saracenica, Leyde, 1625. La traduction d'Erpenius, qui ne commence qu'à la naissance de Mahomet, a été elle-même trad. en français par Vattier sous ce titre : Histoire mahométane, ou Les 49 kalifes du Macine, Paris, 1657,.

ELMINA. V. ST-GEORGE-DEL-MINA.

ELNBOGEN, v. de Bohême, ch.-l. de cercle, à 120 k. O. de Prague, sur la r. g. de l'Eger; 2500 hab. — Le cercle, borné à l'O. par la Bavière, au N. par la Saxe, au S. par le cercle de Pilsen, a 80 k. sur 58, et compte 250 000 hab. Nombreuses mines.

ELNE, Illiberis, puis Helena, v. de France (Pyrénées-Orient.), sur le Tech, à 13 k. S. E. de Perpignan; 2462 h. Elle doit son nom d’Helena à la mère de Constantin, qui la rebâtit. Jadis importante, elle fut ruinée par les siéges qu'elle a subis en 1285, 1474, 1641. L'emp. Constant y rat battu et tué par Magnence, 350. Helena eut dès le VIe s. un évêché qui fut transféré en 1602 à Perpignan. Il y fut tenu en 1027 un concile qui fixa les conditions de la trêve de Dieu.

ÉLOI (S.), Eligius, né à Cadillac près de Limoges vers 588, mort en 659, fut monétaire de Clotaire II, puis trésorier de Dagobert I. Investi de toute la confiance de ce dernier, il remplit les missions les plus importantes et réussit notamment à amener Judicaël, duc des Bretons, à faire sa soumission, 636. Éloi porta l'art de l'orfèvrerie à un degré de perfection extraordinaire pour son temps : les plus remarquables de ses ouvrages étaient les bas-reliefs du tombeau de S. Germain, évêque de Paris ; un grand nombre de châsses destinées à renfermer des reliques; deux sièges d'or enrichis de pierreries, qu'il exécuta pour Clotaire II ; on voyait encore plusieurs de ces ouvrages en 1789. Il contribua aussi pour une grande part à l'érection de plusieurs monuments re-