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française, combattit énergiquement dans ses écrits, après 1814, les excès du pouvoir absolu, et fut élu en 1833 député de l’Université de Leipsick à la diète saxonne. Parmi ses nombreux écrits, on remarque : Plan d’un nouvel Organon, 1801, où il annonce un système nouveau ; Philosophie fondamentale, 1803, où il pose les bases de ce système ; Philosophie théorique, 1806-1809 ; Philosophie pratique, 1817-1819, ouvrages où il tire les conséquences des principes posés ; Histoire de la philosophie ancienne, 1815 ; et Dictionnaire des sciences philosophiques, 1827-1834. Disciple de Kant, Krug tenta de compléter le criticisme et de le rapprocher du bon sens : il prétendait que ni l’idéalisme, ni le réalisme ne satisfont la raison, mais que l’un et l’autre se concilient par l’union originelle de l’être et du savoir dans la conscience ; c’est ce qu’il nomme le synthétisme transcendantal. Il s’occupa aussi de questions théologiques : dans ses Lettres sur la perfectibilité des idées religieuses, il soutient la possibilité du progrès en matière de religion.

KRUMMACHER (Édm. Ad.), écrivain protestant, né en 1768 à Tecklembourg (Westphalie), mort en 1845, enseigna la théologie à Duisbourg, puis fut pasteur et prédicateur à Crevelt, à Bernbourg, enfin a Brême, où il mourut. S’attachant surtout à rendre la religion accessible à tous, il publia dans ce but en 1805 des Paraboles qui eurent une grande popularité : elles ont été traduites par M. Bautain (1821 et 1860), et par M. Teillac (1838). Ami de l’enfance, Krummacher a écrit pour le jeune âge le Monde des enfants, 1806, et un recueil d’Apologues, 1810.

KRUMMAU, v. murée des États autrichiens (Bohême), à 20 kil. S. S. O. de Budweiss, sur la Moldau ; 5570 hab. Beau château. Maison d’éducation pour les enfants de militaires.

KRUNITZ (J. George), compilateur, né à Berlin en 1728, mort en 1796, exerça quelque temps la médecine, puis se mit à écrire et publia un grand nombre de traductions d’ouvrages anglais et français. On lui doit une Encyclopédie économico-technologique, qu’il conduisit jusqu’à la lettre L (elle fut achevée après sa mort par les frères Flœrke) ; c’est l’Encyclopédie d’Yverdun, traduite en allemand et complétée.

KRUSE (Christian), chronologiste, né en 1753 à Hiddigwarden (Oldenbourg), mort en 1827, éleva les fils de l’administrateur du duché d’Oldenbourg, fut ensuite chargé de la direction générale des établissements d’instruction du duché, devint en 1812 professeur d’histoire à Leipsick, et consacra la plus grande partie de sa vie à l’exécution d’un grand Atlas des États européens, où l’on trouve en regard l’une de l’autre la géographie et la chronologie de chaque siècle. Cet Atlas a été reproduit en français, avec de notables améliorations, par Lebas et : Ansart, Paris, 1832 et 1836, gr. in-fol. — Son fils, Frédéric Kruse, né en 1790, prof, à Halle, puis à Dorpat, a revisé l’Atlas historique, et a donné lui-même d’importants travaux sur les antiquités de la Grèce (Hellas, Leips., 1825-27), de la Germanie et de la Russie.

KRUSENSTERN (Adam de), navigateur russe, né en 1770 en Esthonie, mort en 1851, exécuta de 1803 à 1806 un voyage autour du monde, dans lequel il fit plusieurs découvertes, entre autres celle des îles Orloff ; publia de 1810 à 1812 la Relation de ce voyage, en allemand (trad. en français par Eyriès, 1821), explora en 1815 le détroit de Behring, et chercha un passage qui conduisît directement d’Amérique à Arkhangel. Il fut nommé en 1826 vice-amiral et sous-directeur du corps des cadets. On lui doit un magnifique Atlas de l’Océan pacifique, 1824 et années suivantes, et un riche Vocabulaire des langues de quelques peuples de l’Asie orientale et de l’Amérique. Il fut secondé dans ses voyages et ses travaux par les capitaines Otto de Kotzebue et Bellingshausen.

KRUSZWICE, bg des États prussiens (Posnanie), sur le lac Goplo, à 55 kil. S. E. de Bromberg. Berceau de la famille des Piasts.

KRYLOFF. V. KRILOFF.

KTIMA, v. de l’île de Chypre, près de Bafa ; 1200 h. on en comptait jadis 25 000. Anc. évêché grec, palais épiscopal. Ruines.

KUBLAI-KHAN. V. KOUBLAÏ-KHAN.

KUFA, v. d’Asie. V. KOUFA.

KUHN (H. Gottlob), professeur de physiologie et de pathologie à Leipsick, né en 1754 à Spergau (Saxe), mort en 1840, a attaché son nom à la collection intitulée Medicorum græcorum opera, gr. et lat., 26 vol. in-8, Leips., 1821-33 : c’est une des plus importantes publications du siècle ; mais on regrette de ne pas y trouver les écrits d’Aétius, d’Oribase, d’Alexandre de Tralles, de Paul d’Égine. On doit aussi à Kuhn plusieurs ouvrages originaux, se rapportant pour la plupart à l’histoire de la science, entre autres une Histoire de l’électricité médicale, 1783-97. — Son fils, Othon Bernard K., né à Leipsick en 1800, professeur de chimie à Leipsick, a publié en allemand : Essai d’Anthropochimie, 1824 ; Chimie pratique à l’usage des médecins, 1829 ; Introduction pour les recherches chimiques sur les qualités des corps, 1830 ; Manuel de Stœchiométrie, 1837 ; Système de Chimie organique, 1848, etc.

KULM, KULMBACH. V. CULM, CULMBACH.

KUMA, KUMANIE. V. KOUMA, CUMANIE.

KUMR (EL), mont. d’Afrique. V. LUNE (monts de LA).

KUNCKEL (Jean), chimiste, né en 1630, à Hutten (Sleswig), mort en 1702, à Stockholm, où Charles XI lui avait donné la charge de conseiller des mines, a fait plusieurs découvertes : il trouva de son côté le phosphore (1676), qui était déjà connu de Brandt. Entre autres ouvrages, tous écrits en allemand, nous citerons de lui : Expériences sur les sels fixes et volatils, Hamb., 1676, trad. en lat. par Ramsay, Londres, 1678 ; Observations chimiques, 1677, également trad. en latin par Ramsay, 1678 ; l’Art de faire le verre, 1679, trad. en français par le baron d’Holbach, 1752, et une lettre sur le Phosphore, 1678, où il expose sa découverte.

KUNERSDORF. V. CUNERSDORF.

KUNTH (Ch. Sigismond), botaniste, né à Leipzick en 1788, m. en 1850, fut chargé par Al. de Humboldt de classer les plantes qu’il avait recueillies en Amérique, fut nommé en 1819 professeur de botanique à l’Université de Berlin, et devint membre de l’Académie des sciences de cette ville en 1829. On a de lui : Flora Berolinensis, Berlin, 1813 ; Nova genera et species plantarum quas in peregrinatione ad plagam æquinoctialem Orbis Novi collegerunt Bonpland et Humboldt, Paris, 1815-25 ; Monographie des Légumineuses du Nouveau-Continent, 1819 : Graminées de l’Amérique tropicale, 1829-33 ; Suite à la Monographie des plantes équinoxiales commencée par Bompland ; Enumeratio plantarum omnium hucusque cognitarum, secundum familias naturales disposita, Stuttgard, 1833-50 : c’est là son principal titre. Kunth fut encouragé et aidé dans ses travaux par Alexandre de Humboldt.

KUPETZKI (Jean), peintre, né en 1667 à Pessing en Bohême, mort en 1740, était fils d’un tisserand. Il abandonna la maison paternelle et alla se former à Rome, où le prince Stanislas Sobieski devina son talent et le tira de l’obscurité. Il résida longtemps à Vienne, où il jouit de la faveur des empereurs Joseph I, Charles VI et François I. Il réussissait surtout dans le portrait. On estime de lui la Famille Kupetzki ; le Samaritain plaçant le blessé sur son cheval. Cet artiste appartenait à la secte des Frères Moraves, et il obtint pour ses coreligionnaires, de l’empereur d’Autriche, la permission de professer librement leur culte dans ses États.

KURDES, KURDISTAN. V. KOURDES, KOURDISTAN.

KURILES, îles de la Russie d’Asie. V. KOURILES.

KURIN, mont. V. TAURUS ; — ville. V. CYRÈNE.

KURISCHE-HAFF et K. NEHRUNG. V. CURISME.

KURRACHIE. V. KORATCHI.

KURRICHANE, v. de l’Afrique australe (Cafrerie), 320 kil. N. E, de Litakou ; env. 46 000 hab. Ce sont