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dements de l'ordre hospitalier de St-Jean, et en fut nommé grand maître. Il mourut en 1121. Il mérita par ses vertus et sa charité d'être mis au nombre des bienheureux.

GÉRARD DE CRÉMONE, savant traducteur, né vers l'an 1114, près de Crémone, mort en 1187, s'appliqua avec succès à la philosophie et à l'astronomie, passa en Espagne pour y étudier les ouvrages des Arabes, et traduisit en latin divers traités d'Alhaken, d'Avicenne, de Rhasis, d'Albucasis, ainsi que l’Almageste de Ptolémée d'après une traduction arabe.

GÉRARD GROOT, c.-à-d. le Grand, fondateur des Frères de la Vie commune, né à Deventer en 1340, mort en 1384, était fils de Werner Groot, consul de cette ville. Il renonça à une belle fortune pour se consacrer à la vie religieuse, et fonda un institut qui avait pour objet de transcrire les manuscrits, de se vouer à l'éducation et à la prière, et qu'il fit approuver par le pape en 1376. Son institut fut transporté en 1386 de Deventer au monastère de Windesheim, où il forma une congrégation de chanoines réguliers. Ce nouvel ordre rendit de grands services aux lettres : il en sortit plusieurs hommes distingués, tels que Thomas-à-Kempis et Gerlac Petersen. On doit à Gérard Groot quelques écrits mystiques et un livre De Vita in communi de gentium (sur les Frères de la Vie commune). Quelques-uns n'ont été imprimés que de nos jours, par Gérard Acquoy, 1860-61. Sa Vie a été écrite par A-Kempis, et plus récemment par Delprat, 1818 et 1856.

GÉRARD (Balthasar), fanatique, né à Villafans (Hte-Saône), assassina en 1584, à Delft, le prince d'Orange, Guillaume de Nassau, alors stathouder des provinces soulevées contre l'Espagne. Il fut pris et écartelé. Il était entré au service du prince, et avait captivé sa confiance par un excès de zèle. Il prétendit n'avoir pas de complices, assurant qu'il n'avait eu d'autre mobile que l'intérêt du parti catholique et espagnol. Ce fanatique n'avait que 22 ans. Le roi d'Espagne, Philippe II, donna des lettres de noblesse à sa famille.

GÉRARD, peintre hollandais. V. DOW et HONTHORST.

GÉRARD (Alexandre), écrivain écossais, né en 1728 à Garioch (comté d'Aberdeen), mort en 1795, embrassa l'état ecclésiastique, se livra à la prédication, professa la philosophie naturelle et expérimentale au collége Maréchal (1752), puis la théologie à l'université d'Aberdeen (1771). Il a laissé un Essai sur le goût, Londres, 1759; un Essai sur le génie, 1767; des Sermons, 1780, et un traité des Devoirs du pasteur, 1799. L’Essai sur le goût, ouvrage estimé, a été traduit en français par Eidous, 1766.

GÉRARD (Phil. Louis), chanoine, né à Paris en 1737, mort en 1813. Après avoir passé sa jeunesse dans la dissipation et l'incrédulité, il se convertit et se voua au saint ministère. Il fut longtemps vicaire de St-Merry, à Paris, puis chanoine de St-Louis du Louvre. Il subit une longue détention pendant la Révolution. On a de lui : le Comte de Valmont ou les Égarements de la raison, 1775, 5 vol. in-12, espèce de roman moral et religieux, où il paraît raconter sa propre histoire (cet ouvrage a eu une très-grande vogue); les Leçons de l'histoire, ou Lettres d'un père à son fils sur les faits intéressants de l'histoire, 1786-1806. 11 vol in-12; l’Esprit du Christianisme, précédé d'un précis de ses preuves, 1803, in-12.

GÉRARD (le baron), peintre d'histoire, né à Rome en 1770, d'un Français et d'une Italienne, mort en 1837, étudia d'abord la sculpture sous Pajou, et reçut depuis 1784 les leçons de David. Sa 1re œuvre importante fut le Bélisaire, 1795; vinrent ensuite Psyché recevant le premier baiser de l'Amour, 1796; les Trois Âges, 1806; la Bataille d’Austerlitz et Ossian, 1810. Il excellait dans les portraits : toutes les notabilités de l'Empire et de l'Europe voulurent être peintes par lui. Sous la Restauration, Gérard produisit : l’Entrée d'Henri IV à Paris, 1817; Corinne improvisant au cap Misène et Thétis portant les armes d'Achille, 1819; le Tombeau de Ste-Hélène, 1826; Louis XIV déclarant son petit-fils roi d'Espagne, 1828; l’Extase de Ste Thérèse, le Sacre de Charles X, 1829; l’Espérance, 1829; la Peste de Marseille, 1832, et les 4 pendentifs de la coupole du Panthéon. Gérard fut une des gloires de l'école de David, et un des derniers imitateurs de la belle antiquité : son dessin est à la fois vigoureux et élégant; sa couleur, harmonieuse et brillante; ses compositions, remarquables par la justesse de la pensée et de l'expression, sont en même temps pleines d'art et de poésie. Louis XVIII le nomma son 1er peintre et le fit baron.

GÉRARD (Maurice Étienne, comte), maréchal de France, né en 1773 à Damvillers (Meuse), mort en 1852, était fils d'un notaire. Il s'enrôla en 1791, servit en Italie sous Bernadotte, dont il devint l'aide de camp et bientôt l'ami, se signala à la bataille d'Austerlitz, où il fut blessé; à Wagram, où il contribua puissamment au gain de la victoire; fit des prodiges de valeur au sanglant combat de Valontina, où il remplaça le général Gudin, tué à la tête de ses troupes, et à la bataille de la Moskowa, après laquelle il fut nommé général de division (1812); contribua avec Davoust à sauver l'arrière-garde surprise à Kovno, commanda une division à Lützen et à Bautzen, fit, pendant la campagne de France, les efforts les plus énergiques pour défendre le territoire, notamment au pont de Dienville, à St-Pane, à Montereau, à Méry; fut placé, pendant la campagne de 1815, sous les ordres du général Grouchy, et insista vainement auprès de lui pour marcher sur Waterloo, où l'on entendait la canonnade; eut, le même jour (18juin), la poitrine traversée d'une balle à Wavres; se retira à Bruxelles, après le licenciement de l'armée, rentra en France en 1817, mais sans reprendre de service; fut élu député en 1822 et 1827, et se plaça, avec Manuel et Foy, sur les bancs de l'opposition; accueillit avec joie la révolution de 1830; fut aussitôt chargé du portefeuille de la guerre, et réorganisa l'armée; reçut peu après le bâton de maréchal; fut mis en 1831 à la tête de l'armée du Nord, et repoussa les Hollandais de la Belgique; fit en 1832 le siège d'Anvers, qui se rendit après 24 jours de tranchée (23 déc.); fut nommé en 1835 grand chancelier de la Légion d'honneur et en 1838 commandant supérieur de la garde nationale. Napoléon, qui le proposait pour modèle, l'avait désigné dans ses Mémoires pour la dignité de maréchal de France. Une statue lui a été érigée à Damvillers. M. J. Nollet a écrit sa Vie.

GÉRARD DE NERVAL, littérateur, né à Paris en 1808, mort en 1855, débuta dès 1826 par des poésies de circonstance, étudia la littérature allemande et fit paraître en 1830 un Choix de ballades et de poésies traduites de Gœthe, Schiller, Klopstock, Burger, Schubert, Kœrner, etc.; rédigea pour les revues et les journaux des nouvelles et des feuilletons qui furent remarqués, fonda en 1835 le Monde dramatique, qu'il dirigea jusqu'en 1841 ; composa, avec Alexandre Dumas, l’Alchimiste et Léo-Burckhart, drames en 5 actes, puis seul l’Imagier de Harlem, 1852, ainsi que le poëme de deux opéras-comiques, Piquillo (musique de Monpou) et les Monténégrins (musique de Limnander). Sujet à des atteintes d'aliénation mentale, Gérard de Nerval se pendit dans un de ses accès. Aux plus riches fantaisies de l'imagination, cet écrivain joignait une rare simplicité de style.

GÉRARDMER ou GÉROMÉ, ch.-l. de cant. (Vosges), sur un petit lac de même nom, à 30 kil. S. de St-Dié; 5600 hab. Boissellerie, sabots, fromages renommés.

GÉRARE, anc. v. des Philistins, à l'E. de Gaza, était la résidence d'Abimélech.

GERASA, v. de la Décapole de Palestine, au N. de Gadara et au S. de Damas. C'est auj. Djerrach, ville déserte, où l'on trouve de belles ruines.

GERBERON (Dom Gabriel), bénédictin de St-Maur, né à St-Calais en 1628, mort en 1711, prit parti pour les Jansénistes. Il a laissé, entre autres ouvrages : le Miroir de la piété chrétienne, 1676; Histoire du Jan-