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ODEYPOUR, v. de l'Inde anglaise médiate, ch.-l. d'une principauté de même nom, dans l'anc. Adjmir, à 380 k. S. O. de l'Adjmir. — La principauté, dite aussi Slewar, occupe la partie S. O. de l'Adjmir.

ODILE (Ste), patronne de l'Alsace, fille d'un duc d'Alsace, était abbesse d'Hohenbourg et mourut en 690 ou 720. Elle est fêtée le 13 déc.

ODILON (S.), abbé de Cluny, né en Auvergne l'an 962, m. en 1048, entretint des relations avec l'empereur Henri II, les rois de France Hugues Capet, Robert et Henri I, le roi de Bourgogne, Rodolphe, le roi de Pologne, Casimir, qui avaient tous pour lui une grande vénération. Il refusa l'archevêché de Lyon. On a de lui des Vies de saints, des sermons, des lettres, des poëmes. C'est lui qui établit à Cluny cette discipline qui porta si haut son ordre. L’Église l'honore le 1er janvier.

ODIN ou WODAN, le plus grand des dieux Scandinaves, le père des dieux et du monde (d'où son nom d’All-fadher, père de tout), était spécialement le dieu des combats. Il prit pour épouse Frigga, fille de Fiorgvin, dont il eut Thor, Balder, et tous les Ases. Il habitait le palais de Valhalla, dans la région des nuages, et y recevait les ombres des braves morts dans les batailles. Odin avait en propre la toute-puissance, la science universelle, la bonté infime. C'est lui qui donnait aux rois la couronne, aux héros le courage, aux poëtes l'inspiration, aux devins l'esprit prophétique. Il est mêlé dans les légendes à une foule d'aventures de guerre et d'amour, où il joue un rôle très-humain. Une de ces légendes le fait monter volontairement sur un bûcher où il meurt, victime dévouée pour le salut des siens. Il est probable qu'une partie des événements mythiques attribués à Odin appartiennent à la vie d'un ancien chef qui aura conduit les Scandinaves d'Asie en Scandinavie, et que les uns font vivre 70 ans av. J.-C. et les autres 250 ans après. On le représente sur un cheval à 8 pattes (Sleipnir), tenant une lance, et ayant sur les épaules 2 corbeaux, ses messagers.

ODJAK, nom donné au corps des janissaires en général, et notamment aux milices turques qui dominaient au nom du sultan les régences barbaresques. L’odjak d'Alger, fondée par les frères Barberousse en 1517, fut détruite par les Français en 1830.

ODOACRE, conquérant de l'Italie, était fils d'un ministre d'Attila. Ayant perdu son père en 465, il erra dans le Norique, vivant de pillage avec quelques compagnons, puis se fit admettre avec eux dans la garde impériale à Ravenne, et devint ainsi le chef des Hérules à la solde de l'empire. En 476, il se révolta contre l'empereur Augustule, qu'il détrôna sans peine. Maître de l'Italie, il supprima le titre d'empereur d'Occident, se contentant de gouverner le pays avec celui de patrice, que lui donna l'empereur d'Orient. Il distribua à ses compagnons le tiers des terres conquises ; néanmoins, sa modération, ses vertus, son respect pour les lois et les usages des Romains, ses utiles reformes firent aimer sa domination. Il rétablit le consulat, repoussa des frontières les peuples barbares de la Gaule et de la Germanie, battit les Rugiens en Norique et soumit la Dalmatie. Mais en 489, Théodoric, suivi de presque toute la nation des Ostrogoths, vint envahir l'Italie, le battit successivement sur le fleuve Isonzo près d'Aquilée (489), à Vérone, et près de l'Adda (490), et le contraignit à s'enfermer dans Ravenne. Odoacre s'y défendit plus de deux ans : il rendit la ville en 493, en stipulant qu'il régnerait conjointement avec le prince goth. Mais quelques jours après, Théodoric le fit tuer dans un banquet. Son tombeau a été trouvé en 1854 près de Ravenne.

ODON (S.), né en Angleterre, vers 875, de parents danois d'origine, m. en 961, fut employé par les rois Alfred et Édouard dans les affaires les plus importantes, devint chapelain du roi Athelstan, puis évêque de Wilton et archevêque de Cantorbéry. On l'hon. le 4 juill — Un autre S. Odon, natif de Tours, abbé de Cluny de 927 a 942 est hon. le 18 nov. Il a laissé quelques écrits (insérés dans la Bibliotheca Clunacensis de dom Marrier, 1612).

ODON, frère utérin de Guillaume le Conquérant, était comme lui fils de la belle Arlette. Né en 1030, il fut nommé en 1049, à 17 ans, évêque de Bayeux, équipa en 1066 cent navires pour seconder Guillaume dans son expédition contre l'Angleterre, gouverna ce royaume tyranniquement pendant l'absence du conquérant, fut le principal auteur des mesures de spoliation qui désolèrent le pays et eut pour sa part jusqu'à 254 fiefs, outre la ville de Douvres et le comté de Kent. Aspirant à la papauté, il commit tant de concussions afin de se procurer les trésors nécessaires pour acheter les suffrages qu'enfin Guillaume le disgracia et le mit en prison à Rouen. Devenu libre à la mort de ce prince, il fut l'âme des conseils de Robert Courte-Heuse, duc de Normandie, et tenta de faire tomber le sceptre des mains de Guillaume le Roux. Dépouillé pour ce fait de tous ses biens en Angleterre, il partit avec Robert pour la croisade, mais il mourut en route, à Palerme, en 1096.

ODON DE DEUIL, Odo de Diogilo, né vers 1100 à Deuil, dans la vallée de Montmorency, mort en ll62, fut chapelain de Louis le Jeune, l'accompagna en Terre-Sainte, et devint, à son retour, abbé de St-Denis en remplacement de Suger. On a de lui : De Ludovici VII, Francorum regis, profectione in Orientem : c'est une histoire de la 2e croisade. Elle a été trad. en français dans la collection de M. Guizot.

O'DONNELL (don. J. Enrique), général espagnol, d'origine irlandaise, né en 1770, m. en 1834, se distingua dans la guerre de l'indépendance, fut fait maréchal de camp et comte de l'Abisbal a la suite d'un avantage remporté en 1810 sur les Français près d'un village de ce nom et fut nommé en 1814 capitaine général de l'Andalousie par Ferdinand VII. En 1823, lors de l'expédition française, il reçut des constitutionnels le commandement de l'armée du Centre, mais il ne fit rien pour repousser l'invasion et tint une conduite équivoque qui le rendit suspect à tous les partis. Forcé de se démettre, il se réfugia en France : il mourut à Limoges dans l'oubli. — A la même famille appartient le général Léopold O'Donnell, né en 1808, fait en 1839 comte de Lucena, pour avoir forcé le général carliste Cabrera de lever le siége de cette ville, et en 1860 duc de Tétuan, pour avoir pris cette ville sur les Marocains.

ODRYSES, peuple de Thrace, habitait vers le centre de cette contrée, sur les bords de l'Hèbre, s'étendant de l'Artiscus et même de l'Agriane jusqu'au S. de l'Hémus. Les poëtes désignent quelquefois la Thrace entière sous le nom d’Odrysia tellus. — Quand Darius envahit l'Europe, les Odryses échappèrent au joug des Perses. A la faveur des guerres Médiques, Térès, un de leurs rois, fonda un empire que son fils Sitalcès étendit de Byzance à l'embouchure de l'Ister, et de l'Hellespont au Strymon. En 343 av. J.-C., Philippe, père d'Alexandre le Grand, enleva à Kersoblepte, un autre de leurs rois, le pays entre le Strymon et le Nestus, et, pour contenir les Odryses, fonda Philippopolis au milieu de leur territoire. Ce peuple se souleva souvent contre les successeurs d'Alexandre; les Romains le laissèrent longtemps libre, bien qu'il eût fourni des secours à Persée; mais, à la suite de quelques révoltes dont la principale eut lieu sous Tibère en 21, il fut incorporé à l'Empire sous Claude.

ODYSSÉE (d’Odusseus, Ulysse), poëmes d'Homère, où sont racontées les pérégrinations d'Ulysse après la guerre de Troie. V. HOMÈRE et ULYSSE.

OEBALIE, OEbalia, nom donné quelquefois à la Laconie en l'honneur d'Œbalus, un de ses anciens rois.

ŒCHALIE, OEchalia, auj. Carpenitzion, v. de la Thessalie septentr., chez les Eurytanes, était la demeure d'Euryte, père d'Iole. Ce prince ayant refusé sa fille à Hercule, après la lui avoir promise, le héros prit et saccagea la ville et enleva Iole. — Il y avait