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en 260 par la légion de Mésie. Vaincu près de Mursa en Pannonie, il disparut sans qu'on sût s'il avait été tué.

INGHIRAMI (Thomas), écrivain latin moderne, né en 1470 à Volterra (Toscane), m. en 1516, vint à Rome en 1483, brilla dans les représentations théâtrales des anciennes pièces latines que le cardinal Riario venait de mettre en honneur, et joua avec un tel succès le rôle de Phèdre dans l’Hippolyte de Sénèque que le surnom de Fedra lui en resta. Il était compté au nombre des orateurs les plus éloquents de son temps : Érasme le nomme le Cicéron de son siècle; les papes, depuis Alexandre VI jusqu'à Léon X, le comblèrent de bienfaits; l'empereur Maximilien lui donna le titre de comte palatin et la couronne de poète lauréat (1493) ; Jules II le nomma conservateur de la bibliothèque au Vatican et garde des archives secrètes du château St-Ange. Ce qui nous reste des écrits d'Inghirami est bien au-dessous de la réputation qu'il eut de son vivant. On trouve cinq de ses discours dans les Anecdota romana d'Amaduzzi. Il avait écrit une Apologie de Cicéron ; un Abrégé de l'histoire romaine; un Commentaire sur l'Art poétique d'Horace, et des Notes sur les comédies de Plaute ; mais ces ouvrages sont perdus. — Un autre Inghirami, Curzio, antiquaire, né à Volterra en 1614, m. en 1655, prétendit avoir découvert de précieux monuments qu'il publia sous le titre d’Etruscarum antiquitatum fragmenta, Francf., 1635 mais on reconnut qu'ils étaient fabriqués.

INGOLSTADT, Aureatum, v. de Bavière (Hte-Bavière), à 65 kil. N. de Munich, sur le Danube et la Schutter; 10 500 hab. Pont sur le Danube ; gymnase, hôpital. Entrepôt des sels; industrie active. Tombeau de Tilly. L'Université d'Ingolstadt, créée en 1472, transférée en 1800 à Landshut, a été célèbre. Gustave-Adolphe assiégea vainement cette ville en 1632. Louis de Bade la prit en 1704. Les Français en rasèrent les fortifications en 1800, mais elles ont été relevées de 1827 à 1847 : c'est auj. une forteresse fédérale. Patrie de Weishaupt, le chef des Illuminés.

INGOUCHES, peuple de la Circassie, au S. de la petite Kabardah, forme plusieurs petites tribus indépendantes et sauvages. Ils passent leur temps à chasser et abandonnent aux femmes les soins de l'agriculture.

INGOUL, riv. de la Russie d'Europe, a sa source dans le gouvt de Kherson et tombe dans le Boug, par la r. dr., près de Nikolaiev, après un cours de 450 k.

INGOUVILLE, ancienne commune du dép. de la Seine-Inf., contiguë au Havre, qu'elle domine, est auj. réunie au Havre. V. ce nom.

INGRANDE, v. de France (Maine-et-Loire), sur la Loire et le chemin de fer de Tours à Nantes, à 34 k. S. O. d'Angers; 1550 hab. Grande verrerie. Sucre de betterave. Le village de Montrelais, qui fait partie d'Ingrande, est compris administrativement dans le dép. de la Loire-Inf.

INGRASSIAS (Jean Phil.), savant médecin de Palerme, né en 1510, m. en 1580, fit quelques découvertes anatomiques, mais s'illustra surtout par son dévouement à ses concitoyens pendant la peste qui désola Palerme en 1575, ce qui lui valut le surnom d’Hippocrate sicilien. Il a laissé, entre autres ouvrages : Veterinaria medicina, en latin, 1568; Informazione del pestifero e contagioso morbo, 1576, trad. en lat. par J. Camerarius; Commentatio in Galeni lib. de Ossibus, 1603, etc.

INGRIE, Ingermania, anc. prov. de la Russie d'Europe, comprenait à peu près le pays qui forme auj. le gouvt de St-Pétersbourg. Ses premiers habitants furent des Slaves, sur qui les Suédois la conquirent de 1594 à 1609. En 1703, Pierre le Grand s'en rendit maître et la réunit à son empire.

INGULFE, chroniqueur anglais né à Londres en 1030, m. en 1109, vint en Normandie, où il fut secrétaire du duc Guillaume, fit ensuite le voyage de la Terre-Sainte, et devint, à son retour, prieur du monastère bénédictin de Fontenelle. Guillaume, devenu roi d'Angleterre, donna à Ingulfe l'abbaye de Croyland, dans le comté de Lincoln. On a sous son nom : Historia monasterii Croylandensis ab anno 664 ad annum 1001, impr. à Francf., 1601, et à Oxford, 1684; mais cet ouvrage, rempli d'anachronismes, doit être l'œuvre d'un moine du XIIIe ou XIVe s.

INGWILLER, petite ville du Bas-Rhin, à 17 kil. N. E. de Saverne ; 2190 h. Église consistoriale protestante. Bonneterie, savons, poteries, corderies, etc.

INHAMBANE, riv. d'Afrique (Mozambique), court du N. O. au S. E. et se jette dans le canal de Mozambique, au N. O. du cap des Courants, après un cours de 270 kil. Elle a donné son nom à un fort et à un gouvt de la capitainerie portugaise de Mozambique.

INIGO JONES. V. JONES.

INKERMANN, bourg et port de la Russie d'Europe. (Tauride), en Crimée, à l'extrémité E. de la baie de Sébastopol, et près de l'emb. de la Tchernaïa, n'est que le reste d'une v. plus importante, dont on voit les ruines dans le voisinage : on pense que c'est la v. appelée Kténos par Strabon. Vastes cavernes ou cryptes creusées dans le roc et qui ont servi de demeure à des cénobites dans les premiers siècles du Christianisme. — Les Russes furent battus à Inkermann le 5 nov. 1854 par l'armée anglo-française, que commandaient les généraux Bosquet et Cathcart.

INKRANS, peuple d'Afrique (Guinée supérieure), tributaire des Achantis, habite sur la Côte d'Or, entre les roy. de Ningo à l'E. et de Fanti à l'O. Leur capitale, Inkran ou Accra, a compté plus de 10 000 h. Avant l'abolition de la traite, ce peuple faisait un commerce considérable d'esclaves avec les Européens. Les Portugais s'établirent des premiers chez les Inkrans en 1452 ; vinrent ensuite des Anglais, des Hollandais et des Danois, qui y fondèrent les ports St-James, Crèvecœur et Christiansborg.

INN, OEnus ou Ænus, riv. d'Allemagne, naît en Suisse (Grisons), sort du lac Lugni, dans les Alpes Rhétiques, à l'extrémité S. O. de la Hte-Engadine, traverse le Tyrol (où elle arrose Innspruck), la Bavière, l'Autriche, et, après un cours de 450 kil. au N. E., se jette dans le Danube, r. dr., à Passau. — L'Inn donne son nom à un cercle de la Hte-Autriche, séparé de la Bavière à l'O. par la riv. de l'Inn, au N. par le Danube, borné à l'E. par le cercle de Hausrruck et au S. par celui de Salzbourg : 200 000 h., ch.-l. Braunau.

INNOCENT I (S.), pape, successeur d'Anastase, régna de 402 à 417. Il obtint de l'empereur Honorius des lois sévères contre les Donatistes, le pressa de traiter de la paix avec Alaric, et, lorsque Rome eut été prise et dévastée, s'appliqua à réparer le mal. Il condamna la doctrine de Pelage et poursuivit les Novatiens. On le fête le 28 juillet.

INNOCENT II, Grégoire de Papis, pape de 1130 à 1143, eut pour compétiteur Pierre de Léon qui prit le nom d'Anaclet. Forcé par son rival de sortir de Rome, il se réfugia auprès du roi de France Louis le Gros, qui tenta inutilement de le rétablir. Ce ne fut qu'à la mort d'Anaclet (1138) qu'il reprit son autorité. Il fit condamner les doctrines d'Abélard et celles d'Arnaud de Brescia au concile de Latran, en 1139.

INNOCENT III, Lothaire Conti, pape de 1198 à 1216, agrandit les domaines de l’Église, et se rendit maître absolu dans Rome. Il mit la France en interdit, à l'occasion du divorce de Philippe-Auguste avec Ingelburge (1199), prit une part active aux démêlés de l'Allemagne après la mort de l'empereur Henri VI, couronna d'abord Othon de Brunswick (1209), mais l'excommunia bientôt pour le punir d'un manque de foi, et reconnut à sa place le jeune Frédéric II (1212) ; il excommunia également le roi d'Angleterre Jean sans Terre, qui avait refusé de reconnaître un archevêque de Cantorbéry nommé par lui (1213), et offrit son royaume à Philippe-Auguste ; mais il leva l'interdit dès que Jean se fut soumis. Zélé pour la réformation des mœurs, ce pontife tint dans ce dessein le 4e concile de Latran. Il fut aussi très-zélé pour la propagation de la foi et pour l'orthodoxie : c'est lui qui fit prêcher la 4e croisade contre les Sarrasins (1202-04).