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les Archives de l'honneur, 1805, etc. La plupart de ces écrits sont sans valeur.

GRASSIN (Pierre), vicomte de Busancy, conseiller au parlement de Paris, fonda en 1569 à Paris le collége dit des Grassins, en faveur des pauvres écoliers de la ville de Sens; ce collége était situé rue des Amandiers, sur la montagne Ste-Geneviève. Depuis 1789, il est devenu une propriété particulière.

GRATAROLI (Guill.), médecin du XVIe siècle, né à Bergame en 1516, mort en 1568, étudia à l'Université de Padoue, quitta l'Italie désolée par la guerre et par des querelles religieuses, professa la médecine à Marbourg et à Bâle, et acquit la réputation d'un habile praticien. On a de lui : De litteratorum valetudine, Paris, 1561; De medicinæ et rei herbariæ origine, progressu et utilitate, Strasbourg, 1564, ouvrage estimé; Discours sur les moyens de conserver et augmenter la mémoire, traduits du latin par Ét. Coppé, Lyon, 1586.

GRATET-DUPLESSIS (Alex.), littérateur, né en 1792 à Janville (Eure-et-Loir), mort en 1853, fut successivement professeur dans divers colléges, proviseur, inspecteur et enfin recteur des Académies de Caen et de Douai. On lui doit la Bibliographie parémiologique, 1847, indiquant tous les ouvrages consacrés aux proverbes; la publication ou la réimpression de pièces devenues rares (l'Ordre des bannerets de Bretagne, le Doctrinal des nouveaux mariés, le Mirouër des femmes vertueuses, etc.), une bonne édition annotée de La Rochefoucauld (1853), et une collection de petits livres récréatifs, qui parurent sous le pseudonyme d’Hilaire le Gai. — V. DOLOMIEU.

GRATIANOPOLIS, v. de Gaule, auj. Grenoble.

GRATIANOPOLITANUS PAGUS, le Grésivaudan.

GRATIEN, Flavius Gratianus, empereur d'Occident, né à Sirmium en 359, fut associé à l'empire en 367, par Valentinien I, son père, dès l'âge de huit ans, et lui succéda en 375, conjointement avec son jeune frère Valentinien II. Il repoussa les Allemands et les Goths. Le trône de Constantinople étant devenu vacant par la mort de Valens, il y éleva Théodose, le plus habile de ses généraux, 379. Gratien, élève d'Ausone, aimait les lettres, mais était fort hostile au paganisme; ayant fait enlever du Capitole la statue de la Victoire, il se rendit par là odieux aux Romains, et dès que le tyran Maxime se fut fait proclamer dans la Grande-Bretagne, il se vit abandonné de ses sujets. Il fut pris et mis à mort près de Lyon par Andragathius, lieutenant de Maxime, en 383.

GRATIEN, canoniste, né à Chiusi en Toscane, embrassa la vie religieuse à Bologne, et mourut dans cette ville vers le milieu du XIIe siècle. Il est auteur d'un recueil des décisions des papes, connu sous le nom de Décret de Gratien, qui fut publié pour la 1re fois en 1151 et qui a été plusieurs fois imprimé, notamment à Strasbourg en 1471, et tout récemment à Leipsick, dans le Corpus juris canonici de Richter, 1833-39. V. DÉCRÉTALES.

GRATIOLET (Louis-Pierre), naturaliste, né à Ste-Foy (Gironde), m. en 1865, fut l'élève et (1844-50) le suppléant de Blainville, puis professeur à la Faculté des sciences de Paris ; a laissé de savants Mémoires, et donné un tome II à l’Anatomie comparée du système nerveux, de Leuret, 1858. S

GRATIUS FALISCUS, poëte latin, né à Faléries, v. des Falisques, était contemporain et ami d'Ovide, qui le cite avec éloge. Il a laissé un poëme intitulé : Cynegeticon, qui, publié pour la 1re fois à Bologne, 1504, in-fol., a souvent été réimprimé. Il a été traduit en prose par Cabaret-Dupaty (dans la collection Panckoucke), et en vers par L. A. Jaquot, 1854.

GRATTAN (H.), orateur irlandais, né à Dublin en 1750, mort à Londres en 1820, entra en 1775 au parlement d'Irlande, prit dès l'abord un rang distingué parmi les membres de l'opposition, réussit en 1782 à empêcher la réunion du parlement de l'Irlande à celui de là Grande-Bretagne, et fut depuis ce moment le chef reconnu des whigs-clubs d'Irlande. Bien que protestant, il ne cessa de réclamer les droits électoraux pour ses compatriotes catholiques. Après le rappel du vice-roi d'Irlande Fitz-William, il chercha à s'opposer à l'insurrection qui en fut la suite; mais ses efforts furent vains, et il quitta le parlement. Il y rentra un moment pour s'opposer aux mesures de Pitt qui allait consommer l'union; mais il devait encore échouer. A partir de 1805, il siégea dans le parlement anglais, et s'y porta toujours le défenseur des catholiques irlandais. Ses discours ont été recueillis à Londres, 1822, 4 vol. in-8. Son fils a publié sa Vie, 1839.

GRATZ, v. d'Allemagne. V. GRÆTZ.

GRAUDENZ, v. des États prussiens (Prusse), ch.-l. de cercle, sur la Vistule, à 40 kil. S. O. de Marienwerder; 8300 hab. Draps, distilleries, brasseries; grains. Fort qui commande la Vistule. Les Français l'assiégèrent en 1807.

GRAULHET, ch.-l. de c. (Tarn), à 20 kil. N. E. de Lavaur, sur le Dadou; 2400 hab. Maroquins.

GRAUN (Ch. Henri), chanteur et compositeur allemand, né en 1701 à Wahrenbruck (Saxe), mort en 1759, débuta comme premier ténor à Brunswick et reçut bientôt le titre de vice-maître de chapelle. Frédéric le Grand le chargea de créer l'Opéra de Berlin. Ses principaux opéras sont: Polydore, 1726; Rodelinda, 1741; Demofoonte, 1746; Britannico, Mérope, 1756. Son oratorio de la Mort de Jésus est son chef-d'œuvre.

GRAVE, v. forte de Hollande (Brabant sept.), sur la r. g. de la Meuse, à 12 kil. S. O. de Nimègue; 3000 hab. Prise par Maurice de Nassau en 1602, par les Français en 1672, et par Guillaume, prince d'Orange, en 1674. — V. GRAVES et LAGRAVE.

GRAVELINES (de Graven linghe, c.-à-d. fossé ou canal des comtes), v. forte de France, ch.-l de c. (Nord), à 18 kil. O. S. O. de Dunkerque, à l'embouchure de l'Aa dans la Manche; 5819 hab. Assez jolie ville; port ensablé. Chantiers de construction; hôpital militaire ; armements pour la pêche de la baleine, de la morue et du hareng. — Fondée en 1160. cette v. prit son nom d'un canal que les comtes de Flandre y avaient fait creuser. Elle fut fortifiée sur les plans de Vauban.

GRAVELOTTE, vge près de Metz. Bataille entre les Prussiens et l'armée de Metz (16 août 1870).

GRAVES. On appelle ainsi, sur la côte du dép. de la Gironde, des couches de gravier qui s'étendent près des confluents de la Garonne et de la Dordogne, de la Garonne et du Ciron, de l'Isle et de la Dordogne : ces terrains, très-meubles et propres à conserver la chaleur, conviennent à la vigne. C'est là que se récoltent les meilleurs vins du Médoc, ce qui les fait appeler Vins de Graves. Les plus célèbres sont, pour les vins rouges, ceux de Talence, Mérignac, Pessac; pour les vins blancs, ceux de Blanquefort, Eylines, Taillant, Villenave.

GRAVESANDE, v. de Hollande (Holl. mérid.), à 13 kil. S. O. de La Haye, sur la mer; 750 hab. Anc. résidence des comtes de Hollande.

GRAVESANDE (Guill. Jacob 'S), savant hollandais, né à Bois-le-Duc en 1688, mort en 1742, publia dès l'âge de 18 ans un Essai de perspective qui le fit remarquer ; coopéra pendant plusieurs années au Journal littéraire publié à La Haye, fit en 1715 un voyage en Angleterre pendant lequel il se lia avec les savants de ce pays, et devint en 1717 professeur à l'Université de Leyde où il enseigna successivement les mathématiques, l'astronomie et la philosophie. Il fut un des premiers à adopter et à propager les théories de Newton, et il contribua par ses travaux aux progrès de la physique et des mathématiques. Ses ouvrages les plus remarquables sont : Phy-