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fer de l'Est. Eau minérale. L'abbé Grégoire était curé d'Emberménil.

EMBRUN, Ebrodunum, ch.-l. d'arr. (H.-Alpes), à 41 k. E. de Gap, sur un roc au bas duquel roule la Durance; 4736 h. Place forte. Trib., collège. Cathédrale antique qu'on attribue à Charlemagne, ou les anc. rois de France se rendaient en pèlerinage; anc. palais archiépiscopal qui sert de caserne. Maison centrale de détention. Fabriques de chapellerie, de rubans de laine, cuirs, draps, dont la plus grande partie se confectionne dans la maison de détention, fruits exquis. — Embrun, fondée avant la conquête romaine, devint au IVe siècle la métropole des Alpes maritimes, et fut une place militaire importante. Après avoir appartenu successivement au roy. d'Arles, au Dauphiné et à la Savoie, cette ville fut réunie avec son territoire (l’Embrunais) à la France en 1589. Plusieurs conciles se tinrent à Embrun. Cette v. avait jadis un archevêché, dont le titulaire était prince de l'Empire : il fut supprimé en 1789.

EMDEN, Amisia, v. et port du Hanovre (cercle d'Aurich), à 22 k. S. O. d'Aurich, sur l'Ems, près de son embouch. dans le golfe de Dollart; 15 000 n. Filatures de fil, bas, toiles à voiles. Cotonnades, aiguilles, tabac, chantiers de construction, etc. Pêche du hareng. Commerce considérable, surtout avec Hambourg, Brème et la Hollande, et favorisé par de nombreux canaux. Autrefois capit. de la Frise orient., Emden devint au XVIe s. ville libre impériale sous la protection de la Hollande. Elle appartint à la Prusse depuis 1744, fut adjugée à la Hollande en 1806, incorporée à l'empire français en 1809, et attribuée au Hanovre en 1815. — Emden a donné son nom à la confession belge réformée, qui, après avoir été rédigée dans le Brabant en français par Guy de Brès (1562), fut traduite en allemand et signée à Emden en 1571. Cette confession fut approuvée à Dordrecht en 1619, et à La Haye en 1651.

ÉMERAUDES (mont des). V. ZABARAH.

ÉMERIC ou HENRI, roi de Hongrie, fils de Béla III, lui succéda en 1196, porta plusieurs lois sévères contre le brigandage des seigneurs, réussit par son éloquence et son courage à étouffer une révolte de son armée, pardonna à son frère André, auteur de cette révolte, conclut avec Venise un traité, et mourut en 1204, laissant la couronne à son fils Ladislas, qui n'en jouit que six mois. — Un autre Émeric, fils de S. Étienne, roi de Hongrie au Xe siècle, est honoré comme saint et fêté le 4 nov. — V. DAVID (Émeric).

ÉMERIGON (Balth. Marie), jurisconsulte, né à Aix en 1725, m. en 1785, fut avocat au parlement d'Aix, puis Conseiller à l'amirauté de Marseille. On a de lui un Traité des Assurances et des Contrats à la grosse, Marseille, 1784, qui fait autorité en cette matière, et des Mémoires sur les contestations maritimes, 1780.

EMERITA AUGUSTA, auj. Mérida, v. de la Lusitanie, chez les Vettones et sur l'Anas, était renommée par la teinture de ses laines.

ÉMERY (Michel PARTICELLI, sieur d'), fils d'un paysan de Sienne, fut nommé en 1643 par Mazarin contrôleur général des finances et en 1648 surintendant. Il montra quelque habileté et eut la 1re idée de l'octroi; mais ses exactions lui attirèrent la haine du peuple en même temps que ses tentatives de réforme le rendaient odieux aux nobles : il fut sacrifié en 1648, mais rappelé dès l'année suivante. Il mourut en 1650. On a de lui : Histoire de ce qui s'est passé en Italie pour le regard des duchés de Mantoue et de Montferrat de 1628 à 1630, Bourg, 1632.

ÉMERY (Jacq. André), supérieur de St-Sulpice, né A Gex en 1732, mort à Issy en 1811, avait été élu dès 1782 supérieur général de la congrégation de St-Sulpice. Incarcéré sous la Terreur, délivré au 9 thermidor, il fut, dès le rétablissement du culte, choisi pour grand vicaire par M. de Juigné, archevêque de Paris, obtint de Napoléon la réouverture du séminaire de St-Sulpice et refusa un évêché. Napoléon le nomma conseiller de l'Université dès la fondation (1808). Il est auteur de plusieurs ouvrages estimés, où il invoque en faveur de la religion l'autorité des plus grands philosophes; ce sont : l'Esprit de Leibnitz, 1772 (réimprimé en 1803, sous le titre de Pensées de Leibnitz); le Christianisme de Bacon, l779; Pensées de Descartes, 1811. On lui doit aussi, l'Esprit de Ste Thérèse, 1772; la publication d’Opuscules de Fleury, 1807, et des écrits de circonstance.

ÉMÈSE, auj. Hems ou Homs, v. de Syrie, dans la Phénicie du Liban, sur l'Oronte, à l'O. de Palmyre, au N. E. de Sidon. Ses habitants adoraient le soleil sous la forme d'une pierre noire conique, qu'on disait tombée du ciel ; ils appelaient ce dieu Élagabal. Héliogabale était grand prêtre du Soleil à Émèse : c'est là qu'il fut proclamé empereur. Aurélien battit Zénobie aux env., 273. — Émèse fut dans les. temps les plus anciens la capit. d'un petit roy. indépendant. Elle passa successivement sous le joug du roi de Syrie, des Romains, des Arabes et des Ottomans. Au XIIe siècle, un tremblement de terre renversa ses monuments, dont on voit encore les ruines.

ÉMIGRÉS, nom donné spécialement pendant la Révolution aux Français qui sortirent de leur pays pour aller chercher un refuge à l'étranger. V. ÉMIGRATION au Dict. univ. des Sciences.

ÉMILE (PAUL-), L. Æmilius Paulus, dit le Macédonique, naquit l'an 227 av. J.-C., contribua pendant sa préture aux succès des Romains en Espagne (189), conquit la Ligurie pendant un premier Consulat (182), fut élu de nouveau en 168, et chargé de la guerre contre Persée, déploya la plus grande vigueur contre ce malheureux prince, le vainquit à Pydna, s'empara de toute la Macédoine, où il fit le plus riche butin, et prit Persée lui-même dans Samothrace. Il obtint à son retour les honneurs du triomphe : cette cérémonie dura trois jours, et les masses de numéraire, lingots et objets d'orfèvrerie apportés au trésor furent si considérables que les Citoyens romains ne payèrent plus, dit-on, d'impôt jusqu'à l'an 44 av. J.-C. Paul-Émile mourut en 158. Sa Vie a été écrite par Plutarque. — Le père de Paul-Émile, nommé aussi L. Æmilius Paulus, fut consul en 219 av. J.-C., fit heureusement la guerre à Démétrius, roi d'Illyrie, et obtint le triomphe; consul pour la 2e fois en 216, avec Varron, il ne put empêcher la défaite de Cannes et resta sur le champ de bataille. — Un des fils de Paul-Émile, adopté par le fils du grand Scipion, est connu sous le nom de Scipion-Émilien. V. SCIPION.

ÉMILE (PAUL-), Paolo Emili, historien moderne, né à Vérone vers 1460, mort en 1529, entra dans l'état ecclésiastique et vécut d'abord à Rome. Sur sa réputation de savoir, Louis XII l'attira en France et le chargea d'écrire notre histoire. Il publia son ouvrage on 1500, sous ce titre : De rébus gestis Francorum libri IV; il y ajouta dans la suite plusieurs livres et y travailla jusqu'à sa mort, en 1529. Le tout a été imprimé à Paris, 1539, et trad. par Renard, 1681. Cette histoire s'étend depuis les premiers temps de la monarchie jusqu'à la 5e année de Charles VIII. Elle est diffuse, mais assez bien écrite en latin.

ÉMILE (S.), un des tombés (c.-à-d. de ceux qui par crainte avaient consenti à apostasier), se releva bientôt, et subit le martyre en Afrique, sous Septime-Sévère, en 205. On l'hon. le 22 mai. — Un autre S. Émile subit le martyre dans la Byzacène en 484, par ordre du roi des Vandales. On l'hon. le 6 déc.

EMILIANI (S. Jérôme), V. JÉRÔME.

ÉMILIE (famille), Æmilia gens, une des plus anc. maisons patriciennes de Rome, a formé plusieurs branches (les Barbula, les Lepidus, les Mamercus, les Paulus, les Scaurus, les Regillus ou Regillensis), et a fourni à la République un grand nombre d'hommes célèbres. V. ÉMILE (Paul-), LEPIPUS, SCAURUS, etc.

ÉMILIE, Æmilia provincia, prov. de la Gaule Cisalpine, qui fut créée dans les derniers temps de l'empire, en 337, et qui formait une des prov. du diocèse d'Italie, était située au S. du Pô, entre la Flaminie à l'E.,