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fut détruite à Navarin le 20 oct. 1827 par les flottes combinées de France, d'Angleterre et de Russie. — Aux env. et au N. O. est Vieux-Navarin, bâti sur l'emplacement de l'ancienne Pylos.

NAVARRE (du basque Navarros, habitants des pays plats), anc. royaume, auj. capitainerie générale de l'Espagne au N., entre 41° 54'-43° 18' lat. N. et 3°-4° 46' long. O., est bornée au N. par la France, dont elle est séparée par les Pyrénées, à l'E. et au S. par l'Aragon, au S. O. par la prov. de Soria, à l'O. par celle d'Alava, et au N. O. parcelle de Guipuscoa : 150 kil. sur 130; 236 000 hab. ; ch.-l., Pampelune. La chaîne des Pyrénées couvre cette province, qui est traversée par l'Èbre et la Bidassoa. Belles forêts, sol fertile en blé, maïs, orge, avoine, châtaignes et légumes; vins estimés ; industrie assez active en draps, toiles, étoffes de laine, papier, savon et liqueurs; mines de fer, plomb, cuivre, sel. — La Navarre fut peuplée par les Basques ou Vascons (les Vaccéens de Pline). Cette contrée fut successivement envahie par les Romains, dont elle resta longtemps la fidèle alliée, par le Suèves, les Visigoths, les Arabes. En 778, Charlemagne la soumit ainsi que tous les pays voisins jusqu'à l'Èbre. La Navarre s'étendait à cette époque sur les deux versants des Pyrénées. Louis le Débonnaire, alors roi d'Aquitaine, donna le gouvernement de la Navarre au comte Aznar, qui s'y rendit indépendant en 831, et dont le fils Garcie Ximénès prit le titre de roi en 860. L'indépendance de la Navarre fut proclamée à la diète de Tribur (887), et le titre de roi fut reconnu à Garcie et à ses successeurs. A la mort de Sanche III (1035), ce royaume, qui comprenait alors tout le N. E. de l'Espagne, se partagea en trois royaumes : Navarre, Castille, Aragon. En 1076, Sanche IV, roi de la Navarre, fut détrôné par Sanche Ramire, roi d'Aragon, son cousin, qui réunit les deux couronnes et les transmit à ses successeurs. A la mort d'Alphonse I (1134), la Navarre redevint un roy. séparé. En 1234, Thibaut de Champagne, fils de l'héritière de Navarre, commence une nouvelle dynastie. Le mariage de Jeanne I, reine de Navarre, avec Philippe le Bel (1285) unit ce pays à la France. En 1328, sa petite-fille Jeanne, exclue du trône de France par la loi salique, garda la Navarre,qui depuis passa successivement aux maisons d'Évreux, de Foix, d'Aragon, d'Albret. En 1512, Ferdinand le Catholique, roi de Castille et d'Aragon, enleva à Jeanne d'Albret toute la Haute-Navarre, qui est toujours restée depuis à l'Espagne, ne lui laissant que la partie de la Navarre située au Nord des Pyrénées ou Basse-Navarre. Celle-ci passa dans la maison de Bourbon par le mariage de Jeanne d'Albret avec Ant. de Bourbon. Henri III de Bourbon, fils d'Antoine, roi de Navarre, étant monté sur le trône de France en 1589, sous le nom de Henri IV, ses successeurs ajoutèrent le titre de roi de Navarre à celui de roi de France.

Souverains de la Navarre.

Rois de Navarre. Jeanne I, 1274
Garcie I Ximénès, 857 Rois de France et de Navarre.
Fortunio, 880 Philippe le Bel, 1285
Sanche I, 905 Louis le Hutin, 1305
Garcie II, 926 Jean I, 1316
Sanche II, 970 Philippe le Long, 1316
Garcie III, 994 Charl. IV (I en Nav.), 1322
Sanche III, le Grand, 1001 Rois de Navarre.
Garcie IV, 1035 Jeanne II et Philippe d’Évreux, 1328
Sanche IV, 1054 Charles II le Mauvais, 1349
Rois d'Aragon et de Navarre. Charles III, 1387
Sanche V, 1076 Blanche, 1425
Pierre I, 1094 Jean, 1441
Alphonse I, 1104 Éléonore, 1479
Rois de Navarre. Fr. Phébus de Foix, 1479
Garcie V, 1134 Catherine de Foix, 1483
Sanche VI, 1150 (avec Jean d'Albret) 1494
Sanche VII, 1194 Henri II, 1517
Thibaut I (de la race des comtes de Champagne), 1234 Jeanne III d'Albret et Ant. de Bourbon, 1555
Thibaut II, 1253 Henri III (depuis Henri IV), 1572-1589
Henri I, 1270

NAVARRE FRANÇAISE ou BASSE-NAVARRE, démembrement de l'anc. roy. de Navarre, comprenait tout ce que Jean d'Albret et Catherine de Navarre, sa femme, purent recouvrer des États que Ferdinand le Catholique leur avait enlevés en 1512. Ce pays était borné à l'E. par le Béarn et la Soule, à l'O. par le Labour et avait pour ch.-l. St-Jean-Pied-de-Port.

NAVARRE-ET-BÉARN, grand gouvt de la France avant la Révolution, se composait de la Navarre française et du Béarn; ch.-l. général, Pau. Il a formé le dép. des Basses-Pyrénées.

NAVARRE (Château de), magnifique château situé à 2 kil. d’Évreux, avait été bâti en 1330 par Jeanne de Navarre, reconstruit en 1686, par Mansard, pour le duc de Bouillon, et donné en 1810 par Napoléon à l'impératrice Joséphine qui l'habita pendant deux ans après son divorce. Il a été détruit en 1836.

NAVARRE (Collège de), un des collèges de l'anc. Université de Paris, fondé en 1304 par Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel, pour recevoir gratuitement de pauvres écoliers. Il acquit une telle réputation que plus tard les grands seigneurs et même les princes du sang y mirent leurs enfants. Ses bâtiments furent affectés par la Convention en 1794 à une École centrale et depuis à l'École Polytechnique.

NAVARRE (Pierre de), général espagnol, avait d'abord été simple matelot. Il prit du service sous le célèbre Gonzalve, perfectionna le procédé de la mine, emporta par ce procédé le château de l'Œuf à Naples (1503), fut en récompense fait noble et comte d'Alvetto. Chargé par Ximénès de commander une expédition contre les Maures d'Afrique, il y obtint quelques succès (1509). Étant passé en Italie (1511), il fut pris par les Français à la bataille de Ravenne (1512). Comme Ferdinand le Catholique ne payait pas sa rançon, il entra au service de la France, et se distingua aux batailles de Marignan et de la Bicoque. Mais, étant tombé dans la suite dans les mains des Espagnols, il fut conduit prisonnier à Naples et fut étranglé, dit-on, par ordre de Charles-Quint, dans ce même château de l'Œuf qu'il avait pris, 1528.

NAVARRENX, Beneharnum, ch.-l. de cant. (B.-Pyrénées), à 17 kil, S. d'Orthez, sur le Gave d'Oloron; 1400 h. Petite place de guerre, fondée en 1529.

NAVAS. Ce nom, qui veut dire plaines, est commun à beaucoup de lieux en Espagne. Le plus célèbre est Las Navas de Tolosa, à 48 k. N. de Jaen, où se livra une bat. plus connue sous le nom de Muradal.

NAVIER (H.), ingénieur, né à Dijon en 1785, mort en 1836, fut nommé en 1807 ingénieur ordinaire des ponts et chaussées dans le dép. de la Seine; en 1819, professeur de mécanique à l'école des Ponts et chaussées; en 1824, membre de l'Académie des sciences. Il construisit plusieurs ponts de chaînes sur la Seine, entre autres celui des Invalides ; mais il commit dans ce dernier travail des erreurs qui firent craindre pour la solidité du pont, et il fallut le démolir. On a de lui divers Mémoires, notamment sur la Flexion des lames et des plans élastiques, etc. Prony a donné une Notice biographique sur Navier, 1837.

NAVIGATEURS (Îles des), ou d'HAMOA, archipel de la Polynésie, au N. E. des îles Tonga, par 171-175° long. O., 13-15° lat. S., est très-fertile (la canne à sucre y croit spontanément). Les habitants sont adroits navigateurs, mais féroces. Bougainville en 1768, Lapérouse en 1787, ont visité ces îles : quelques compagnons de Lapérouse furent tués dans l'une d'elles, à la baie dite depuis baie du Massacre.

NAVIGATION (Acte de), acte du parlement anglais, promulgué par Cromwell en 1651, à la suite du refus que firent les Provinces-Unies de s'allier à l'Angleterre, alors en république, avait pour but d'exclure les étrangers des ports de l'Angleterre et d'assurer aux marins anglais le monopole du com-