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ch.-l. de province , sur la mer Adriatique, à 200 kil. N. E. de Rome; 45 000 hab. Évêché. Bon port, mais qui ne peut recevoir de grands vaisseaux; môle, citadelle, belle cathédrale gothique; 2 arcs de triomphe, l'un en l'honneur de Trajan, et l'autre de Benoît XIV. Port franc, grand commerce. – Ancône est une colonie de Syracuse; elle fut prise par les Romains en 268 av. J.-C. Trajan fit construire son môle. République libre au moyen âge, elle se mit en 1532 sous la protection du pape. Prise par les Français en 1797, par les Russes en 1799, elle fut restituée au pape en 1814. Elle a été occupée par les Français de 1832 à 1838. — La province d'Ancône répond à l'anc. Marche d'Ancône et compte 165 000 hab. Elle a formé sous Napoléon I les dépts du Tronto, du Musone, et une partie de celui du Metauro.

ANCÔNE (Marche d'), anc, prov. de l'État ecclésiastique, le long de l'Adriatique, au S. de la légation d'Urbin, a pour places princ.: Ancône, Lorette, Camerino, Fermo, Macerata, Osimo, San-Severino, Tolentino. – C'était jadis le Picenum. Les Goths puis les Lombards s'en emparèrent, et ceux-ci en firent une Marche. Pendant les guerres du sacerdoce et de l'Empire, les marquis d'Ancône jouirent de l'indépendance; mais la Marche changea souvent de maître jusqu'à ce que Louis de Gonzague l'annexât à l'État romain (1532).

ANCRE, 1er nom du bourg et de la seigneurie d'Albert (V. ce nom). C'est de ce lieu que Concini prit le titre de maréchal d'Antre. V. CONCINI.

ANCUS MARTIUS, 4e roi de Rome (639-614 av. J.-C.), petit-fils de Numa, monta sur le trône après Tullus Hostilius. Belliqueux et conquérant, il fit la guerre avec succès aux Latins, aux Véiens, aux Fidénates, aux Volsques et aux Sabins, et recula jusqu'à la mer les bornes de ses États. Il agrandit Rome en enfermant dans ses murs l'Aventin et le Janicule, fit construire le pont Sublicius et le grand aqueduc appelé de lui Aqua Martia et creusa le port d'Ostie.

ANCY-LE-FRANC, ch.-l. de cant. (Yonne), sur l'Armançon, à 18 kil. S. E. de Tonnerre; 1508 hab. Forges. Beau château des ducs de Clermont-Tonnerre, élevé sur les dessins du Primatice.

ANCYRE, auj. Angora ou Angourieh, v. de l'Asie-Mineure, dans la Galatie, sur le Sangarius, fut d'abord la capit. des Tectosages, et devint, sous Néron, capit. de toute la Galatie. Il s'y tint en 315 un concile appelé le Saint-Synode. Près de cette ville, Bajazet fut vaincu et pris, en 1402, par Tamerlan, qui l'enferma, dit-on, dans une cage de fer, et le traîna ainsi à sa suite. On voit encore à Ancyre les ruines d'un temple d'Auguste, où se lit le testament de ce prince : cette inscription, gravée sur 6 colonnes et connue sous le nom de Monument d'Ancyre, a été plusieurs fois publiée, et en dernier lieu par M. G. Perrot, 1863, et M. Th. Mommsen, 1865.

ANDALOUSIE, partie de la Bétique et de la Lusitanie des anciens, anc. division de l'Espagne, dont elle occupe toute la région méridionale, entre le Portugal, l’Estramadure, les provinces de la Manche, de Murcie et la Méditerranée : 440 kil, sur 260; 3 000 000 hab.; capit., Séville. La Guadiana la limite à l'O.; le Guadalquivir (ancien Bœtis) la traverse. L'Andalousie forme auj. 2 capitaineries générales, celles de Séville et de Grenade, et 8 intendances civiles : Séville, Huelva, Cadix, Cordoue, Jaën, Grenade, Malaga et Almeria. Climat très-chaud, fertilité extrême : orangers, palmiers, cannes à sucre, etc. ; très-belles races de chevaux et de moutons. On y trouve le caméléon. – Ce pays fut la première possession des Carthaginois en Espagne : ils s'y établirent au IVe s. av. J.-C.; les Romains la conquirent en 205 av. J.-C.; elle leur fut enlevée au Ve siècle de notre ère par les Vandales, qui y séjournèrent avant de passer en Afrique; le pays prit d'eux le nom de Vandalitia, d'où par corruption celui d’Andalousie. Les Arabes commencèrent par cette province la conquête de la Péninsule et y fixèrent le foyer de leur domination (califat de Cordoue); les Maures ensuite la possédèrent jusqu'à ce que Ferdinand III de Castille leur enleva au XIIIe siècle le roy. de Séville; toutefois ce ne fut que 200 ans plus tard qu'ils en furent entièrement chassés.

ANDALOUSIE (NOUVELLE-). V. CUMANA.

ANDAMAN (îles), dans le golfe de Bengale, par 90-92° long. E. et 10° 30'lat. N., se composent de 6 îles, dont Andaman est la plus grande. Explorées en 1607 par Peyraud, voyageur français. Elles appartiennent aux Anglais depuis 1791.

ANDANIE, v. de Messénie, près de Messène, fut la résidence des rois Lélèges de Messénie. On y célébra pendant un temps les mystères des grandes déesses (Cérès et Proserpine). Ruines près de Philia.

ANDAYE, vge des B.-Pyrénées, à 10 kil. O. de St-Jean-de-Luz; 500 hab. Eau-de-vie renommée.

ANDECAVI, peuple de la Gaule, dans la Lyonnaise 3e, à l'E. des Namnetes et à l'O. des Turones. Leur pays a formé depuis l'Anjou. - On donne aussi ce nom à la capitale de ce peuple, nommée d'abord Juliomagus, auj. Angers.

ANDELLE, petite riv. de France (Seine-Infér.), naît à Sergueux, prés de Forges, arrose Fleury-sur-Andelle, passe près de la côte des Deux-Amants, et se perd dans la Seine, à Pitres, à 4 kil. E. de Pont-de-l'Arche, après un cours de 60 kil.

ANDELOT, ch.-l. de cant. (H.-Marne), sur le Rognon, à 19 kil. N. E. de Chaumont; 969 hab. Ancien palais où fut signé en 587 un célèbre traité entre les rois Francs Gontran, Childebert II et leurs leudes : les deux rois se partagèrent la succession de Caribert et garantirent aux leudes la possession viagère de leurs fiefs.– V. DANDELOT.

ANDELYS (les), Andeliacum, ch.-l. d'arr. (Eure), à 44 kil. S. de Rouen, est coupé par la route en deux villes, le Grand Andely, sur le Gambon, et le Petit Andely, sur la Seine; 3528 hah. Patrie de Turnèbe et du Poussin, qui y a une statue (1851). Près de là étaient le célèbre Château-Gaillard et un couvent fondé par Ste Clotilde, qui attirait les pèlerins. – Appartenant jadis aux archevêques de Rouen, cette v. fut cédée en 1197 au duc de Normandie, à qui Philippe-Auguste l'enleva en 1204. Henri IV la reprit aux Ligueurs en 1591.

ANDENNE, bourg de Belgique, sur la r. dr. de la Meuse, à 14 kil. de Namur; 2600 hab. Couvent de Béguines. Fabriques de pipes et faïences. – Brûlé en 1467 lors de la révolte des Liégeois contre Charles le Téméraire.

ANDERITUM, v. des Arverni, ch.-l. des Gabali, est auj., selon M. Walckenaër, Antérieux prés de Chaudes-Aigues, dans le diocèse de St-Flour.

ANDERLECHT, bourg de Belgique, contigu à, Bruxelles, dont on le regarde comme un faubourg. Dumouriez y battit les Autrichiens, le 13 nov. 1791.

ANDERMATT, vge de Suisse (Uri), à 6 kil. N. du, St-Gothard. Près de là est le Trou-d'Uri, ainsi que le pont du Diable, jeté sur un précipice effrayant, au fond duquel coule la Reuss.

ANDERNACH, Antunnacum, v. de Prusse (Province Rhénane), à 13 kil. N. O. de Coblentz, sur la r. g. du Rhin ; 4400 hab. Charles le Chauve y fut défait par les fils de Louis le Germanique (876). Patrie du médecin Gonthier d'Andernach. Volcans éteints.

ANDERSON (Laurent), magistrat suédois, né en 1480, avait d'abord été prêtre. Il devint chancelier de Gustave-blasa, usa de son influence pour introduire la Réforme en Suède et fit déclarer le roi chef de l’Église, à la diète de Westeras, 1527; néanmoins, ayant négligé de révéler une conspiration dont il était instruit, il fut condamné à mort. Il échappa au supplice en payant une forte somme et mourut dans la retraite, en 1552. On a de lui une trad. suédoise du Nouveau Testament.

ANDERSON, agronome anglais, membre de la Société royale, né en 1739, mort en 1808, appliqua avec succès la chimie à l'agriculture. On lui doit,