Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P2 - H-P.djvu/364

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cette ville, directeur de la classe de physique, associé de l'Académie des sciences de Pans. On. M doit des découvertes précieuses en chimie, notamment de nouvelles recherches sur l'acide formique; c'est lui qui le premier a extrait la potasse du tartre et du sel d'oseille, et qui a retiré du sucre de la betterave, 1745 : il eut le mérite de prévoir l'avenir de cette découverte. Il employa un des premiers la voie_ humide dans l'analyse organique, et appliqua le microscope à l'étude des sciences. Ses opuscules, presque tous en français, se trouvent, soit dans les Mémoires de l'Académie de Berlin, soit dans les Miscellanea 6erolt'nensi"a.IlsontétéréumsàBerlin, 1762,2v.in-8.

MARGRAVE (de l'allemand mardi, marche, frontière, etgraff, comte), titre donné autrefois par les empereurs aux seigneurs qu'ils chargeaient de la défense des marches ou provinces-frontières. Plusieurs princes d'Allemagne ont conservé ce titre, parce que leurs principaiitésétaientprimitivementdes marches. Le margrave dépendait immédiatement de l'empereur, et non du duc dans le territoire duquel se trouvait le margraviat. Auxir" siècle, la dignité des margraves devint héréditaire; bientôt après, ils furent créés princes immédiats de l'empire. On compte actuellement 4 margraviats : celui de Brandebourg (au roi de Prusse), celui de Misuie (au roi de Saxe), celui de Bade (au grand duc de Bade), et celui de Moravie à l'empereur d'Autriche).—Le titre français de marquis a la même origine que celui de margrave.

MARGUERITE (Ste), Slargarita, vierge et martyre, née, à ce qu'on croit, à Antioche en Pisidie. On ne sait rien de certain sur elle : on croit qu'elle subit le mar-tvre à Antioohe, vers 275, pour avoir refusé de re-iùer la foi chrétienne et d'épouser Olybrius, gouverneur de la ville, qui était païen. On la fête le 20 juillet. EËe est la patronne de Crémone.

MARGUERITE (Ste), reine d'Ecosse, fille d'Edouard, prince anglais, et d'une princesse de Hongrie, née en Hongrie en 1046, épousa en 1070 Malcdlm III, roi d'Ê-oosse, exerça, par sa beauté et ses vertus, un grand ascendant sur l'esprit de ce prince, et ne s'en servit que pour faire du bien et adoucir le sort du peuple. Son époux et son fils ayant été tués en 1093 sur le même champ de bataille, elle en mourut de chagrin trois jours après. On la fête le 10 juin.

MARGUERITE DE PROVENCE, reine de France, fille ad-née de Raymond Béranger IV, comte de Provence, née en 1221, morte en 1295, fut mariée en 1234 a Louis IX, et se montra par ses vertus digne de son époux. Elle l'accompagna dans sa première croisade, et déploya le plus grand courage lorsqu'il eut été fait prisonnier : ce fut elle qui détermina les Croisés à résister dans Damiette aux Infidèles après la défaite de Mansourah.EUedevintleconseilsecretdu roi après la mort de la reine Blanche et réussit, en 1255, à l'empêcher d'abdiquer pour se faire dominicain. Après la mort du roi eue se retira dans un couvent.

MARCUEBITE DE BOUROOGNE , reine de France, fille de Robert H, duo de Bourgogne, épousa en 1305 Louis le Hutin, qui n'était pas encore roi de France. Elle était jeune, belle et spirituelle; mais son goût effréné pour le plaisir l'entraîna aux plus coupables déportements : en 1314, cette princesse,fut, ainsi quesaDelle-sœur, Blanche delà Marche, convaincue d'adultère avecles deux frères, Philippe et Pierre Gaultier d'Aul-nay, gentilshommes normands. On enferma les deux princesses au Château-Gaillard d'Andely; Marguerite y fut, quelques mois après, étranglée par l'ordre de son mari, a l'âge de 25 ans (1315).

MA-RGUERITE D'ECOSSE, reine de France, née en 1425, morte en 1444, était fille de Jacques I, roi d'Ecosse. Elle fut fiancée dès 1428 au Dauphin Louis (Louis XI), mais ne so réunit à lui qu'en 1436. Les Anglais, dont cette alliance contrariait la politique avaient tout fait pour s'y opposer : ils tentèrent même» mais vainement, d'enlever la jeune princesse pendant la traversée. Marguerite aimait les lettres et "avait plaisir à entendre Alain Chartier {Y. ce nom). Louis l'avait rendue» malheureuse qu'elle dit en mourant : Ft de la vie 1 qu'on ne m'en parle plus.

MARGUERITE,DE VALQis, rema.de Navarre, sœur de François I, née en. 1492,, morte en 1549. Elle épousa en 1509 le ducd'Alençon. Devenue veuve, elle, fut mariée en 1527 au roi de Navarre, Henri d'Albret,. dont elle eut Jeanned'Albret,.mèrede Henri IV. Elle aimait beaucoup François I, qui avait aussi pour elle un grand attachement et qui la surnommait la Marguerite des Ifargiierite (la. Perle des Perles);elle allàle trouver à Madrid pendant sa captivité et travailla de tout son pouvoir à lui faire rendre la liberté. Dans son roy. de Navarre, Marguerite fit fleurir la commerce, favorisa les lettres et les cultiva, elle-même avec succès. On lui reproche d'avoir incliné vers la Béfonme. Elle accueillit dans sa petite cour de Nérac Clément Marot, Dolet, Calvin, et.fit tous.ses efforts pour réconcilier les Catholiques et les Protestants. On ad'elle VHeptamêron eu, Nouvelles de la reine de Navarre (imprimé en 1559), recueil de contes imités de Boc-cace; on y trouve beaucoup d'imagination, et d'esprit, mais parfois aussi la hcence de l'époque. Marguerite a laissé en outre des poésies d'un tour facile et pleinesde grâce, qui lurent publiées en 1547 à, Lyon sous le titre de.HargHert7ès <Je laKarguérite des-princesses et des Lettres (publiées en. 1841 par Génin). Ses OEuvres complètes ont été publiées à Paris en 1852.

MARGUERITE DE SEANCE, duchesse. de Berry, fille de François I, née en 1523, morte en 1574, cultiva les lettres, fut, à l'exemple de son père, la protectrice des savants, notamment de l'Hôpital, Ronsard» Dau-rat, et fit fleurir l'Université de Bourges,capitale de son duché; elle possédait elle-même le grec et le latin. Elle épousa en 1559 Emmanuel Philibert, duc de Savoie, et-alla se fixer à Turin; elle attira à. l'université de cette ville les jurisconsultes les plus fameux; elle se fit tellement chérir de ses sujets qu'ils la, nommèrent la Mère des peuples.

MARGUERITE DE FRANCE ou DE VALOIS, reine de Navarre, fille de Henri II,roi de France, et de Catherine de Médicis, née en 1553, fut mariée en 1572 au prince de Béarn, depuis Henri IV. Cette union, faite par la cour dans le But de tromper les Protestants à la veille de la St-Barthélemy,ne fut point heureuse : les deux époux ne sentaient l'un pour l'aufre aucun penchant; bientôt l'un et l'autre cherchèrent de leur côté de nouveaux objets d'affection, et Henri, éclairé sur les infidélités de sa femme, se vit obligé de la faire enfermer au château d'Usson en Auvergne. Lorsqu'il fut devenu roi de France, il sollicita du pape Clément VIII et obtint l'annulation de ce mariage (1-599). Depuis ce temps cette princesse vécut tantôt en Auvergne, tantôt à-Paris, dans un palais séparé; néanmoins le bon roi fournissait à ses dépenses, et allait même lui faire de fréquentes visites. Elle mourut en 1615, laissant.de curieux Hémoires sur les événements qui se sont passés de 1555 à 1582 (publiés 9n 1628, souvent réédités, notamment par MM. Gues-sard, Lalanne et Caboche. On a en outre de cette princesse des lettres et des Poésies, dans le goût de Ronsard et Dubartas.

MARGUERITE DE VALDEMAR, la Sêmiramis du Nord, reine de Norvège, de Danemark et de Suède, fille de Valdemar.roi de Danemark, née en 1353, m., en 1412, épousa en 1363 Haquln, roi de Norvège. Ali mort de Valdemar, 1376, elle fit proclamer son fils,Olaûs roi de Danemark sous sa tutelle; son mari étant mort en 1380, elle devint.également régente de la Norvège; enfin, profitant d'une révolte dès-Suédois contre leur roi AlbertdeMecHembourg, elle se fit proclamer reine de Suède en 1387, battit Albert à Falkœping enVes-trogothie, et le contraignit à abdiquer. Ayant perdu la même année son fils Olaûs, elle choisit pour lui succéder Eric,son petit-neveu,le fit reconnaître*roi par les trois pays, et convoqua en 1397 à Calmar une assemblée de députes de tous ses Etats qui rédigea le célèbre acte d'union, par lequel les royaumes de Danemark, de Suède et de Norvège étaient unis à per-