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sieurs ouvrages de controverse et d'autres écrits dont les plus remarquables sont : un Discours sur la nature et l'usage des loteries, 1619; une bonne édition, avec trad. latine, de Marc-Aurèle, précédée d'un discours sur la philosophie des Stoïciens, qui renferme de savantes recherches, Cambridge, 1652; et 6 livres de remarques critiques sous le titre d’Adversaria miscellanea, 1659. Une partie de ses écrits a été publiée sous le titre d’Opera critica, Utrecht, 1698, in-folio.

GATCHINA, v. de Russie, dans le gouvt et à 44 k. S. S. O. de St-Pétersbourg; 8000 h. Château impérial, qui était le séjour de Paul I; école de jardinage; maison d'enfants trouvés et de jeunes aveugles.

GATES (Horace), général américain, né en Angleterre vers 1728, avait servi dans l'armée anglaise pendant la guerre de Sept ans. Il s'établit dans la Virginie après la paix de 1763, prit les armes en faveur de sa nouvelle patrie lors de la guerre de l'indépendance, fut chargé du commandement de l'armée du Nord en 1776, battit le général Burgoyne en plusieurs rencontres et le força à mettre bas les armes à Saratoga le 17 octobre 1777. Nommé en 1780 général en chef de l'armée du midi dans la Caroline, il s'efforça vainement de résister à lord Cornwallis. Il mourut en 1806.

GATESHEAD, v. d'Angleterre (Durham), sur la Tyne, est considérée comme un faubourg de Newcastle, dont elle n'est séparée que par un pont; 18 000 hab. Houilles, forges, fonderies de fer.

GATIEN (S.), évêque de Tours, un des apôtres des Gaules, vint d'Italie en ce pays vers 250 pour y prêcher la religion, fit un grand nombre de prosélytes, s'arrêta à Tours, dont il fut le 1er évêque, et subit le martyre vers 301. On le fête le 18 déc.

GÂTINAIS, Vastiniensis pagus, anc. pays de France, était divisé en Gâtinais français (dans l'Ile-de-France) et Gâtinais Orléanais. Le 1er avait pour capit. Nemours, et forme auj. la partie S. O. du dép. de Seine-et-Marne. Le 2e avait pour capit. Montargis, et renfermait le petit pays de Puisaye; il forme auj. l'E. du dép. du Loiret et quelques portions de ceux de la Nièvre et de l'Yonne. Ce pays était renommé par son miel et son petit vin. — Le Gâtinais eut dès le XIe siècle des comtes particuliers. Geoffroy le Barbu, l'un d'eux, fils d'Hermengarde, sœur de Geoffroy le Martel, comte d'Anjou, succéda à son oncle dans le comté de Touraine, mais fut dépouillé par Foulques, son frère cadet. Celui ci, craignant la colère du roi de France, Philippe I, lui céda le Gâtinais, qui fut dès lors réuni à la couronne.

GÂTINE ou GASTINE (c.-à-d. lande défrichée), nom donné à plusieurs pays de l'anc. France, notamment à une partie du Bas-Poitou, qui avait pour lieu principal Parthenay. 11 fait auj. partie des Deux-Sèvres.

GATTEAUX (Nic. Marie), graveur en médailles, né en 1751 à Paris, mort en 1832, était fils d'un serrurier. Il montra une aptitude précoce pour le dessin et devint, sous Louis XVI, graveur du roi. Parmi ses médailles, on remarque l’Établissement de l'École-de-Médecine de Paris, le Sacre de Louis XVI, l’Invention des aérostats, la Fédération, la médaille pour les Prix de vertu de l'Académie, et une foule de portraits. Habile mécanicien, il a inventé la presse à timbrer, ainsi qu'une machine pour la mise au point des œuvres de sculpture. — Son fils, Édouard G., né en 1788, s'est distingué à la fois comme graveur et comme sculpteur.

GATTEL, lexicographe, né à Lyon en 1743, mort en 1812, enseigna la philosophie à Lyon, la grammaire générale à Grenoble, et devint sous l'Empire proviseur du lycée de Grenoble. On a de lui un Dict. espagnol-français et français-espagnol, Lyon, 1790, et un Dictionnaire portatif français, Paris, 1797, et 1819, 2 v. in-8 : c'est un ouvrage estimé.

GATTEVILLE, vge du dép. de la Manche, à 26 k. E. de Cherbourg; 1170 hab. Il donne son nom au promontoire qui termine la presqu'île du Cotentin à l'E., et à un beau phare, haut de 70m, bâti sur ns promontoire en 1833.

GAU, anc. nom en usage en Germanie pour désigner une circonscription territoriale. Les gaus étaient administrés par un comte dit gaugraf. Il en reste encore des vestiges dans les noms de Brisgau, Thurgau (d'où Thurgovie), Nordgau, Sundgau, etc.

GAU (Franç. Chrét.), architecte, né en 1790 à Cologne, mort à Paris en 1854, s'était fait naturaliser. Il étudia sous Debret et Lebas, alla explorer les monuments de l’Égypte et de la Nubie, publia à son retour les Antiquités de la Nubie, avec un texte rédigé par Niebuhr et Letronne, 1821-23, et acheva en 1824 les Ruines de Pompeies de Mazois. On lui doit les plans de l'église Ste-Clotilde, à Paris, ainsi que la prison de la Roquette, ingénieusement disposée pour l'isolement et la surveillance.

GAUBIL (Antoine), savant missionnaire jésuite, né à Gaillac en 1689, mort en 1759, fut envoyé à la Chine en 1723, y apprit parfaitement les langues chinoise et mantchoue, devint interprète de la cour impériale, exerça cette charge pendant 30 ans, et mérita l'entière confiance de l'empereur. Il mourut à Péking en 1759. C'est peut-être celui de tous les Européens qui a le mieux connu la littérature chinoise. On a de lui : Traité historique et critique de l'astronomie chinoise ; Histoire de Gentchiscan (Gengis-Khan) et de toute la dynastie des Mongoux, 1739; Traité de la chronologie chinoise ; une trad. française du Chou-King, livre qui renferme les traditions historiques de la Chine, 1771; Description de Péking, 1785 (posthume); des notices et des lettres, dans le recueil des Lettres édifiantes (t. XVI à XXXI).

GAUCHER DE CHÂTILLON. V. CHÂTILLON.

GAUCHOS, nom que portent dans l'Amérique méridionale, surtout au Brésil, dans l'Uruguay et la Plata, les habitants de la campagne, issus pour la plupart du mélange des Espagnols avec les indigènes. A peine civilisés, ils élèvent des bêtes à cornes et des chevaux sauvages, et sont remarquables par leur vigueur et leur agilité.

GAUDEN (J.), évêque anglican, né en 1605, mort en 1662, était chapelain à Warwick au commencement de la guerre civile sous Charles Ier, et se déclara d'abord pour le Parlement; mais à la vue des excès qui se commettaient, il changea d'opinion et embrassa la cause royale. Il publia après l'exécution du roi un ouvrage qui eut un grand succès, l’Éikôn basilikè, ou portrait du roi dans ses souffrances. Au retour de Charles II, il fut fait évêque d'Exeter, puis de Worcester (1662).

GAUDENTS (les Chevaliers), ordre particulier à l'Italie, institué en 1204 par quelques nobles bolonais, et approuvé par Urbain IV. Ils s'obligeaient à protéger la veuve, l'orphelin et le pauvre, et à s'entremettre dans l'intérêt de la paix. Ils portaient le manteau blanc, et la croix rouge surmontée de deux étoiles. Ils devaient être nobles de père et de mère; ils suivaient la règle des Dominicains, sans être astreints au célibat ni a la vie commune. Le P. Dominique Federici a écrit leur Histoire, Venise, 1787.

GAUDICHAUD (Ch.), botaniste, né en 1789 à Angoulême, mort en 1854, était pharmacien de marine. Attaché comme naturaliste aux expéditions scientifiques de l’Uranie, de l’Hermine et de la Borée, il en publia la partie botanique. Il n'était pas encore de retour de ses voyages, lorsqu'il fut, en son absence, nommé membre de l'Académie des sciences (1837). Il eut avec Mirbel une polémique des plus vives et des plus intéressantes sur le mode de développement des végétaux. Outre ses voyages, il a publié des Recherches générales sur l'organographie, l'organogénie, la physiologie, qui obtinrent en 1835 le prix de physiologie expérimentale décerné par l'Académie des sciences.

GAUDIN (Michel Charl.), duc de Gaëte, habile financier, né en 1756 à St-Denis, mort en 1844, fut nommé par Necker chef d'un des bureaux de la di-